Lincoln MKS 2011: Une vie résumée en quelques mots

Publié le 30 avril 2011 dans 2011 par Alain Morin

L’été dernier, mes parents fêtaient leur 50e anniversaire de mariage. Pour transporter les jubilaires, votre journaliste préféré, à défaut de dénicher un Pontiac 1959 comme « dans l’temps », a trouvé une Lincoln MKS toute noire.

Pour cette occasion, j’aurais pu mettre la main sur une Lexus LS460 ou une Mercedes-Benz Classe S. Pour le quadragénaire que je suis, ces voitures sont plus prestigieuses.  Pourtant, il fallait voir les yeux de mon père alors qu’il admirait la MKS, « Une Lincoln, c’est pas rien… », pour être convaincu que mon choix était le bon. Il y a, pour les gens de certains groupes d’âge, quelque chose de rassurant dans les marques américaines Cadillac et Lincoln. J’irais même jusqu’à dire que ces noms, autrefois synonymes de prestige, représentent, encore, une part de rêve. Bien plus que BMW, Lexus ou Mercedes-Benz, inaccessibles.

Ça, c’t’un vrai gros char…

Si les dimensions de la voiture ont impressionné le paternel, que dire de l’habitacle des plus accueillants ! Il fallait voir Gisèle passer des doigts caressants sur le cuir des sièges et sur le bord du tapis ! Les places arrière, chauffantes dans toutes les versions, sont très confortables — même celle du centre —, et l’espace ne fait pas défaut pour deux adultes. À l’avant, les occupants ne sont pas trop mal non plus même si les sièges, chauffants ET ventilés de série, ne procurent pas tout le support latéral qu’on attend d’eux. Le volant, ajustable en hauteur et en profondeur, se prend bien en main et la plupart des commandes respectent les principes de l’ergonomie. Comme bien des voitures américaines, les espaces de rangement ne sont pas légion et l’on se surprend toujours à tenter d’ouvrir le panneau situé sur la console centrale, tout juste devant le levier de la transmission, pour accéder à un grand espace de rangement. Mais non, il est fixe ! Le coffre est très grand mais il serait plus pratique si son seuil n’était pas si élevé et si son ouverture était d’une grandeur proportionnelle à ses dimensions. La visibilité vers l’arrière est assez problématique et les angles morts sont importants. Toutefois, Ford a eu l’excellente idée de placer des miroirs grand angle dans le coin supérieur de ses rétroviseurs extérieurs, éliminant ainsi la majeure partie des angles morts. Même pas besoin de recourir à une coûteuse technologie !

Le MKS reçoit, d’office, un V6 de 3,7 litres suffisamment puissant pour la plupart des occasions. Ce moteur est souple et, ma foi, fort sobre. Réussir du 11 litres/100 km avec une voiture de près de 1 900 kilos et cachant un moteur de 273 chevaux tient presque du miracle. Nous l’avons pourtant réalisé sans trop nous forcer. Sans doute que la transmission automatique à six rapports y est pour quelque chose. Cette boîte passe ses rapports avec douceur et elle possède un mode manuel qui n’est pas très intéressant à utiliser puisque c’est l’ordinateur qui prend toutes les décisions ! De plus, même si la version à moteur Ecoboost (nous y viendrons) affiche des palettes au volant, on ne peut pas étrograder à la volée si le levier est sur le « D ». Dommage car il faut parfois rétrograder rapidement pour obtenir un surplus de puissance (kick down, en bon français !). La version de base est mue par les roues avant seulement (version TA) tandis que la TI a droit à la traction intégrale. Dans le premier cas, l’effet de couple en accélération vive est certes présent comme sur toutes les tractions puissantes mais il est fort bien maîtrisé. Bien entendu, ce comportement n’existe pas sur la version intégrale.

Un boost écologique ?

L’autre moteur est un V6 de 3,5 litres Ecoboost, un beau nom qui comprend le mot « eco », ce qui fait bien plaisir au grand public. En fait, ce terme désigne un moteur biturbo. Dans le cas qui nous intéresse, il développe 355 chevaux et 350 livres-pied de couple, des données qu’on retrouvait uniquement dans des voitures très sportives il n’y a pas si longtemps. Elles permettent à Ford de clamer que ce moteur possède la puissance d’un V8 et la consommation d’un V6. À vitesse constante sur autoroute avec un vent de dos, ce simili V8 ne consomme effectivement pas plus qu’un V6 atmosphérique. Mais amenez-lui quelques arrêts obligatoires et une couple d’accélérations musclées et on change de registre!  Si, au moins, il permettait de remorquer davantage que le 3,7 litres… Tous les deux peuvent tracter jusqu’à 1 000 livres (454 kilos). Dans le cas de l’Ecoboost, seul le rouage intégral est proposé, ce qui est une excellente chose !

Même s’il est très puissant et qu’il s’accroche avec ténacité au bitume, on ne peut pas qualifier le MKS de sportif. Ses suspensions sont manifestement axées vers le confort et à ce chapitre, c’est parfaitement réussi. La direction est bien dosée et offre un bon retour d’information néanmoins, elle déteste être brusquée.  En virage, on dénote un certain roulis. Le contraire serait surprenant mais il faut avouer que les suspensions le maîtrisent passablement bien, compte tenu du poids quand même élevé du véhicule.

La Lincoln MKS a, un peu, contribué à faire de la fête de mes parents un succès.  Il s’agissait, à ce moment-là, de la voiture qui répondait le mieux aux besoins et, surtout, à l’image que les jubilés se faisaient d’une voiture de luxe. Et pour ça, ça prend un passé glorieux. Souhaitons que dans cinquante ans, il le soit encore autant…

Feu vert

Habitacle silencieux et
confortable
Moteurs bien adaptés
Équipement de série complet
Un certain prestige
Comportement routier relevé

Feu rouge

V6 Ecoboost plus ou
moins utile
Dossiers arrière
ne s’abaissent pas
Poids substantiel
Mode manuel peu invitant
Peu d’espaces de rangement

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