GMC Jimmy, rétrogradés au sous-sol des aubaines

Publié le 30 mars 2004 dans 2004 par Denis Duquet

Pendant des années, General Motors se faisait secouer les puces par les critiques qui dénonÇaient la vétusté de ces deux utilitaires sport, largués par la concurrence. L'arrivée des nouveaux Chevrolet TrailBlazer et GMC Envoy est venue remédier à la chose. Elle a même permis à GM de prendre les devants sur ses concurrentes dans ce créneau. Alors pourquoi diantre les Blazer et Jimmy figurent-ils toujours sur la liste des véhicules commercialisés par ce constructeur ?

La raison est bien simple, c'est une question d'économie. En effet, les nouveaux modèles sont plus sophistiqués et plus puissants, mais ils sont également plus chers. Ce qui laisserait un vide dans la gamme des produits Chevrolet, par exemple. Enlevez le Blazer et il y a un énorme trou entre le Tracker et le TrailBlazer. Alors, pourquoi ne pas conserver les Blazer et Jimmy dont les caractéristiques sont toujours acceptables et le prix très compétitif ? Ils ont été en quelque sorte relégués au sous-sol des aubaines en attendant l'arrivée de modèles plus modernes d'ici peu. Le Chevrolet Equinox prévu pour 2005 possède toutes les caractéristiques pour venir s'insérer sous le TrailBlazer dans le catalogue des modèles. Ce qui devrait également signifier la fin du Blazer et du GMC Jimmy. Mais attendons avant d'affirmer quoi que ce soit.

Qui achète ?

Compte tenu que notre duo rétro se vend moins cher que les modèles plus nouveaux et plus sophistiqués, il attire sans aucun doute une clientèle moins fortunée et plus jeune. Un Blazer tout équipé se vend plusieurs milliers de dollars moins cher que le plus économique des TrailBlazer et la différence est encore plus importante chez GMC. J'en profite pour souligner que le Jimmy est une exclusivité canadienne et qu'il n'est offert qu'en version quatre roues motrices.

En plus de cet élément, il est également possible de commander une version deux portes, ce que certains aficionados de la conduite tout-terrain apprécient tout particulièrement. Le véhicule est alors plus léger et plus court, ce qui augmente sa maniabilité en conduite hors route. Et il faut d'ailleurs ajouter que le rouage intégral offert dans ces deux modèles se prête très bien à des excursions hors route plus audacieuses que la moyenne puisqu'il s'agit d'un 4X4 traditionnel doté d'un châssis autonome de type échelle et d'une suspension arrière rigide à ressorts elliptiques, ce que certains croient être la recette parfaite en conduite hors route. De plus, le moteur V6 4,3 litres de 190 chevaux a fait ses preuves et il offre un rendement supérieur à la moyenne.

Une autre preuve qu'on vise une clientèle plus jeune et plus portée à rouler hors route a été l'arrivée l'an dernier des versions Xtreme chez Chevrolet et ZR2 chez GMC. Il s'agit d'un modèle deux portes doté de pneus à flancs noirs plus gros, d'un nouveau châssis à voie plus large, d'engrenages de boîte et de transmission plus robustes, d'une suspension arrière modifiée dotée d'amortisseurs à gaz plus gros et d'une foule d'autres modifications. Naturellement, ce deux portes est affublé de la décalcomanie appropriée pour faire savoir à votre entourage que vous êtes un dur de dur. Comme vous l'aurez constaté, il s'agit d'un produit surtout destiné à améliorer les prestations en conduite hors route et dont la présentation extérieure a été quelque peu jazzée. Malgré cet effort, il n'en demeure pas moins que ces véhicules ont connu leur dernière modification d'importance en 1993 et Ça paraît.

Limites sur route

Si vous faites partie de ceux qui croient fermement que les véhicules plus anciens étaient mieux fabriqués que ceux d'aujourd'hui, je vous invite à jeter un coup d'?il sur le Blazer et le Jimmy. Non seulement les matériaux de l'habitacle, notamment les plastiques, semblent de qualité inférieure, mais leur assemblage est quelque peu bâclé. Prenez place à l'avant et vous serez assis sur des sièges trop mous au support latéral presque symbolique. Et pas besoin d'essayer ceux de l'arrière, c'est encore pire. En revanche, le tableau de bord est pratique, bien agencé, et les commandes se trouvent toutes à la portée de la main. De plus, tous les éléments sont faciles à identifier et le volant à quatre branches se prend bien en main.

Sans surprise comme au Holiday Inn

Malgré une suspension arrière d'une autre époque, ces véhicules offrent un comportement routier sans surprises, du moins sur l'autoroute et sur les routes dont le revêtement n'est pas détérioré. Dans ces conditions, la tenue de route est adéquate même s'il faut s'habituer à une direction floue. Malheureusement, la tenue de route se détériore au fur et à mesure que la charge augmente. Et lorsque la chaussée est cahoteuse, la suspension n'est pas tellement efficace : l'arrière a tendance à se dérober. Mieux vaut ne pas tenter une man?uvre d'urgence à haute vitesse sur une route cahoteuse avec cinq personnes à bord. Sueurs froides garanties.

Il faut d'ailleurs toujours se souvenir que les VUS sont des véhicules plus spécialisés et qu'ils se prêtent moins à des prouesses au volant qu'une Corvette, par exemple.

À quelques mois de leur retraite, aussi bien le Blazer que le Jimmy sont des solutions plus économiques pour les personnes qui tiennent mordicus à se procurer un VUS intermédiaire de type classique sans devoir trop débourser. Par contre, le nouveau Chevrolet Equinox fera vite oublier ces deux véhicules. Mais si vous ne pouvez attendre, GM vous propose un retour vers le passé.

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