Rolls-Royce Phantom 2012: On aime bien les dinosaures

Publié le 4 avril 2012 dans 2012 par Jean Léon

Curieusement, les gens semblent toujours apprécier les choses hors normes. Les gros muscles, les gros seins, les grosses fortunes, les horribles lunettes griffées de couturiers célèbres, bref, tout ce qui n'est pas nécessairement beau, mais qui détonne. C'est un peu la même chose dans le cas de la Rolls Royce Phantom, dont la silhouette semblait être le résultat d'un accouplement entre un corbillard et un gros camion. Pourtant, cette voiture aux allures si caricaturales cartonne chez les riches. Ce qui prouve que ces gens n'ont aucune pudeur à afficher leur mauvais goût.
Mais les amateurs de Rolls vont me dire que je ne comprends rien, que je suis trop pauvre pour apprécier les bonnes choses et que cette voiture est vraiment quelque chose d'élégant, de raffiné et d'extraordinaire en fait d'agrément de conduite. Personnellement, je refuse d'admettre qu'une voiture, aussi jolie soit-elle, pesant deux tonnes et demie et propulsée par un moteur consommant environ 20 l/100 km soit quelque chose de moderne et de transcendantal. Mais puisque peu de gens peuvent se le payer, et que les gens riches et célèbres se les  procurent, on en bave d'envie.

Mais quand même…

Mon coup de fiel passé, je dois tout de même admettre que cette voiture est un succès commercial. Alors qu’auparavant cette voiture était presque reléguée aux oubliettes, cette présentation digne d'une bande dessinée a pourtant mis ce modèle au premier plan. Ses flancs plats, sa grille de calandre immense, tout cela s'agencent pour créer quelque chose de presque mythique qu'on le veuille ou non. Et toujours pour aller à contresens, les stylistes l'ont doté de portes arrière de type suicide. Cette dernière décision a probablement été prise afin de permettre aux paparazzis de photographier plus facilement les personnalités et vedettes assises à l'arrière. Soulignons au passage que ces portes se referment avec un bruit que l'on associe généralement à un coffre-fort et ces portes inversées comprennent un espace spécial réservé à un parapluie traité au téflon.

D'ailleurs, une fois à l'intérieur, on se trouve vraiment isolé du reste de l'univers. Non seulement les matériaux insonorisant sont utilisés avec générosité, mais il faut souligner que les glaces de la voiture sont plus épaisses et jouent un rôle important pour filtrer les bruits. Bien entendu, les seuls éléments qui ne sont pas faits de cuir dans cet habitacle sont les tapis, très épais et très moelleux, bien sûr. Pour le reste des surfaces verticales, le tableau de bord et les sièges, tout est recouvert de cuir. Vous savez, ce cuir anglais qui provient de vaches qui sont parquées dans des enclos ne possédant aucun fil barbelé afin de ne pas endommager la peau de ces bovins. Ce dernier détail fait d’ailleurs un excellent sujet de conversation lorsque vous invitez quelqu'un à prendre place à bord de votre Rolls et que celui-ci s'extasie sur le luxe des sièges. Bien entendu, les appliqués de bois exotiques sont incontournables. De plus, selon vos goûts et vos caprices, il est possible de commander à peu près n'importe quoi dans cette voiture. Bien entendu, cette luxueuse Britannique est dotée d'une clé intelligente et d'un système de navigation par satellite, tout comme il est possible de le commander sur une Mazda3.

Surprenante!

Avant de lancer le moteur, on contemple le volant qui semble emprunté à une voiture d'une autre époque tant la présentation est rétro. De plus, ses dimensions sont très importantes. L'insonorisation très poussée nous empêche de bien entendre le moteur. Il faut également souligner que ce moteur V 12 de 6,7 litres est très doux et très silencieux. Il provient de BMW et est vraiment bien adapté. Avec sa puissance de 453 chevaux et ses 531 lb-pi de couple, il accomplit de l’excellent travail pour vaincre la gravité et propulser ce mastodonte à 100 km/h, départ arrêté en moins de six secondes. Mais le plus fascinant sur cette voiture, ce ne sont pas ses accélérations impressionnantes, mais plutôt sa tenue de route.

Compte tenu de sa grosseur et de son poids, on a quelque peu l'impression de conduire un coffre-fort sur roues. Mais le plus surprenant, c'est que dès qu'on aborde une courbe, on a la surprise de constater que la voiture tient bien la route. Elle est neutre dans les virages, la direction est précise et presque aucun roulis n’est perceptible. C'est comme si on conduisait un tapis volant tant la suspension absorbe les imperfections de la chaussée. C'est un mélange des genres auxquels nous ne sommes pas habitués. Souvent, c'est trop ferme comme suspension ou encore c'est trop « guimauve » et on a le mal de cœur en un rien de temps. Cette voiture attire les riches par sa silhouette, son luxe et son aménagement intérieur, mais il ne faut pas perdre de vue qu'elle se défend de façon fort honorable sur la route. J'allais oublier, sa consommation est toutefois de plus de 18 l/100 km. Mais quand on a les moyens de se payer une telle voiture, ça importe peu.

Soulignons en terminant que la Phantom est également disponible en version coupé et cabriolet. Ce dernier porte le nom exotique de Drophead Coupe. Introduit en petite série, son aménagement s'inspire des yachts de luxe.

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