Lexus ES350, havre de paix

Publié le 7 mars 2008 dans 2008 par Antoine Joubert

Pas de cachettes, cette Lexus émane de la Toyota Camry. Néanmoins, il n’y a aucune raison pour que cette information devienne un obstacle pour l’acheteur. D’une part, les différences sont suffisamment majeures entre les deux voitures pour justifier l’écart de prix, puis secundo, cette pratique est on ne peut plus courante dans
l’industrie. D’ailleurs, plus de 50% des rivales de cette Lexus dérivent de modèles moins huppées.

Fait intéressant, alors que plusieurs manufacturiers de voitures de luxe prennent soit le chemin du confort ou de la sportivité en ce qui a trait à leur berline d’entrée de gamme, d’autres jouent sur les deux terrains. C’est le cas de Lexus qui propose aux sportifs la IS, puis aux moins sportifs, la ES. Cette dernière, vous l’aurez compris, n’a donc rien d’une BMW de Série 3 ou d’une Infiniti G35. Son objectif est de vous offrir un environnement paisible et sécuritaire où le confort domine.

À force de travail…

Lancée en 1991, la première ES était une laideur sur quatre roues. Un an plus tard, la bagnole était entièrement remaniée, affichant un style tout en rondeurs qui manquait visiblement de finesse. En 1997, les traits avaient été peaufinés afin d’ajouter davantage d’élégance. Le résultat était certes mieux, mais la ligne demeurait d’un ennui mortel. Puis, en 2002, les traits étirés et les lignes non continues font presque croire qu’on a laissé un aveugle dessiner la voiture ! C’est toutefois l’an dernier que Lexus aura accouché d’un premier design intéressant pour la ES. Bien sûr, elle n’a pas la finesse et l’élégance de la nouvelle Mercedes de Classe C, mais ses traits délicats, ses accents de chrome et son museau plongeant lui donnent beaucoup plus de charisme que par le passé. À ce chapitre, seule la partie arrière surélevée laisse encore place à la critique. On se glisse à bord de cette Lexus comme dans un fauteuil mœlleux. Vous pensiez que ce type de confort était dépassé ? Alors, détrompez-vous ! Il n’y a pas que les sièges ultrafermes d’une BMW qui plaisent. Par conséquent, les baquets sont souples et ouatés. Cela ne les empêche toutefois pas d’épouser adéquatement les formes corporelles. Évidemment, qui dit luxe, dit boiseries. Et ici, les ingénieurs ont réussi à les faire briller comme s’il s’agissait d’un bois véritable. Chrome et accents métalliques apportent également de la chaleur dans cet environnement douillet duquel on ne veut tout simplement plus sortir.

La planche de bord affiche pour sa part une ergonomie sans faille, permettant au conducteur d’utiliser instinctivement chacune des commandes. Bien sûr, celui qui optera pour la navigation devra passer plus de temps le nez plongé dans le manuel du propriétaire, mais c’est aujourd’hui la norme ! Bien installé, le conducteur profite également d’une belle position de conduite, grâce au siège réglable en huit directions et au volant télescopique.

Très élégant, l’habitacle respire la qualité. L’assemblage est à première vue impeccable, les matériaux sont d’excellente qualité et les contrastes de couleur sont de très bon goût. Toutefois, j’explique mal cette décision d’avoir installé à la fois une instrumentation à éclairage blanc électroluminescent et une console centrale dont l’éclairage verdâtre rappelle celui d’une Corolla 1992. De plus, les deux modèles mis à l’essai laissaient entendre quelques craquements et bruits de caisse. Serait-ce que la rigueur dans l’assemblage est en déclin chez Lexus ?

Un an chez Energie Cardio ?

C’est à croire que cette Lexus a passé une année entière chez Energie Cadio, sans le dire à personne. Car dire que le moteur V6 de cette Lexus est puissant est un euphémisme. En fait, les 272 chevaux qui s’en extirpent sont à ce point en verve qu’il faut apprendre à doser l’accélérateur. Bref, cette Lexus qui était jusqu’à tout récemment bien calme est aujourd’hui une véritable bombe. Il faut dire que ce V6 de 3,5 litres est une pure merveille, tant pour son rendement et ses performances que pour ce qu’il consomme. Ainsi, vous aurez non seulement droit à un rendement doux, à une souplesse incroyable et une puissance époustouflante, mais vous ne consommerez jamais plus de 11 litres aux 100 kilomètres ! N’est-ce pas formidable ?

Passablement maniable, cette Lexus n’est évidemment pas la plus agile des berlines de luxe. Sa suspension souple et sa direction surassistée font en sorte que le sentiment de mollesse est omniprésent. Ce ne l’est pas à l’excès, mais juste assez pour plaire à la clientèle cible. Son comportement équilibré n’est cependant pas à dédaigner puisque la voiture est stable et prévisible. Le freinage est également excellent, ce qui n’a pas toujours été le cas sur ce modèle. Je vous dirais toutefois qu’en accélération franche, l’effet de couple se met de la partie. Encore une fois, ce n’est pas démesuré, mais il fallait s’y attendre avec une telle puissance. Oh, et sachez que si l’on aime la présence des nombreux systèmes d’assistance à la conduite, on apprécie nettement moins le fait que le système antipatinage ne puisse être désactivé. Vous verrez qu’en hiver, les deux roues avant dans un banc de neige, le système antipatinage est votre pire ennemi !

Bien réussie, cette Lexus n’a rien à envier à personne, sauf peut-être le système de traction intégrale offert sur sa rivale la plus proche, la Lincoln MKZ. Finalement élégante, confortable, performante et luxueuse, elle propose tout ce dont l’acheteur a besoin, avec en plus la tranquillité d’esprit Lexus qui l’accompagne. Mais bien sûr, tout ça, ça se paye…

Feu vert

Habitacle très confortable
Magnifique moteur V6
Faible consommation
Grand confort de roulement
Présentation intérieure soignée

Feu rouge

Direction très légère
Antipatinage fixe
Quelques craquements à bord
Style de la partie arrière

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