Chevrolet Corvette, Z06 : l'exotique américaine

Publié le 11 janvier 2007 dans 2007 par Gabriel Gélinas

La dernière variante de la Corvette est la Z06 avec laquelle Chevrolet entend prouver à la face du monde que les Américains sont également capables de construire une super voiture dont les performances sont à la hauteur de celles livrées par les européennes développées par Porsche ou Ferrari. Mission accomplie ? En partie seulement…

Elle coûte beaucoup moins cher qu’une Ferrari F430, qu’une Porsche Carrera GT ou même qu’une Ford GT, et pourtant les performances sont similaires. Dernière-née d’une lignée impressionnante de Corvette aux performances plus relevées (on se souviendra de la ZR-1 de 1990), la Z06 est à la fois la plus puissante et la plus légère des Corvette produites à ce jour. Avec 505 chevaux et un poids inférieur à 3 150 livres, le rapport poids/puissance de la Z06 est meilleur que celui de la Ford GT. La Z06 est également plus légère que la Ferrari F430 et son poids est comparable à celui de la Porsche Carrera GT. Cet exploit remarquable sur le plan technique a été rendu possible par l’utilisation de matériaux à la fois plus légers et plus coûteux. Ainsi, l’aluminium a été retenu afin de produire un châssis qui ne pèse que 136 livres, et la fibre de carbone a été utilisée pour le plancher de la voiture ainsi que les ailes avant. L’initié remarquera la présence d’un déflecteur avant plus bas, de la partie arrière élargie, du déflecteur arrière et des roues en alliage de 19 pouces qui sont plus larges que celles de la Corvette habituelle.

Les gros cubes
Fidèle à la tradition établie chez Chevrolet, la puissance de la Z06 provient d’un moteur V8 à grande cylindrée (7,0 litres) dont les soupapes sont encore et toujours actionnées par des tiges-poussoirs, les seules concessions faites à la haute technologie résidant dans le fait que les bielles du moteur ainsi que les soupapes sont réalisées en titane. Au premier contact, j’ai été surpris par la rapidité de la montée en régime de ce moteur à très grande cylindrée qui livre sa pleine puissance à 6 300 tours/ minute et dont la plage de couple maximal, qui est de 470 livres-pied, est très large puisque disponible de 2 400 à 6 400 tours/minute. Sur le circuit de Sanair, il a été très facile d’apprivoiser la motorisation de la Z06 lors de nos mesures d’accélération et de freinage qui ont été suivies d’un « show de boucane » pour notre photographe.

Sur la piste
Tandis que je bouclais quelques tours de circuit, la suite a cependant été un peu moins heureuse. La Z06 a beau être très légère et dotée d’un moteur très performant, on ne peut pas dénaturer l’engin qui reste une propulsion avec moteur à l’avant et qui est donc sujet au sous-virage en entrée de courbe. Bien que j’aie tenté d’adapter mon style de pilotage pour contrer cette tendance, celle-ci est demeurée présente au point de saper un peu ma confiance dans les courbes rapides du circuit triovale. J’ai trouvé qu’il était parfois difficile de « lire » les réactions du châssis dans certaines sections du circuit, et surtout de prévoir l’intervention du système de contrôle électronique de la stabilité que j’avais pourtant pris soin de régler au mode « compétition » qui autorise le conducteur à faire glisser la voiture en virage et qui n’intervient qu’au moment critique. Je suis convaincu que j’aurais pu mieux apprivoiser la Z06 si j’avais eu le temps de rouler plus longtemps avec elle, mais elle ne m’a pas donné ce sentiment de confiance que je retrouve immédiatement au volant d’une Porsche 911 ou d’une Ferrari F430, peut-être parce qu’elle m’a paru plus lourde qu’elle ne l’est en réalité.

Les tours sur circuit m’ont également permis de remarquer que les sièges n’offrent pas un excellent soutien latéral puisqu’ils semblent avoir été conçus pour des gabarits beaucoup plus larges que le mien. En conduite de tous les jours, la Z06 est d’une facilité déconcertante à conduire malgré son potentiel de performance très élevé. L’embrayage ne demande pas un effort excessif et les changements de vitesse se font aussi facilement que sur une simple berline. Il faut simplement apprendre à composer avec une visibilité réduite vers l’arrière ce qui est le lot d’à peu près toutes les sportives de haut calibre.
Il ne fait pas de doute que la Z06 est une voiture d’exception et qu’elle est capable de rivaliser avec les ténors de la catégorie, c’est juste que la communication entre pilote et châssis n’est pas aussi évidente qu’avec certaines autres voitures exotiques. Voilà pourquoi je recommanderais fortement aux acheteurs de s’inscrire à un cours de pilotage avant de tenter d’exploiter les performances de la Z06 dans l’environnement contrôlé d’un circuit fermé.

feu vert
Puissance moteur
Voiture très légère
Technologie de pointe

feu rouge
Châssis peu communicatif
Manque de soutien latéral des sièges
Visibilité vers l’arrière

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