Mercedes-Benz CLS 63 AMG - Serait-elle la meilleure Benz de l'histoire ?

Publié le 23 janvier 2011 dans Premiers contacts par Denis Duquet

Lorsque Mercedes-Benz a dévoilé la CLS en 2003, le choc fut important. Non seulement cette voiture était d’une élégance rare, mais elle créait une nouvelle catégorie, celle du coupé quatre portes. Le succès de celle-ci a par la suite incité plusieurs constructeurs, et pas seulement ceux de la catégorie des voitures de luxe, à emboîter le pas. Si on veut chiffrer ce succès pour Mercedes-Benz, signalons qu’on a vendu plus de 170 000 exemplaires de la CLS par le monde depuis ce lancement.

Il faut toutefois préciser que cette première génération, si elle innovait au chapitre du design, se contentait de reprendre la plate-forme et les organes mécaniques de la berline de la Classe E de l’époque. C’étai correct, mais sans plus. Mais, au fil des années, de multiples améliorations ont été apportées en plus de la mise au point par AMG d’une CLS 63 propulsée par le désormais légendaire moteur V8 de 6,2 litres.

Mais une nouvelle version a été dévoilée au Salon de Paris en septembre dernier et je viens tout juste de participer à la première nord-américaine de la CLS 63 AMG, un modèle qui devrait arriver sur le marché canadien au cours de l’été et qui devrait théoriquement devancer la version « régulière » la CLS 550 dotée d’un moteur V8 également mais développant environ 100 chevaux de moins. Voyons donc ce que nous réserve le modèle le plus musclé de la nouvelle famille CLS.

Plus musclée, toute aussi raffinée

La première version de la CLS faisait tourner les têtes en raison de sa silhouette raffinée qui en a fait un classique instantané. Cette nouvelle version est toute aussi élégante car on a conservé ce qui la départageait les autres berlines quatre portes, à savoir sa ligne de toit fuyante qui lui fournit cette silhouette si caractéristique. Mais au fil des années, les tendances en matière de design ont évolué et les voitures sont généralement dotées de formes plus accentuées. La nouvelle génération de la CLS respecte donc ces critères.

Toutefois, comme il s'agit d'une voiture d'exception, on ne s'est pas contenté de développer une timide évolution. La partie avant et la grille de calandre sont inspirées de la spectaculaire voiture sport SLS. Il suffit d'examiner les deux modèles pour se rendre compte que c'est passablement vrai. De plus, afin de donner un peu plus de caractère à la silhouette latérale, des prises d’air chromées sur les ailes avant ajoutent une petite touche qui permet de mettre en relief la paroi de la voiture qui est légèrement concave afin d'amincir la taille et donner un effet de dynamisme qui est naturellement accentué par des passages de roues bombés.

La partie arrière pourrait être qualifiée de trop discrète si ce n'était de la présence des feux de freinage de forme oblongue qui ont pour effet d'allonger la perception visuelle de la voiture tout en servant de balises au couvercle du coffre. En plus, sur celui-ci, on a apposé un petit becquet qui est non seulement fonctionnel, mais qui ajoute ce petit quelque chose qui fait la différence et donne plus de caractère à cette voiture.

Comme toute Mercedes-Benz qui se respecte, la qualité des matériaux et de la finition est de première classe. Le tableau de bord est stylisé, mais il y émane une impression d'être le siège d’outils de contrôle pour une mécanique très sophistiquée. Les stylistes ont bien agencé l'utilisation du cuir noir, de l'aluminium brossé et des appliques de différentes couleurs selon le choix du client. Personnellement, j'ai bien apprécié les appliques en fibre de carbone qui conviennent bien avec le caractère général de cette voiture. Les commandes ne sont pas toujours instinctives, mais il ne faut pas beaucoup de temps pour s'y retrouver. Le système de navigation est simple et efficace. Il est également possible de le configurer de multiples façons.

