Mercury Marauder X-100 1969, un "muscle car" de luxe!

Publié le 2 janvier 2012 dans Voitures anciennes par Alain Morin

Au cours de sa longue et fructueuse carrière, Lee Iaccoca a été le père, entre autres, de la célèbre Ford Mustang et des non moins célèbres K-cars (Plymouth Reliant, Dodge Aries) qui ont sauvé Chrysler de la faillite au début des années 1980. Iaccoca a aussi été l’inspiration de plusieurs autres modèles moins connus. À titre d’exemple, le Mercury Marauder X-100 1969-1970.

À la fin des années ’60, alors que la puissance des voitures américaines connait une hausse exponentielle, le bouillant vice-président de Ford demande à ses ingénieurs de concocter un « muscle car » de luxe pour rejoindre un public différent de celui de la Mustang. Le réflexe aurait été de prendre un produit Lincoln et de le modifier mais Iaccoca ne veux pas toucher à l’image de prestige de la marque. Mercury s’avère donc la marque idéale, hiérarchiquement située entre Ford et Lincoln.

Les ingénieurs prennent alors le châssis de la Ford XL, l’avant de la Mercury Marquis tandis que la partie arrière est tout à fait inédite et créent le Marauder. Pour les gens désirant encore plus d’exclusivité, il y a le X-100, un Marauder affichant une peinture deux tons, des jupes d’ailes arrière, un habitacle où le vinyle et le cuir sont omniprésents, des roues Kelsey-Hayes (déjà offertes, en option, sur les Mustang Shelby 1967) et un moteur plus… adéquat! Alors que le Marauder tout court se contente d’un V8 de 390 pouces cubes de 265 chevaux, le X-100 a droit à un 429 développant rien moins que 360 chevaux et 480 livres-pied de couple.

Le nom Marauder apparaît pour la première fois en 1961.  Il s’agit du nom donné au moteur de 390 pouces cubes qui équipe certaines Mercury.  L’année suivante, on retrouve, en plus du 390, un 406 appelé Super Marauder.  Quelques années plus tard, les 427 et 428 se mériteront la même dénomination. Le nom Marauder est associé à une automobile durant l’année 1963 alors que le Mercury Montery Marauder est une version fastback du Montery régulier.  L’appellation Marauder est alors utilisée comme Chevrolet utilise SS pour faire référence à ses voitures sportives.

Une peinture très spéciale

Mais revenons au Marauder X-100 1969. La première caractéristique qui saute aux yeux est la peinture mat (low gloss) qui recouvre la partie arrière. Cette année-là, le consommateur a le choix entre le noir, le vert foncé, le bleu foncé, le vert aqua et le rouge.  Le reste de la carrosserie est recouvert d’une peinture plus classique.  Le Marauder X-100 que nous vous présentons aujourd’hui est bleu pâle tandis que la partie mat est vert foncé (qui tourne au noir la nuit venue).  L’ensemble est superbe d’esthétisme et d’originalité mais la couleur mat est extrêmement difficile à reproduire.  En fait, cette peinture est claire comme de l’eau et il faut cinq minces couches successives pour donner l’effet original.

La rareté, mère de l’exclusivité

Malheureusement, les Marauder ne se vendent pas aussi bien qu’espéré. À peine 9031 Marauder trouvent preneur tandis que 5635 X-100 sont produits. L’année suivante, les deux modèles reviennent mais ils sont moins exclusifs et plusieurs accessoires, offerts de série l’an dernier, sont maintenant optionnels.  Puis, le nom Marauder est abandonné jusqu’en 2003 alors qu’arrive la Mercury Grand Marquis Marauder.

Déjà rares du temps où ils étaient produits, les Marauder le sont devenus encore davantage de nos jours, la rouille ayant fait son œuvre… Donc, pour qu’un Marauder X-100 nous parvienne en excellent état, il lui a fallu être bichonné à l’extrême. Ça tombe bien, le premier propriétaire de notre X-100, Conrad Labrie, l’a entretenu comme la prunelle de ses yeux. Même après avoir cessé de le conduire après un problème de santé, Conrad continue, pendant 10 ans, de le graisser… deux fois par année! Puis, à regret, il finit par le vendre. Après tout, on ne se débarrasse pas facilement de la voiture avec laquelle on a été demander la main de son amoureuse, la belle Yvonne, et qui a servi à transporter les nouveaux mariés!

Heureusement, le X-100 s’est retrouvé entre bonne mains, celles d’Yves Béland, de St-Césaire en Montérégie. En 2001, lorsqu’il a pris possession de son X-100, un seul morceau manquait, le badge situé en plein centre de la calandre. Comme cette pièce est encore plus difficile à trouver qu’un Dairy Queen en Alaska, Béland contacte le premier propriétaire… qui n’est pas peu fier de retrouver SA voiture. Et qui possède le fameux badge!!! Aujourd’hui, ce X-100 est le seul en état (et quel état!) de rouler au Québec.

On dirait qu’il y a des voitures créées pour distribuer le plaisir. La Mercury Marauder X-100 d’Yves Béland est de celles-là!

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