Jeep Wrangler 2012: Étrange phénomène

Publié le 4 avril 2012 dans 2012 par Alain Morin

Il en va des véhicules comme des humains : certains, même s’ils ont tout pour réussir, échouent lamentablement alors que d’autres, au contraire, pour qui les choses devraient mal tourner, parviennent pourtant à triompher. Prenons le cas du Jeep Wrangler. Après sa carrière militaire (1941 – 1945), il aurait très bien pu sombrer dans l’oubli. Après tout, que faire d’un véhicule pas très beau, d’un inconfort absolu et au moteur à peine plus puissant que celui d’une montre-bracelet?
C’était sans compter sur le sens de l’humour de la vie, celle-là qui nous joue des tours, parfois pendables, mais toujours inoubliables. Comment expliquer autrement le fait que, 70 ans plus tard, le Jeep, tel qu’on le connaissait à l’époque, soit encore parmi nous? Oh, il s’est considérablement raffiné avec les années – il n’aurait d’ailleurs pas pu devenir plus rustre – mais son style général, son comportement routier et sa robustesse font qu’il est devenu une icône. J’imagine que si une personne vivant en 1945 traversait le temps tout d’un coup et débarquait en 2011, le seul véhicule qu’elle reconnaîtrait serait le Jeep. Ça a quelque chose de rassurant, non?

Le Wrangler, on le devine, est construit sur un châssis de camion. Tout, dans ce véhicule, est destiné à améliorer les capacités en hors route. Simplement monter à bord demande une gymnastique peu élégante, surtout les premières fois. « Pourquoi ne pas y ajouter des marchepieds? », demanderez-vous. Parce qu’installer de tels appendices sous un Wrangler contreviendrait ignoblement aux règles élémentaires de la conduite hors route qui exigent le meilleur dégagement au sol possible.

Le raffinement, version Jeep

Dans l’habitacle, malgré le raffinement des dernières années, il subsiste toujours un relent de passé. Certes, on y trouve désormais, dans certaines versions du moins, un GPS, la radio satellite et les essuie-glaces intermittents. Mais les portières sans ressorts, l’absence de repose-pied à gauche, les places arrière inconfortables et une visibilité arrière des plus pauvres nous rappellent les origines militaires du petit véhicule.

Les suspensions n’ont que faire de votre dos et s’accommodent assez mal des trous et des bosses qui recouvrent notre réseau routier. C’est mieux qu’auparavant, remarquez. Désormais, il faut au moins cinq kilomètres avant de nécessiter une visite chez le chiro. Avant, ça en prenait deux! La direction semble provenir d’un paquebot, le rayon de braquage se mesure en milles nautiques plutôt qu’en mètres et les bruits éoliens sont omniprésents. Et comme si ce n’était pas suffisant, la qualité des matériaux s’avère des plus sommaires. Il y a quelques années, Jeep dévoilait une version Unlimited de son Wrangler, aux places arrière plus accueillantes. Cette version est chaudement recommandée si vous prévoyez voyager avec des amis… et si vous voulez conserver vos bonnes relations avec ceux-ci!

Jusqu’à cette année, le Wrangler était doté d’un moteur plus porté sur la consommation que sur les performances. En effet, le V6 de 3,8 litres dont les origines remontent, si ma mémoire est bonne, à la guerre de Sécession, buvait comme une navette spatiale au décollage. Sur l’autoroute, il était possible, à 100 km/h, sans vent ni pente à monter, de maintenir une moyenne de 12,0 l/100 km. En ville et en hors route, c’était beaucoup plus. Mais au moment où vous lisez ces lignes, il y a de fortes chances que le V6 3,6 litres Pentastar soit déjà implanté dans le Wrangler. Dans ce cas, il fera 283 chevaux et 260 lb-pi de couple, soit pratiquement autant que dans le Grand Cherokee où il officie déjà. Dans ce véhicule, ce nouveau moteur s’avère très doux et sa puissance est livrée de façon linéaire. Malgré les chiffres affichés, on ne sent pas que le Grand Cherokee est surpuissant. Il faut dire qu’il fait plus de 2200 kilos. Le Wrangler, de son côté, fait environ 200 kilos de moins et cela devrait influencer les performances et la consommation qui, dans le Grand Cherokee, demeure quand même assez élevée.

Amenez-en des bancs de neige!

Malgré tout le mal qu’on pourrait en dire, le Wrangler demeure le 4x4 le plus compétent, toutes catégories confondues. Pour les initiés, rappelons que l’angle d’approche pour les unités munies de pneus de 18 pouces est de 44,4 degrés, l’angle de départ est de 40,7 degrés, tandis que l’angle ventral fait tourner le rapporteur d’angles à 20,9 degrés. Le ratio du boîtier de transfert du système Rock-Trac, le plus performant, est de 4.0 :1. Certes, certains Land Rover peuvent en faire tout autant que le Wrangler en hors route, mais les gens sont généralement plus enclins à aller jouer dans la boue et les roches avec un véhicule de 30 000$ qu’avec un de 100 000$. Et puis l’hiver, c’est toujours un plaisir de foncer dans les bancs de neige, peu importe le prix de la monture!

Le Wrangler, Unlimited ou pas, demeure, pour plusieurs, un véhicule coup de cœur. Les femmes, surtout, semblent l’apprécier au plus haut point. Il est difficile d’expliquer pourquoi, mais j’imagine qu’il représente pour plusieurs l’évasion et une certaine vision du romantisme. Après tout, à son volant, on sent que rien ne pourra modifier sa course et qu’il ne nous laissera jamais tomber. Il faut souligner en terminant la version Mojave qui malgré son nom désertique se débrouillera fort bien dans la neige lui aussi.

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