Porsche Carrera GT, la réplique à la Ferrari Enzo

Publié le 30 mars 2004 dans 2004 par Jacques Duval

La Carrera GT que Porsche a promené dans divers salons automobiles au cours des dernières années est finalement une réalité et la version finale est apparue au Salon de Francfort après un premier tour de piste au Salon de Genève. C'est en quelque sorte la première « supervoiture » (« supercar » disent les Européens) à arborer l'emblème du constructeur de Stuttgart. Jusqu'ici les Porsche ont toujours été des voitures sport performantes destinées à une clientèle à l'aise mais pas nécessairement archifortunée. À part la 959 d'il y a plusieurs années vendue au compte-gouttes, la firme allemande s'était contentée d'offrir des versions plus puissantes de la 911, telles les Turbo et GT2. Avec la Carrera GT, on se lance aux trousses de ces modèles exclusifs vendus à des prix faramineux et affichant un comportement général très proche de celui d'une voiture de compétition. En disant qu'elle veut en découdre avec une Ferrari Enzo, on est sur la bonne piste.

Mais comment direz-vous ? D'abord en étant construite en petite série, c'est-à-dire à 1500 exemplaires dans le cas présent, et secundo en devenant pour son constructeur une véritable vitrine technologique. À ce sujet, les ingénieurs n'ont pas chômé puisque la Carrera GT renferme plus de 70 innovations en attente de brevet. Cela comprend entre autres un embrayage en céramique qui, lorsque le moteur débite son couple maximal, transmet pas moins de 612 chevaux aux roues arrière, via la boîte mécanique à six rapports. Le freinage aussi est assuré par la céramique qui a servi à la fabrication des disques. En se contentant, par leur grande efficacité, d'une surface de seulement 169 millimètres, ces disques ont permis d'abaisser fortement le centre de gravité du moteur et de la boîte de vitesses.

Un V10 atmosphérique

Parmi les autres références de ce modèle, on peut citer la coque et la carrosserie en carbone, ce qui a permis de conserver le poids à une valeur très raisonnable de 1380 kg. L'écart important entre la porte et l'essieu arrière n'est pas une curiosité de style, mais il révèle la position centrale du moteur V10 de 5,7 litres atmosphérique dont la puissance maximale est atteinte à un régime de 8000 tr/min tandis que le couple se situe à 435 lb-pi à 5750 tr/min.

Capable d'une vitesse maxi de 330 km/h, l'aérodynamique a joué un rôle prédominant dans la mise au point de ce roadster. C'est ainsi que pour atteindre des coefficients de portance négative (appui au sol ou down force) aussi élevés que possible, la Carrera GT s'est vu doter d'un soubassement dont la géométrie correspond à celle réservée habituellement aux voitures de course. Le soubassement entièrement habillé d'un carénage tout carbone engendre un effet d'aspiration élevé pour une routière, grâce à son diffuseur arrière et aux canalisations d'air élaborées.

Autre innovation en attente de brevet : le châssis monocoque et le berceau sont en matière synthétique renforcée par fibres de carbone.

Bien habillée

Si l'on compare la Carrera GT à la Ferrari Enzo, l'allemande est une voiture dont l'habitacle est plus fignolé que celui du bolide italien, et cela, en dépit d'un prix la moitié moins élevé. Des cuirs lisse, des structures en fibre de carbone et des sièges ultralégers en kevlar rehaussent la présentation intérieure. On y trouve aussi toute une panoplie d'accessoires qui sont absents chez sa rivale italienne. Cette dernière, par exemple, ne possède ni radio, ni glaces ou sièges à commande électrique, ni même de tapis au plancher. Par contre, l'enlèvement du toit rigide dans la Carrera GT n'est pas une sinécure puisqu'il faut le déposer minutieusement dans le coffre avant qui devient alors quasi inutilisable pour quoi que ce soit d'autre. D'ailleurs, c'est probablement la seule voiture au monde dont le réservoir d'essence a une plus grande capacité que le coffre à bagages (92 contre 76 litres).

Cela, bien sûr, n'empêchera pas les 1500 Porsche Carrera GT de se vendre dans un laps de temps à peine plus long que celui que nécessite son accélération de 0 à 200 km/h : 9,9 secondes.

P.S. En raison du manque de collaboration de Porsche, nous nous excusons de ne pouvoir vous fournir des photos exclusives ou des informations plus substantielles sur ce modèle. Voir Avant-Propos

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