Lexus RX330, gentleman farmer

Publié le 23 mars 2005 dans 2005 par Alain Morin

Léo est gestionnaire dans une importante firme de la métropole. Dès qu'il en a l'occasion, il s'évade vers la campagne pour aller nourrir ses poules et ses oies. Pourtant, dans le rang où il a établi ses bucoliques pénates, personne n'est dupe. Seul un gestionnaire de la grande ville peut entretenir sa basse-cour en veston-cravate... Mais puisque Léo est beau bonhomme, gentil et qu'il possède un beau talent pour la terre, personne ne s'en moque. Tout au plus, on le trouve un peu bizarre lorsque ses habits sont salis !

Dans un créneau où les nouveautés se succèdent à un rythme fou, Lexus a tôt fait de réaliser que son RX300, lancé en 1999, ne soutenait pas la comparaison. L'an dernier, l'entreprise nippone dévoilait son évolution, le RX330. Conformément aux dénominations utilisées chez Lexus, le RX300 faisait appel au V6 3,0 litres tandis que le RX330 est mû par le 3,3 litres qui anime aussi la Sienna. En même temps, on en a profité pour y accoler une nouvelle transmission automatique à cinq rapports et pour augmenter les dimensions extérieures.

Le RX330 ne passe jamais inaperçu grâce à ses lignes fluides (à l'occasion controversées !) qui lui donnent classe et finesse. Un seul modèle est offert mais cinq niveaux d'équipement viennent ajouter à l'embarras du consommateur. Le Groupe Sport mérite une attention particulière en raison de ses roues de 18 po et de sa suspension pneumatique réglable à trois niveaux différents. Curieusement, pour un véhicule de ce prix et de cette classe, on retrouve une liste d'options plutôt longue, et je suis estomaqué de constater que le filet de rétention (100 $), l'ensemble de tapis (205 $) et le chauffe-bloc (186 $), pour ne nommer que ceux-là, ne font pas partie de l'équipement de base. Enfin...

Qui dit Lexus dit invariablement qualité de construction. À l'intérieur, il faudrait vraiment avoir du temps à perdre pour tenter de trouver des bibittes. Tous les matériaux sont d'excellente qualité et vous vous doutez bien qu'on n'y entend aucun bruit de caisse, sauf une légère vibration au niveau du tableau de bord sur chaussée dégradée. Un examen du dessous du véhicule nous montre que Lexus a utilisé à profusion une matière isolante, ce qui permet d'insonoriser l'habitacle de façon quasiment parfaite. Les sièges se montrent particulièrement douillets, le beau volant en cuir et en bois se prend bien en main, toutes les commandes sont facilement accessibles, simples à comprendre et les informations relayées par les écrans LCD ne sont jamais mises k.-o. par les rayons du soleil. La nuit venue, les très beaux cadrans électroluminescents forcent l'admiration. Quant à la chaîne stéréo de base, elle n'est pas si de base que ça et projette un son riche et puissant, gracieuseté des huit haut-parleurs (imaginez : la chaîne Levinson, optionnelle, en possède onze !). Les places arrière sont généreuses et confortables sauf la partie centrale qui doit être réservée uniquement à quelqu'un qui vous doit de l'argent depuis longtemps... L'espace cargo est suffisant pour ce type de véhicule mais on souhaiterait que les tourelles de la suspension arrière empiètent moins dans l'habitacle.

Léo plus ou moins rigolo

Sur la route, vous aurez deviné que c'est le confort qui prime. Bon sang que c'est doux là-dedans ! Le silence de roulement est omniprésent et la direction, plutôt légère, donne une impression de ouate. Les suspensions travaillent d'arrache-pied pour ne pas brusquer les occupants et ce n'est que sur des surfaces vraiment raboteuses abordées avec un peu trop d'enthousiasme qu'elles ne parviennent pas à faire parfaitement leur travail. Ces calibrages sont responsables d'un certain roulis en virage si le pilote a eu la bonne idée d'enlever le système de contrôle de traction qui enlève toute, mais absolument toute, trace de sportivité. En revanche, ce système, appelé « VSC » (vehicle stability control) est tributaire d'une agilité surprenante sur surfaces meubles ou en hors-route.

Quoiqu'il en soit, on se rend rapidement compte que le RX330 n'est pas fait pour le sport ou la conduite brusque. Les poules et les oies mais sûrement pas le rafting! Pourtant, les performances sont adéquates. Le moteur V6 de 3,3 litres développe 230 chevaux et un couple de 242 livres-pied, ce qui amène des accélérations se situant dans la bonne moyenne. La transmission automatique à cinq rapports se montre d'une douceur de grand-maman gâteau et seule la grille en zigzag (qui semble de plus en plus en vogue, malheureusement) mérite une note sous la moyenne. Je ne parierais pas sur la résistance des freins mais les distances d'arrêt sont correctes et l'ABS se montre extrêmement discret.

Léo écolo

Au début de 2005, les concessionnaires recevront un Lexus RX400h, le premier utilitaire sport de luxe hybride. Le moteur à essence demeura le V6 de 3,3 litres auquel sera accouplé des moteurs électriques. La puissance de cet ensemble devrait faire dans les 270 chevaux tandis que la transmission sera de type continuellement variable (ECVT). Lexus proclame bien haut que les accélérations seront supérieures à celles obtenues avec le RX330 (0-100 km/h aux alentours de 8,0 secondes) tandis que la consommation devrait tourner autour de 8,5 litres/100 km.

Le Lexus RX330 n'est assurément pas le plus agile en pleine forêt, ni le plus véloce sur une piste de course, mais il est l'un des VUS les plus confortables, les plus équilibrés et les plus fiables que l'on puisse trouver sur le marché.

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