Cadillac DTS 2011: La Ford T des temps modernes

Publié le 30 avril 2011 dans 2011 par Alain Morin

Ford ! Non plus qu’elle n’est proposée qu’en noir (en fait, il est faux de prétendre que tous les Modèle T de Ford étaient offerts en noir uniquement. Ce fut le cas seulement entre 1915 et 1925, mais je m’éloigne de la Cadillac DTS.) Si nous la comparons à la T, c’est parce qu’elle aurait dû quitter le monde automobile depuis quelques années et qu’elle s’accroche à la production avec l’énergie du désespoir tout comme sa vénérable ancêtre, produite entre 1908 et 1927.

La DTS est avec nous depuis 2006 en remplacement de la DeVille qui, elle, officiait depuis 2000. Or, cette dernière reprenait le châssis des Oldsmobile Aurora ainsi que des Buick LeSabre et Park Avenue. Allô le modernisme… Depuis les déboires de GM, on s’attend à ce que cette Caddy rétro nous quitte, mais le marché sans aucun doute fort lucratif des limousines et des corbillards a encore son mot à dire, d’autant plus que les matrices doivent être payées depuis des lunes. Personne ne sera donc surpris d’apprendre que les changements pour 2011 sont inexistants.

Pourquoi faire simple…
Curieusement, pour une voiture aux chiffres de vente assurément bas, GM continue de proposer deux versions du V8 4,6 litres, une à 275 chevaux, l’autre à 292. Si, au moins, le couple de ce dernier moteur était supérieur. Mais non, il déballe 288 livres-pied de couple contre 295 pour le premier. Allez y comprendre quelque chose ! Dans la même veine, GM poursuit cette année encore avec la transmission automatique à quatre rapports, une boîte qui, semblet- il, aurait été refusée par Cugnot pour son fardier, sa conception étant, en 1769, déjà dépassée. Enfin, c’est ce qu’on m’a dit… Remarquez que cette transmission fonctionne très bien, passant les rapports doucement et au bon moment. Mais deux, ou trois et même quatre rapports supplémentaires permettraient de faire baisser la consommation, surtout en ville. Cette boîte a pour mission de diriger le couple vers les roues avant, la DTS étant une traction. Eh, oui, elle date de l’époque où GM avait décidé du tout à l’avant, pour revenir à la propulsion pour ses voitures haut de gamme. La DTS n’en est que plus anachronique, ce qui la rend encore plus désirable aux yeux de certains !

Sauf que traction et 275 (ou 292) chevaux font rarement bon ménage et la DTS ne fait pas exception. En accélération vive, les roues avant veulent partir chacune de leur côté, ce qui n’est jamais très rassurant. D’autant plus que la direction, qui ne laisse passer aucune émotion, n’est pas un modèle de précision. Mais j’imagine qu’il s’agit là d’une qualité pour ce type de voitures… Les suspensions, on n’en sera pas surpris, sont axées vers le confort plutôt que vers la sportivité. La première courbe prise à une allure le moindrement élevée nous le rappelle sans équivoque ! Néanmoins, il faut noter que la version Platine, celle qui possède le moteur le plus puissant, reçoit une suspension Magnetic Ride Control qui, si elle ne fait pas de la DTS une Corvette, lui fait prendre les courbes de manière plus assurée. Il faut toutefois toujours se souvenir qu’en plus de ne pas être un modèle de sportivité, ces suspensions doivent contenir un poids de près de 1 900 kilos…

Mais sans doute que les propriétaires de DTS, qu’ils soient directeurs de funérailles ou non, se foutent passablement de ce qui se passe sous le capot. Ce qui importe, c’est le confort ! Et là, la DTS excelle. Son habitacle est vaste, les cuirs et les boiseries se marient avec bonheur et la finition, toute GM fait un peu plastique mais, dans l’ensemble, on a déjà vu bien pire. Le tableau de bord montre de plus en plus des signes de vieillissement mais toute l’information nécessaire est là, y compris la montre carrée. Les sièges sont distributeurs de ce confort tout moelleux que les gens ayant appris à conduire dans les années 50 apprécient à sa juste valeur. La DTS est d’ailleurs l’une des dernières voitures pouvant recevoir une banquette pleine largeur à l’avant lui permettant d’y asseoir trois personnes. Et croyez-moi, six adultes de bonne taille peuvent aisément monter à bord d’une DTS. Je dirais même que la voiture devient plus sportive à ce moment. Non, elle ne s’accroche pas davantage dans les courbes mais, au moins, les gens sont moins portés à glisser sur des sièges qui n’offrent aucun soutien latéral ! La promiscuité a de très bons côtés…

Si l’habitacle est caverneux, on peut presque en dire autant du coffre. Pourtant, une Ford Taurus, un peu plus petite, possède un coffre plus grand. D’un autre côté, celui d’une Chrysler 300 est plus petit. On ne sera pas étonné d’apprendre que les manoeuvres de stationnement au volant d’une DTS ne sont pas qu’une petite affaire. Heureusement, les nombreux détecteurs d’objets à proximité sont là pour nous aider.

Les services spécialisés de GM proposent, via un catalogue assez complet, des Cadillac DTS à empattement allongé, limousines ou corbillards et je ne serais absolument pas surpris qu’il se vende plus de ces voitures à caractère officiel que de voitures personnelles. Cependant, quiconque recherche une grande berline confortable et logeable sera très bien servi par la DTS. Et pour rouler vite dans les courbes, il y a toujours la Corvette !

Feu vert
Habitacle de première classe
Moteur puissant
Confort certifié
Équipement complet
Fiabilité encourageante
 
Feu rouge
Dimensions hors normes
Comportement « bateau
en virage
Transmission dépassée
Effet de couple en accélération
Modèle en fin de carrière
 

 

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