Mazda 3 / 3 Sport, une relève surdouée !

Publié le 30 mars 2004 dans 2004 par Le Guide de l'auto

Le duo le plus populaire de l'industrie automobile au Québec pendant quelques années a été celui constitué par les Mazda Protegé et Protegé5. Autant la berline que la hatchback cinq portes connaissent un très grand succès auprès des automobilistes d'ici qui en apprécient le comportement routier, la qualité de fabrication ainsi que l'excellent rapport prix/agrément de conduite. Cependant, comme la dernière métamorphose avait été passablement timide en 1999, cette compacte avait besoin d'un bon coup de balai.

Heureusement pour Mazda, la nouvelle « 3 » se présente comme un modèle non seulement supérieur à celui qu'elle remplace, mais capable de tenir la dragée haute aux plus douées de la catégorie. Il s'agit du quatrième véhicule à être lancé dans le cadre du plan de relance de Mazda à l'échelle mondiale. Il a été précédé de la Mazda6, de la Mazda2 et de la RX-8. Comme pour ces modèles, aucun effort n'a été épargné pour en faire un des leaders de la catégorie.

Vroum ! Vroum !

Avant de causer moteur et suspension, je prends le temps de vous parler d'une caractéristique toute québécoise portant sur la campagne de publicité de ce constructeur au Québec et partout dans le monde. Ailleurs sur la planète, Mazda identifie sa publicité sous le leitmotiv « Zoom ! Zoom ! », afin de lui accoler une image de voiture rapide et nerveuse. Au Québec, certains ont eu peur que ces onomatopées soient perÇues comme ayant une consonance anglaise et c'est pourquoi elles ont été remplacées par « Vroum ! Vroum ! ».

Et je vous prie de croire que les nouvelles Mazda3 et Mazda3 Sport ont du « Vroum ! Vroum ! » en réserve. La berline quatre portes est animée par un moteur 2 litres de 148 chevaux en équipement de série tandis que la version GT de la berline et la Mazda Sport hatchback bénéficient du quatre cylindres 2,3 litres de 160 chevaux doté d'un système de calage des soupapes infiniment variable. Celui-ci est le même moteur que celui qui équipe la Mazda6. Compte tenu de la différence de poids, les performances du « p'tit frère » sont nettement plus musclées. La boîte manuelle à cinq rapports est de série tandis que l'automatique à quatre rapports est offerte en option.

Si la plate-forme de la Mazda6 est reconnue pour sa rigidité, celle de la 3 se chauffe du même bois. Cela permet aux suspensions avant et arrière de donner leur pleine mesure sans être équipées d'amortisseurs ultrafermes. Comme il est de mise dans une voiture de cette catégorie, la suspension avant est à jambes de force. À l'arrière, les ingénieurs ont opté pour une suspension à liens multiples avec ressorts hélicoïdaux. Des freins à disque aux quatre roues sont offerts de série, ce qui n'est pas courant dans cette catégorie. Par contre, les systèmes ABS et de répartition électronique de la force de freinage sont optionnels dans la berline, mais de série dans la cinq portes. Bref, comme ce fut le cas avec la Protegé et la Protegé5, le modèle à hayon bénéficie d'un équipement de base plus étoffé, ce qui explique la différence de prix entre les deux modèles. Enfin, toutes les Mazda3 sont dotées d'une direction assistée de type électro-hydraulique.

Donc, rien n'a été épargné pour que les remplaÇantes de la Protegé soient en mesure d'offrir une relève très compétitive sur le plan technique.

La berline d'abord

Au premier coup d'?il, il est facile de prendre la Mazda3 pour une Mazda6 qui aurait rétréci au lavage. La partie avant est assez semblable avec sa grille de calandre en cinq points de contact qui constitue la véritable signature visuelle de cette berline. Elle surplombe une large prise d'air située sous le pare-chocs qui donne un caractère agressif à la partie avant. Cette grille est encadrée de phares antibrouillards qui ne font cependant pas partie de la version de base.

L'arrière s'avère d'inspiration fortement européenne avec son couvercle de coffre faisant office de déflecteur. Les sièges avant, confortables, offrent un excellent support latéral tandis que les places arrière peuvent accommoder deux adultes de grande taille à la condition qu'on avance quelque peu les sièges avant. Le coffre bénéficie d'une grande ouverture pour la catégorie et d'une capacité de 419 litres, ce qui est notable. Dans notre modèle d'essai, les sièges et les garnitures des portières étaient recouverts d'un tissu côtelé de qualité qui détonnait agréablement avec ce que les constructeurs nippons nous ont offert par le passé.

Sur la route, on a une première impression de solidité et de rigidité. Encore une fois, je crois piloter une Mazda6 en version réduite. L'insonorisation est bonne, mais pas au point de nous isoler de la sonorité du moteur et de certains bruits extérieurs. La position de conduite est sans reproche et le volant gainé de cuir se prend bien en main. Toutefois, la direction est trop assistée et comme avec la plupart des systèmes à assistance électrique, on n'obtient qu'un feed-back de la route regrettablement amoindri. Compte tenu de la silhouette sportive de cette berline, je m'attendais à une direction un peu plus lourde.

