Subaru Outback, belle mécanique

Publié le 28 mars 2005 dans 2005 par Denis Duquet

Alors que la marque dérivait sur une mer d'indifférence, quelqu'un chez Fuji Heavy Industries a eu l'idée géniale de transformer la Legacy familiale en « hybride ». Il ne s'agit pas de l'hybride que nous connaissons maintenant, mais d'une voiture de tourisme adaptée aux exigences de la conduite hors route. Quelques années plus tard, cette catégorie est devenue celle des « crossover » ou des véhicules multifonctions et sa popularité ne cesse de croître.

Un peu comme l'oeuf de Colomb, il suffisait d'y penser! Mais encore fallait-il avoir les bons éléments sur le plan mécanique pour que le projet connaisse du succès. Chez Subaru, la plate-forme était suffisamment robuste pour se prêter au jeu de la transformation, tandis que la transmission intégrale était déjà reconnue pour son efficacité. Nous connaissons la suite. Les modèles Outback ont connu un succès monstre et Subaru a retrouvé le chemin de la prospérité.

C'est donc sur cette lancée que la direction a décidé de renouveler à la fois la Legacy et la Outback. Soulignons au passage que cette dernière a obtenu son indépendance au fil des ans pour devenir un modèle à part. Même si au premier coup d'oeil les changements semblent plutôt modestes, tout a été changé : aussi bien la plate-forme que les moteurs.

Mais avant de considérer plus en détail ces deux nouveaux modèles, quelques mots pour vous parler du stylisme ou de son absence ! En effet, si les ingénieurs ont planché fort sur la mécanique, les stylistes semblent toujours souffrir de « conservatite » aiguë. Aussi bien la berline que la familiale ressemblent à la Legacy, leur devancière. C'est plus moderne, moins empâté, mais ce n'est pas la révolution. À ce titre, la Outback est mieux réussie avec son capot plongeant, ses bas de caisse mis en évidence par une étroite bande décorative et des roues mieux dessinées. Heureusement pour Subaru, les qualités intrinsèques de tous ces modèles compensent ce manque d'inspiration sur le plan visuel.

La Legacy d'abord

Si sa silhouette est plutôt sage, la Legacy nous comble sur le plan technique. Non seulement la plate-forme est-elle entièrement nouvelle, mais le groupe propulseur a été révisé du tout au tout. Pourtant, à première vue, elle est toujours animée par son traditionnel moteur quatre cylindres à plat et la cylindrée est demeurée la même, soit 2,5 litres. Mais foi de Richard Marsan, le directeur de la qualité et de la loyauté chez Subaru Canada, tout a été modifié et amélioré. La version atmosphérique de ce moteur produit maintenant 168 chevaux, un gain de trois par rapport au modèle 2004. Ce gain est plutôt modeste, par contre la courbe du couple est mieux répartie, ce qui permet d'obtenir des performances plus intéressantes bien que le couple soit demeuré inchangé sur ce moteur. En fait, la grande nouvelle est l'arrivée d'une version turbocompressée de ce moteur quatre cylindres. Cette fois, c'est du sérieux avec une puissance de 250 chevaux, ce qui permet de boucler le 0-100 km/h en moins de huit secondes. Deux nouvelles transmissions sont au programme, une boîte manuelle à cinq rapports qui a été renforcée et une toute nouvelle transmission automatique à cinq rapports. Celle-ci peut être contrôlée à partir de boutons placés sur le volant ou par le biais du traditionnel levier de vitesses. Ce moteur turbo équipe les modèles GT offerts aussi bien sur la berline que la familiale. Comme il se doit, les modèles GT sont dotés d'une suspension plus ferme et de pneus de 17 pouces.

Dans toutes les versions de la Legacy, le capot est en aluminium tandis que sur la familiale, le hayon est du même métal. Une réduction de poids moyenne d'environ 50 kg a été obtenue sur la plupart des modèles tout en améliorant la rigidité de la caisse en flexion et en torsion.

Du solide !

Pour nous prouver les mérites de la nouvelle Legacy, Subaru nous a amenés sur l'Île du Cap-Breton. Le paysage est souvent grandiose, mais l'état des routes est semblable à celui du Québec. C'est donc dans un environnement sans compromis que nous avons mis la Legacy à l'essai.