Les sièges du conducteur et du passager sont très confortables en plus d'offrir un excellent support latéral. Ils sont réglables en de multiples positions et il est également possible de commander en option un support latéral actif du siège pour offrir un meilleur support latéral. Une fois bien réglé, cet accessoire devient quasiment indispensable. Le coffre est de bonnes dimensions et il propose également un gadget vraiment utile et fort ingénieux. Ancré dans le coffre sous la tablette arrière, on retrouve une petite plate-forme  appelée  « Easy Pack » qui se déploie très facilement et dont le fond est mobile. Il est donc possible d'adapter sa profondeur à la dimension des objets qu'on veut y déposer. C'est génial ! En effet, il n'y aura plus de petit paquet qui va se déplacer dans le coffre alors qu'on conduit. Une fois qu'on a retiré les objets qui y étaient déposés, il suffit d'appuyer sur un petit bouton pour que le fond remonte immédiatement afin de nous permettre de pousser à nouveau cet accessoire dans son espace de rangement. Même s'il s'agit d'une voiture de performances, je demeure persuadé que certains vont craquer pour cet accessoire et prendre la décision d'acheter la CLS en fonction de ce gadget.

Muscle et muscle plus

Soulignons tout d'abord  que les responsables du marketing de Mercedes-Benz semblent avoir coulé leur examen de mathématiques. En effet, pendant quelque temps, les voitures AMG étaient propulsées par un moteur V8 de 5,5 litres. Par la suite, celui-ci a été remplacé par le célèbre moteur V8 de 6,2 litres qui était utilisé sur les modèles AMG 63. Mais vous remarquez, que le moteur était un 6,2 litres pas un 6,3 litres. Cette fois, les spécialistes en motorisation d’AMG ont concocté un tout nouveau moulin, il s'agit d'un moteur V8 également mais dont la cylindrée est de 5,5 litres qui produit la bagatelle de 518 chevaux et 516 lb-pi de couple dans la version « régulière ». Pourquoi l'appeler 6.3? C'est tout simplement qu'il est possible de commander une version encore plus puissante de ce moteur avec le groupe d'options « performance ». Grâce à une optimisation du système de contrôle du moteur, la puissance est portée à 550 chevaux et 590 lb-pi de couple ! Mais peu importe le moteur choisi, on bénéficie de la même transmission. Il s'agit d'une transmission à sept rapports dotée de six embrayages permettant ainsi des changements de vitesse très rapides. Il est également possible de régler cette boîte automatique en cinq modes : confort, sport, sport+, manuel et départ course. Pour plus de précisions, cette transmission est également utilisée sur les versions suivantes : S63 AMG, SL63 AMG et E63  AMG.

Toute cette cavalerie permet de boucler le traditionnel 0-100 km/h en 4,4 secondes et en 4,3 secondes si vous bénéficiez du moteur plus puissant. Dans ce dernier cas, c'est surtout la vitesse de pointe qui est illimitée et qui dépasse les 300 km/h. les accélérations demeurent sensiblement les mêmes que celles du moteur de 518 chevaux. Parmi les autres options en mesure d'intéresser les conducteurs sportifs, il y a les freins en céramique qui peuvent être commandés. Pour le reste, on retrouve un équipement de base fort complet en plus, bien entendu, de toute la panoplie des accessoires électroniques mis au point par Mercedes-Benz au fil des années.

Toujours au chapitre des moteurs, le modèle CLS 550 4 Matic sera commercialisé à l'automne tandis que la version CLS 63 devrait éventuellement arriver au cours de l'été. Pour ce qui est du CLS 550, il est propulsé par un moteur V8 également, mais sa cylindrée est de 4,6 litres et non pas de 5,5 litres comme son appellation nous porterait à croire. Si vous voulez mon avis, les mathématiques allemandes, c’est «confusant ».

La meilleure des Mercedes ?

