Chevrolet Avalanche, le couteau suisse sur roues

Publié le 30 mars 2003 dans 2003 par Denis Duquet

Aussi bien vous l'avouer, je serais probablement acheteur d'une camionnette comme l'Avalanche. Les multiples mutations dont elle est capable sont conÇues sur mesure pour les besoins éclectiques d'une famille dont certains membres sont des adeptes du plein air et d'autres activités nécessitant le transport de beaucoup de matériel. Et il ne faut pas oublier nos deux chiens qui aiment bien prendre leurs aises en voyage. Mais, à dire vrai, je ne suis pas trop entiché des dimensions prohibitives de ce couteau suisse sur roues, pas plus que des imposants ajouts en plastique garnissant le bas de caisse. Enfin, le prix de ce caméléon n'est pas à la portée de tous.

Malgré ces quelques bémols, Chevrolet a réussi un coup de maître avec cette Suburban dépouillée de sa partie arrière. Elle a été remplacée par une boîte de chargement en matériau composite comprenant des parois transformées en espace de rangement grâce à un couvercle placé le long de la caisse. Malgré cette astuce, la pièce de résistance en fait d'aménagement est le système Midgate qui permet d'enlever la lunette arrière ou même toute la paroi pour être en mesure de transporter des objets encombrants après avoir basculé la banquette arrière. Enfin, pour protéger le chargement des intempéries et des voleurs, un couvercle amovible en trois parties s'installe facilement. Par contre, je doute fortement que la plupart des propriétaires d'Avalanche vont prendre le temps de les installer dans le sac de transport fourni avec le véhicule. Il est à parier qu'ils vont être abandonnés dans le garage ou tout simplement placés tant bien que mal sur le côté de la caisse tandis que le sac de rangement sera affecté à un autre usage.

Malgré cette réserve, signalons que rien de semblable n'est offert sur le marché. Mais ce n'est pas tout.

Déployez vos coudes

Les personnes qui aiment prendre leurs aises vont certainement apprécier l'Avalanche. Comme elle est dérivée de l'un des plus imposants véhicules sur le marché, le dégagement pour les jambes, la tête, les coudes et toute autre partie du corps non mentionnée est plus que généreux. Les places arrière sont du même acabit, contrairement à ce qui est le cas dans plusieurs autres camionnettes quatre portes qui sont assez mal servies à cet égard. Il faudra toutefois être prévoyant. Si jamais vous vous avisez de profiter de la polyvalence du Midgate en cours de route, les passagers en seront quittes pour faire de l'autostop.

Il faut également accorder de bonnes notes au tableau de bord avec ses commandes à la portée de la main et ses boutons surdimensionnés identifiés par des caractères ou des pictogrammes très lisibles. Une fois encore, comme dans plusieurs produits General Motors, la texture des plastiques est à repenser tandis que l'ajustement de plusieurs des pièces dans l'habitacle pourrait être meilleur. Idem pour les tissus qui paraissent bon marché même s'ils sont de bonne qualité. Toujours au chapitre des « contre », le volant fait figure de parent pauvre dans cet environnement tandis que la console centrale accueille un lecteur CD qui semble avoir atterri là faute d'avoir trouvé une meilleure place ailleurs.

Malgré ces quelques points négatifs, cette cabine est d'une habitabilité et d'un confort supérieurs à la moyenne.

Prenez garde !

Il faut se méfier des apparences de gros nounours de l'Avalanche. Ceux qui ne seront pas sur leurs gardes risquent d'être piégés en dépassant les limites de vitesse sans s'en rendre compte. Sur la grand-route, la suspension est d'un confort surprenant, surtout avec une charge moyenne dans la caisse, tandis que l'empattement long assure une bonne stabilité directionnelle. Enfin, le moteur de 285 chevaux fournit la puissance voulue pour déplacer cette masse avec vélocité. La barre des 160 km/h est donc franchie sans qu'on s'en aperÇoive, d'autant plus que l'insonorisation de la cabine est très bonne.

L'Avalanche n'est pas uniquement polyvalente, elle vous permettra de franchir de longues distances sans fatigue et de maintenir une moyenne équivalente à celle de véhicules plus petits. Et il n'est pas nécessaire de lever le pied dans les courbes à grand rayon des autoroutes, cette Chevy à vocations multiples a de bonnes manières. Naturellement, ce n'est pas une Mini et ses dimensions hors normes deviennent un handicap sur les routes sinueuses parsemées de courbes raides. De plus, en ville, toutes les places de stationnement semblent trop petites et les rues trop étroites. Tout citadin qui a encore son plein jugement devrait y songer deux fois avant de se procurer un tel colosse s'il ne possède pas une voiture « normale » pour rouler dans la circulation urbaine la plupart du temps. Les rétroviseurs ont beau être de grandes dimensions et le diamètre de braquage adéquat pour la catégorie, ce n'est pas une sinécure que de rouler dans le trafic. Même le conducteur le plus adroit doit se concentrer sur sa tâche.

Soulignons que la rigidité du châssis est impressionnante, même une fois le Midgate abaissé. Aucun des modèles essayés n'émettait de vibrations, de cliquetis ou de bruits de caisse associés à un manque de rigidité. De plus, malgré ce trou béant à l'arrière, le tourbillonnement de l'air dans la cabine est à peine perceptible de même que l'intrusion de la poussière. La visibilité n'est plus la même, toutefois, si les roues avant de votre VTT occupent l'espace généralement alloué aux passagers des places arrière. En hiver, cette ouverture a le même effet sur la température ambiante dans la cabine que si les deux fenêtres latérales arrière étaient abaissées pendant que vous roulez. Chevrolet mérite d'être félicitée pour cette conception fort ingénieuse et une exécution mieux réussie que la moyenne, mais grondée pour un style coup de poing qui ne fait pas dans la dentelle.

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