Avant de parler de conduite, soulignons que l'habitacle est moins kitsch que par le passé. En plus, la texture des plastiques est moins rustique tandis que la finition est impeccable comme toujours. L'accès à bord est facile tandis que les sièges avant sont confortables et assurent un bon support latéral. Par contre, le support pour les cuisses est plutôt faible. Ajoutons au passage que les appuie-tête avant sont de type actif et protègent la nuque contre le coup de lapin en cas de collision. À l'image de l'extérieur, le tableau de bord est sobre. Les designers se sont contentés de suivre les tendances à la mode. De plus, ils utilisent une matière plastique de couleur titane qui est dans le ton du jour. Pour le reste, tout est à sa place, sans chichi, sans recherche d'effets. Un important surplomb en forme de demi-cercle abrite bien les cadrans indicateurs des rayons du soleil. Dernier détail, les cadrans du modèle GT sont électroluminescents.

Mais ce qui importe davantage, c'est le comportement routier de cette nouvelle venue. À ce chapitre, c'est gagné d'avance. Sur les routes dégradées empruntées lors de cet essai, la Legacy n'a jamais perdu son aplomb. Il a été impossible de faire décrocher le train arrière dans des virages amorcés à vive allure sur une chaussée bosselée tandis que la caisse était d'une impressionnante rigidité.

Les versions GT sont les plus intéressantes tant au chapitre des performances que de la tenue de route. La boîte manuelle a été grandement améliorée et les passages des rapports s'effectuent sans problème tandis que l'étagement est bon. Les reprises du moteur turbo sont incisives et le temps de réponse pratiquement imperceptible. En comparaison, les prestations du moteur atmosphérique sont moins allègres et il faut certainement planifier les dépassements. Au freinage, la pédale de frein est moins spongieuse que sur la génération précédente et les temps d'arrêt, particulièrement courts.

Et la Outback ?

La Legacy a progressé et s'est donné une vocation plus sportive avec le modèle GT. Mais, à mon avis, la Outback me semble un meilleur choix. Il est vrai qu'elle n'est fabriquée qu'en version familiale, que son centre de gravité est plus élevé et sa suspension plus souple, mais c'est un véhicule fort bien adapté pour la personne physiquement active à la recherche d'un véhicule polyvalent, et doté d'une transmission intégrale permettant d'affronter toutes les conditions routières. Sa silhouette est également plus dynamique que celle de la Legacy familiale. Le capot avant est plus plongeant tandis que les jantes en alliage sont d'un design plus provoquant. Il faut souligner que les énormes bandes latérales de bas de caisse ont fait place à des éléments moins larges, plus discrets et beaucoup plus élégants.

Trois groupes propulseurs sont au catalogue, cela permet donc de choisir la personnalité recherchée. Le modèle le plus économique est équipé du moteur 2,5 litres atmosphérique de 168 chevaux. Les prestations sont acceptables si l'agrément de conduite et les performances vous laissent plus ou moins indifférent. Les accélérations et les reprises sont dans la bonne moyenne lorsque le véhicule n'est pas chargé. Mais avec quatre personnes à bord et tous leurs bagages, c'est autre chose.

Le moteur six cylindres en H est de retour. Cette fois, il passe à 250 chevaux. Il procure des accélérations plus linéaires. Il est livré avec une boîte automatique à cinq rapports, fort bien adaptée. Pour justifier son prix plus corsé, ce modèle propose un équipement très complet et une suspension plus calibrée en fonction du confort. Malgré tout, sa tenue de route est excellente bien que la douceur de la suspension soit parfois la cause de certains déhanchements du train arrière lorsque la voiture est confrontée à une ou plusieurs bosses en décélération.

Finalement, le modèle XT avec son moteur quatre cylindres 2,5 litres de 250 chevaux est la Outback la plus sportive. Le moteur a plus de mordant que le six cylindres et la suspension m'a paru plus ferme.

En terminant, soulignons que la Outback se débrouille fort bien lorsque la route se transforme en sentier de brousse. Cette année, la garde au sol a été augmentée de 8 mm, ce qui facilite davantage le passage de sections défoncées de la route. Comme d'habitude, le rouage intégral de Subaru n'est jamais pris au dépourvu, qu'il s'agisse d'une route enneigée ou d'une route boueuse parsemée d'ornières. À moins que vous ne soyez un pur et dur de la conduite hors route extrême, le Outback est capable d'en prendre et justifie son prix tout de même passablement corsé.

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