Le moteur de 148 chevaux offre un bon rendement et des performances dans la moyenne supérieure avec un 0-100 km/h de 9,4 secondes chronométré manuellement au centre d'essai CERAM en banlieue de Paris. Les deux premiers rapports ne se prêtent pas tellement à ce genre d'exercice et la voiture semble plus à l'aise dans les reprises et les dépassements.

Le point fort de cette Mazda est son châssis et sa suspension bien calibrée entre le confort et la tenue de route. J'avais beau aborder les virages serrés de plus en plus rapidement, la tenue de route demeurait toujours relativement neutre avec un léger sous-virage. Mais rien de comparable avec certains modèles concurrents dont la partie avant s'affaisse, le tout avec un hurlement dramatique des pneus. Et malgré plusieurs freinages à bloc, les freins n'ont pas manifesté d'échauffement particulier. Somme toute, cette Mazda3 devrait nous faire oublier très rapidement la Protegé, pourtant une grosse pointure sur ce marché.

La hatchback ensuite

Berline et hatchback partagent le même intérieur et c'est pourquoi un petit tour de l'habitacle est valide pour les deux modèles. Un peu comme dans la Mazda RX-8, les trois cadrans indicateurs circulaires sont fortement encastrés dans des tubes visant à couper les rayons parasites. C'est réussi et efficace. Beaucoup plus que le petit écran LCD placé au-dessus du module de commande de la climatisation et de la radio qui s'avère difficile à lire, sauf la nuit. C'est désagréable puisqu'on y retrouve les informations concernant la radio, le lecteur CD et la climatisation. Il faut souligner au passage la présence en partie médiane du tableau de bord d'une applique en similicarbone qui n'a pas l'air trop artificiel. Selon Mazda, la tirette d'ouverture du coffre à gants de couleur titane est une touche de luxe. Pour ma part, j'ai beaucoup plus apprécié les commandes de la ventilation et de la soufflerie en plastique translucide. Les stylistes ont bien fait de ne pas tenter de masquer la nature du matériau emprunté. La nuit, ils sont rétroéclairés et Ça donne un bel effet. Autre détail, lorsqu'on change de poste de radio, une pulsion lumineuse est perÇue le long d'une bande en plastique de couleur orangée.

De l'extérieur, le modèle Sport se révèle également très bien réussi. La partie arrière est légèrement bombée, les charnières du coffre sont en bas-relief sur le toit et la fenêtre arrière de forme triangulaire pointe un peu vers le haut afin de donner du dynamisme à la partie arrière. Le coffre est de bonnes dimensions et la banquette 60/40 bascule vers l'avant pour augmenter la capacité de charge.

Championne de sa catégorie

Cette version se comporte de faÇon plus ou moins similaire à la berline. Toutefois, sa tenue de route m'a semblé quelque peu en retrait par rapport à la berline qui négociait avec plus d'aisance certains passages serrés. La différence est mince, mais elle existe.

Somme toute, Mazda a frappé fort avec ce duo qui possède encore plus de qualités pour conserver son titre de championne de la catégorie. Denis Duquet

Contrepartie

Pas facile d'écrire une contrepartie pour une voiture aussi bien née que la Mazda3. J'aurais moins de problèmes à vous entretenir de Chantilly, cette ville de la banlieue parisienne aussi célèbre pour sa crème (Chantilly) que pour sa dévotion aux chevaux (capitale mondiale du cheval) et où j'ai conduit les deux versions de ce nouveau modèle, la berline quatre portes ainsi que le hatchback cinq portes.

La première n'est ni plus ni moins qu'une Mazda6 miniature tandis que la seconde se marie tellement bien au paysage européen que personne ou presque ne se retourne sur son passage. Cela dit, a part un léger effet de couple dans la version 160 chevaux et des pneus (Bridgestone) relativement bruyants, la Mazda3 ne se prête pas aisément à la critique. Offerte en cinq versions (trois pour la berline et deux pour le hatchback) avec moteur 2 litres (berline seulement) ou 2,3 litres, elle a toutes les qualités pour assumer la relève de la voiture la plus vendue au Québec (Protegé/Protegé5). Mon jeune collègue Alain Mc Kenna préfère la berline alors que je craque surtout pour le hatchback, mais c'est là strictement une affaire de goût. Vrai toutefois qu'il ne faut pas considérer le modèle hatchback comme une familiale, mais quel joli minois ! Et même si le moteur de 2,3 litres n'est pas aussi fringant que je l'aurais souhaité (0-100 km/h en 8,8 secondes), l'agrément de conduite ne s'en trouve pas diminué. Par sa rigidité, le châssis est à l'origine d'une tenue de route sans égale dans cette catégorie et le confort n'en souffre pas le moins du monde. Ajoutez à cela un intérieur rafraîchissant rehaussé par un tableau de bord aux accents de RX-8 avec un joli petit volant à trois branches, des sièges confortables avec des places arrière un brin plus spacieuses et vous aurez une voiture surdouée. La remplaÇante de la Protegé a déjà sa place au soleil. Jacques Duval

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