Land Rover Range Rover Sport 2012: Générateur de standing

Publié le 4 avril 2012 dans 2012 par Marc Lachapelle

Le summum du chic automobile, pour les choyés qui sillonnent les rues de Westmount ou d’Outremont et passent leurs fins de semaine dans leur villa du lac Memphrémagog ou Massawippi, c’est encore un Range Rover. Et pas n’importe lequel : le Range Rover Sport, plus racé, moins carré et pas mal moins cher que ses frères. D’autant plus qu’il profite des mêmes moteurs et qu’il est finalement aussi confortable et presque aussi spacieux. Cet utilitaire de luxe britannique de grande lignée fait passer ses rivaux germaniques les plus en vue pour des parvenus. Mais pour se moquer, il suffit de souligner la réputation de fiabilité plutôt consternante de la marque. Ce que fera spontanément tout bon aristocrate.
Lancée en 2006 comme alter ego plus sportif, plus accessible et plus urbain du vénérable Range Rover, la version Sport a frappé dans le mille. Ses ventes au Québec ont été presque cinq fois supérieures à celles de son grand frère l’an dernier, en hausse de 37,1 %. Il a même devancé le Porsche Cayenne, son premier rival, de près du tiers. Pas mal pour une série à sa sixième année chez un constructeur qui est passé entre les mains de trois propriétaires différents en moins de vingt ans.

Pour tous les types d’ascension

Parlant de franchissement, l’empattement du Range Rover Sport est certes plus court de 135 mm que celui du grand « Range », mais ça le rend finalement plus agile sans imposer grand sacrifice. En fait, on risque essentiellement de frotter le bas de sa robe longue ou de son pantalon d’habit sur les puits des roues qui empiètent sur les portières arrière. Ce, même avec la suspension pneumatique réglée au plus bas, ce qui réduit la garde au sol de 227 à 172 mm. Ces chiffres sont inférieurs aux cotes homologues du Range Rover qui sont de 283 et 232 mm, mais l’ascension du Kilimandjaro n’a jamais été dans le cahier des charges du modèle Sport. En bon Land Rover, il se débrouille très bien en sentiers hors route où l’on peut jouer sur les cinq programmes du rouage intégral Terrain Response, selon les conditions affrontées.

À l’avant, l’espace est abondant et les sièges impeccablement sculptés. Le poste du conducteur offre une vue imprenable et un accès sans reproche aux outils essentiels à la conduite, avec une facilité de réglage à l’avenant. Les places arrière sont du même calibre et un adulte peut même prendre place au centre et s’y trouver à l’aise pendant plus de trente secondes, grâce à une assise correctement découpée. Chose rarissime. En fait, le volume total derrière les places avant est de 2 010 litres contre 2 091 pour le grand frère et sa soute arrière de 958 litres est à peine moins vaste, malgré la ligne de toit fuyante et l’angle plus prononcé du hayon qui le rendent nettement plus svelte.

Si le Range Rover Sport déçoit, c’est pour le côté brouillon et le graphisme banal de ses systèmes sur l’écran tactile. Il semble déclassé en termes de technologie, même si l’essentiel y est. Les seules options offertes sont le régulateur de vitesse automatique, le groupe « visibilité » (caméras périphériques, commutation automatique des feux de route et phares orientables), un différentiel arrière autobloquant électronique et une chaîne DVD pour l’arrière. La note grimpe de quelques milliers de dollars si on les coche toutes, mais on est loin des factures corsées des rivaux allemands. Même en choisissant le modèle Autobiography, qui se distingue par une grille de calandre couleur titane, un becquet d’aluminium, des bas de caisse de couleur assortie et des jantes à dix rayons.

Dévoreur de bitume et d’hydrocarbures

De toute manière, le meilleur du Range Rover Sport, c’est la conduite, autant pour le comportement stable, sûr et prévisible que pour les performances. Surtout si on a les moyens de s’offrir la version Supercharged, propulsée par l’excellent V8 compressé de 5,0 litres et 510 chevaux qu’ont développé les ingénieurs de Jaguar pour leurs camarades. Land Rover est d’ailleurs trop modeste pour les prouesses sportives du Sport Supercharged. Il le donne pour 6,2 secondes dans le sprint 0-100 km/h alors qu’il a facilement stoppé le chronomètre de notre appareil en 5,5 secondes.

Le Sport Supercharged bondit également de 60 à 100 km/h en 4,01 secondes et de 80 à 120 km/h en 4,85 secondes, pour des dépassements rapides et sûrs. Ces déferlements n’aident évidemment pas la cause de ce glouton patenté aux yeux des écolos, lui dont les cotes de consommation ville/route sont de 18,1/11,7 l/100 km. C’est nettement plus que les 14,1/9,3 du Porsche Cayenne Turbo, qui est de puissance et de taille comparables, mais plus léger de quelque 470 kg.

Mais les chiffres ne disent pas tout le plaisir que semble prendre ce V8 tout en muscle à faire galoper un utilitaire du dimanche de près de trois tonnes, à savourer son joyeux rugissement en pleine accélération. Le reste du temps, il se contente d’un gros ronronnement de baryton, bien secondé par une boîte automatique dont on commande prestement les changements de rapports avec les manettes blotties derrière la jante du volant. Perché haut, bien calé dans le cuir épais, commandes bien en main, on ne se lasse jamais de le conduire. Le truc est d’oublier ou de ne pas avoir à se soucier de ce que coûtera le prochain plein de carburant.

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