Tesla Roadster 2012: Une s’en va et l’autre approche

Publié le 4 avril 2012 dans 2012 par Marc Lachapelle

La saga du premier constructeur américain de voitures électriques de l’ère moderne se poursuit. Après avoir développé et produit la première voiture électrique de série pleinement utilisable, la firme de Palo Alto en Californie, au cœur de Silicon Valley, a cessé d’accepter de nouvelles commandes pour sa sportive électrique, la Roadster 2.5. Tous les efforts de Tesla Motors se portent maintenant sur sa Model S, une berline électrique plus abordable. Entre-temps, le Guide de l’auto a réalisé un essai sur piste exclusif de ce classique assuré qu’est la Roadster, et ce, grâce à un propriétaire particulièrement allumé.
Tesla Motors aura donc produit quelque 2 500 copies de la voiture sport électrique qu’elle lançait en 2008. Le châssis en aluminium de la Roadster était fabriqué par le spécialiste britannique Lotus et expédié à l’usine californienne de Tesla pour la suite de l’assemblage. On y installait entre autres le moteur électrique et la batterie au lithium-ion, des composantes développées par Tesla. Or, la mutation actuelle de la gamme de Lotus Cars affecte la production de la série Elise et de ses dérivés. Tesla en aurait profité pour mettre un terme à la production de sa Roadster pour se concentrer sur sa deuxième création.

Une berline en préparation

Tous les efforts et toutes les ressources de Tesla Motors sont donc consacrés maintenant au parachèvement de la Model S, une berline intermédiaire qui doit être lancée en 2012. Elle ne sera ni la pionnière, ni la première de ce créneau où évoluent déjà la Nissan Leaf purement électrique et la Chevrolet Volt à propulsion électrique « allongée ». Face à ces rivales, Tesla compte jouer la carte du style, du design et de la performance, tout en promettant une meilleure autonomie.

La silhouette de la Model S est d’ailleurs magnifique. Elle porte la griffe de Franz von Holzhausen, embauché comme patron du design chez Tesla après avoir signé une série de prototypes impressionnants chez Mazda et les roadsters Solstice et Sky chez GM juste avant. La batterie de la Model S sera intégrée sous le plancher et Tesla en proposera des versions offrant une autonomie de 260, 370 ou 480 kilomètres. La « S » pourra être ravitaillée en électrons en aussi peu que 45 minutes, en recharge rapide, selon le constructeur. Elle pourra accueillir cinq adultes et deux enfants, selon ses concepteurs. Non, nous n’avons aucune idée de l’emplacement des sièges pour ces deux enfants si cinq adultes prennent déjà place à bord. Tesla Motors précise toutefois qu’il y a un coffre sous le capot avant.

La Model S doit atteindre 100 km/h en moins de 6 secondes en départ arrêté et Tesla compte en produire 5 000 en 2012 et 20 000 l’année suivante. Le constructeur accepte déjà les « réservations » sur son site et en aurait déjà inscrit près de 4 000. On vise un prix de base de 49 900 $ US après déduction du crédit fédéral de 7 500 $ consenti là-bas. La Model S sera certainement admissible au crédit d’impôt offert chez nous.

En piste avec la Roadster

C’est grâce à l’enthousiasme du premier et possiblement unique propriétaire d’une Tesla Roadster au Québec que le Guide en a fait l’essai sur le circuit ICAR à Mirabel. Pierre Séguin est réalisateur pour la télévision et a signé entre autres la série La Petite Vie qui a connu un succès gigantesque. Il conduit sa Tesla depuis mai 2010 et affirme avoir effectué le trajet Montréal-Québec sans peine avec suffisamment de charge à destination pour encore 130 km, ce qui confirmerait l’autonomie de 390 km promise.
Loin de multiplier les mises en garde, ce mordu de technologie nous a encouragé à pousser à fond la Roadster version 2.0 qui lui a tout de même coûté 140 000 $. Première constatation : la Tesla est une pure sportive. Il faut quelques contorsions pour se glisser au volant et elle n’est pas spacieuse. Pour démarrer, on tourne la clé de deux crans, on appuie sur le frein et sur le bouton marqué D. Un bip et c’est parti. Sans bruit, à part le sifflement du moteur électrique.

Sur la piste, l’effort est d’abord moyen à travers le petit volant, mais la direction s’allège avec la vitesse. Première surprise : la poussée en pleine accélération. Comme si la Roadster était propulsée par un gros V8 turbocompressé parfaitement silencieux. Le freinage est puissant et facile à moduler. La Tesla sous-vire d’abord en amorce, mais en remettant les gaz (ou plutôt les électrons), elle s’équilibre et le survirage qui suit se rattrape en contrebraquant légèrement.

Antipatinage désactivé, la Tesla s’élance avec le minimum de patinage sur la piste d’accélération d’ICAR grâce au différentiel autobloquant. Elle atteint 100 km/h en 4,67 secondes et franchit le quart de mille en 13,33 secondes avec une pointe de 164,1 km/h. Des performances comparables à celles d’une Porsche Cayman S de 320 chevaux qui a exécuté les mêmes tests en 4,93 et 13,21 secondes à 172,6 km/h. La puissance du moteur électrique de la Tesla Roadster équivaut à 288 chevaux, mais elle est plus légère de 112 kilos.

Une fois nos essais complétés, Pierre Séguin a rechargé sa Tesla pendant un peu plus d’une heure sur une prise à 220 volts chez ICAR et a repris la route vers Montréal avec un large sourire.

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