Mitsubishi Galant, un rôle de figuration

Publié le 30 mars 2003 dans 2003 par Le Guide de l'auto

La Mitsubishi Galant débarque au Canada non sans une certaine appréhension de la part des dirigeants du constructeur japonais. Cette berline de classe compacte qui est le produit le plus vendu de la marque aux États-Unis n'est pas vouée au même succès sur nos terres. Les acheteurs canadiens ont établi leurs préférences et restent fidèles à leurs modèles d'adoption dans ce créneau.

Qu'importe, Mitsubishi entend faire sa place malgré une concurrence très vive menée principalement par les Honda Accord, Toyota Camry et Nissan Altima. Ces trois grandes animatrices, bien installées au sommet de la pyramide, semblent indélogeables. Et n'oublions pas la nouvelle Mazda 6 qui prépare son entrée en janvier. Motivée par le succès monstre de la Protegé, Mazda entretient de grands espoirs pour ce modèle. Dans ce tourbillon de nouveaux arrivages, la Galant ne réussira pas à jouer les trouble-fête. Il lui faudra quelques années encore pour bouleverser l'échiquier.

Notre premier contact avec la Galant n'a pas été convaincant. Allons droit au but. Le modèle de base, qui n'a d'alléchant que le prix, est à proscrire, n'en déplaise aux plus ardents défenseurs de la marque. Sa cabine est désuète, ses fauteuils d'une qualité si piètre qu'ils nous rappellent, vous vous en souvenez sûrement, ceux de la Hyundai Stellar. On exagère à peine. Disons que la Galant nous apparaît comme étant une génération derrière les japonaises les plus en vue? Et que dire de son moteur 4 cylindres qui, combiné à une boîte automatique (4 rapports), s'essoufle rapidement et ne donne satisfaction qu'au moment où une vitesse de croisière décente est atteinte.

Plus Galant que sportif

Aussi bien clore le débat et se concentrer sur une version moins anémique, la GTZ. Plus Galant que sportif, le modèle mis à l'essai a démontré une certaine forme de caractère avec son V6 (3 litres) de 195 chevaux.

Ses accélérations se révèlent franches, quoique la voiture concède une bonne longueur d'avance, ou une bonne seconde, à ses rivales directes.

La boîte automatique doit être tenue responsable de ces résultats décevants. Les écarts semblent trop importants entre les rapports. Trop de temps morts. La manuelle, qui ne figure pas au catalogue, pourrait compenser cette lacune. Mais bon, Mitsubishi prétend qu'à peine 2 % des acheteurs de Galant la choisiraient. L'investissement n'en vaut pas la chandelle, dit le fabricant. Sauf que, quand on décrit cette voiture comme une sportive, on doit considérer lui offrir la boîte manuelle, n'est-ce pas ?

En conduite, la Galant GTZ, malgré sa vocation, n'inspire aucune passion. La direction procure une bonne sensation de la route, mais sans plus. On aurait souhaité une meilleure contribution de la suspension sport qui n'a justement rien de sportif. De plus, la sonorité du moteur est camouflée par une douceur presque parfaite. Un échappement moins? silencieux créerait une meilleure impression.

En contrepartie, nous avons été emballés par les freins de notre voiture d'essai. À chacune des sollicitations, parfois dures, la réponse a été franche et sans appel.

Une décoration à revoir

Dans la cabine, la GTZ propose un environnement moins banal que le modèle de base si décrié. Cependant, certains défauts restent incorrigibles. Le confort des sièges est mitigé, surtout au niveau lombaire. Le conducteur cherche, en vain, à trouver une position de conduite idéale. La visibilité s'avère cependant sans faille.

À l'arrière, les occupants de la banquette ne souffriront pas pendant les longues randonnées, le dégagement pour les jambes et la tête étant raisonnable. Au moins, la Galant quatre portes assure un accès facile à la cabine. Les indicateurs et témoins lumineux du tableau de bord donnent l'impression d'être tout simplement démodés. La finition est correcte, mais certains agencements de matériaux, notamment ceux de la planche de bord, nous laissent perplexes. C'est comme si deux décorateurs aux idées diamétralement opposées avaient mis leur grain de sel sans vraiment se consulter? Somme toute, si Mitsubishi souhaite ébranler la compétition, elle devra refaire ses devoirs.

Le moment est peut-être bien choisi pour entreprendre l'aventure canadienne. L'économie se porte bien et le parc automobile veillit à un rythme tel qu'il faudra bientôt le renouveler, mais pour la Galant, le plus grand problème, c'est justement la concurrence.

Peu à offrir

Comparée à une Honda Accord complètement redessinée pour 2003 et vendue pratiquement au même prix, la Galant a bien peu à offrir. En attendant l'arrivée de la nouvelle génération du modèle, prévue pour 2004, la Galant devra de toute évidence se contenter d'un rôle de figuration.

À bien y penser, il aurait été sûrement plus sage de retarder sa venue, comme on a décidé de le faire avec la Diamante, cette grande berline de luxe dont on prépare une refonte complète en cours d'année. D'ici là, Mitsubishi devra s'en remettre à des produits plus dynamiques, plus accessibles aussi (comme la camionnette Outlander), même si, encore là, la course est loin d'être gagnée.

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