Lors de l'essai de cette voiture sur les routes californiennes, plusieurs journalistes tant canadiens qu'étrangers étaient tellement emballés par cette berline qu'ils déclaraient qu'il s'agissait de la meilleure Mercedes-Benz jamais produite. Cette affirmation est peut-être vraie, mais si ce n'est pas la meilleure, elle figure parmi un nombre très restreint des meilleures voitures de ce constructeur. Et Dieu sait si Mercedes-Benz en a construit des voitures extraordinaires au cours de ses 125 ans d’existence !

La première chose que l'on remarque lorsqu’on prend  le volant de cette voiture, c'est la sonorité de son moteur. Ce n'est pas trop guttural, ce n'est pas trop bruyant non plus, mais c'est une sonorité qui est de la musique aux oreilles des amateurs du genre. Dans l'habitacle, sa sonorité bien filtrée pénètre quand même juste assez pour qu'on soit vraiment emballé. Selon les réglages de la suspension et de la transmission, il est possible de régler cette berline en paisible citadine ou en bête féroce capable d'avaler la piste. Cette voiture est aussi polyvalente que ça ! Si vous faites partie des gens qui aiment se faire coller au siège par l'accélération de la voiture, la CLS 63 est pour vous. Si vous avez, bien sûr, les ressources financières pour vous procurer une voiture dont le prix devrait varier entre 122 000$ et plus de 165 000$ pour la version plus puissante et équipée de toutes les options possibles.

Cette voiture en impose par sa polyvalence, sa puissance et sa tenue de route. Quant au confort de la suspension réglable, il peut être fort adéquat au légèrement trop raide lorsqu'on choisit les réglages les plus sportifs. Et ceux qui vont opter pour l'option « performances », découvriront que la suspension est plus ferme.

Conduire une telle voiture, c'est être au paradis de l’automobiliste. Elle accélère comme une fusée, ses freinages sont impressionnants tandis que la direction est à la fois précise et d'une assistance fort bien dosée. Mais si les freins sont puissants, ils sont difficiles à moduler et il faut y aller mollo car ils ont tendance à entrer en action très, très rapidement, ce qui devient agaçant. Parlant de confort, les places arrière sont spacieuses pour la plupart des gabarits. Par contre, il faut toujours avoir une certaine souplesse pour pouvoir prendre place à bord.

Somme toute, c'est une opération réussie de la part du constructeur de Stuttgart. Si aux yeux de certains, la CLS en perdu quelque peu de son élégance discrète, elle a su évoluer avec grâce et sa silhouette est bien de notre époque. Quant à la version 63 AMG, aucune autre voiture de ce prix ne propose un tel amalgame de confort, de performances, de tenue de route et de prestige. C'est le genre de voitures qui m'incite à aller me chercher un billet de loterie, juste au cas…

Fiche d'évaluation
Modèle à l'essai Mercedes-Benz CLS 2012
Version à l'essai CLS63 AMG
Fourchette de prix 122 000 $ – 170 000 $
Prix du modèle à l'essai 145 000 $
Garantie de base 4 ans/80 000 km
Garantie du groupe motopropulseur 4 ans/80 000 km
Consommation (ville/route/observée) n.d. / n.d. / 11,6 L/100km
Options Freins en céramique, Option performance, Sièges climatisés, Béquet arrière en carbone, Roues 19 pouces
Modèles concurrents Aston Martin Rapide, Audi A8, BMW Série 7, Jaguar XJ, Maserati Quattroporte, Porsche Panamera
Points forts
  • Moteur extraordinaire
  • Consommation intéressante
  • Tenue de route
  • Habitacle luxueux
  • Freins puissants
  • Multiples options
Points faibles
  • Prix corsé
  • Accès aux places arrière
  • Freins difficiles à moduler
  • Certaines commandes complexes
Fiche d'appréciation
Consommation 4.5/5 le constructeur annonce une consommation de 9.9 l au 100km
Valeur subjective 5.0/5
Esthétique 4.5/5
Confort 4.5/5
Performances 5.0/5
Appréciation générale 5.0/5
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