Plymouth Valiant 1965: Petit pot et onguent puissant

Publié le 9 janvier 2013 dans Voitures anciennes par Alain Morin

On a souvent l’impression que la voiture compacte américaine commence dans les années 70 avec les Ford Pinto, Chevrolet Vega et autres Plymouth Colt. Pourtant, cette catégorie de voitures aux dimensions moins généreuses débute dès 1949 quand Plymouth dévoile le P-17, un modèle doté d’un empattement de 111 pouces. Auparavant, les plus courts empattements étaient de 112 pouces (Nash, entre autres). Durant la décennie suivante, des marques comme Hudson et Nash (Rambler) s’ajustent à la baisse avec un succès mitigé, surtout lorsqu’on compare leurs chiffres de vente avec ceux de Ford, Chevrolet ou Chrysler. Il existe bien plusieurs petites entreprises qui se spécialisent dans la microvoiture mais elles sont très marginales.

Il faudra une importante récession à la fin des années 50 pour que les Américains comprennent enfin les bienfaits des voitures plus petites. Il n’est pas long que les constructeurs répondent à la nouvelle demande. Dès 1960, Chevrolet présente sa Corvair, une voiture compacte (qui, contrairement à la croyance populaire, respecte passablement les données des berlines compactes actuelles – Honda Civic, Hyundai Elantra et autres Toyota Corolla). La Corvair reprend, avec plus ou moins de succès, l’architecture de la menace allemande qu’est la Volkswagen Beetle, à savoir un moteur arrière refroidi à l’air. En 1960 aussi, Ford dévoile la Falcon qui connaitra ses heures de gloire en 1964 lorsqu’elle prêtera plusieurs de ses attributs à une certaine Mustang. Chrysler, de son côté, n’est pas en reste. La même année, débarque la Valiant, conçue par un des designers les plus importants de son époque, Virgil Exner.

Pourquoi faire simple?
S’y retrouver dans la hiérarchie de la Valiant est assez compliqué puisque les modèles américains et canadiens différaient souvent et partageaient la plupart du temps des caractéristiques techniques ou stylistiques avec d’autres modèles Plymouth ou Dodge. Mais on peut quand même essayer!

À ses débuts, la Valiant constitue une marque à part entière, à l’image de DeSoto et Imperial. Le succès est immédiat malgré (ou à cause) des lignes pour le moins différentes, surtout à l'arrière où le coffre épouse la forme d'un pneu de secours.

Dès 1961, la Valiant est intégrée à la famille Plymouth. Mieux, elle gagne une sœur chez Dodge, la Lancer. En 1962, une nouvelle livrée plus luxueuse fait son apparition aux côtés des Valiant V-100 et V-200. Il s'agit de la Signet, un nom repris, bien des années plus tard par Lada… que Chrysler aurait dû poursuivre en justice pour avoir trainé ce nom dans la boue!

Une toute nouvelle Valiant arrive en 1963, habillée d'une robe plus conventionnelle et très élégante, mais Chrysler ne résiste pas à la tentation d'ajouter quelques pouces aux dimensions de sa compacte (deux pour être précis). En outre, la Valiant peut être commandée pour la première fois avec toit rétractable. La grande nouveauté de 1964 consiste en un nouveau modèle, un coupé sport monté sur les dessous d'une Valiant et baptisé Barracuda.

En 1965, la Valiant se décline en versions V-100, V-200, Signet et Barracuda. Avec les années, la gamme Plymouth Valiant s'est bonifiée et compte maintenant des berlines, des coupés, des familiales et une décapotable.

La Valiant de Robert Boucher
Il y a déjà plusieurs années, Robert Boucher de Montréal cherchait un produit Mopar lorsqu’il est tombé sur la Valiant Signet 1965 que nous présentons aujourd’hui. Entreposée pendant 14 ans, cette compacte a donc été préservée de son ennemie jurée, la rouille. Car, on le sait, les voitures des années 60 et la rouille ne s’entendaient guère et c’est cette dernière qui, généralement, avait le dernier mot…

Si les modèles habituels de la Signet ont été produits en nombre élevé (10 999 unités aux États-Unis. Je n'ai pas les données canadiennes uniquement. Cependant, on peut imaginer une proportion de 1 modèle vendu au Canada pour 10 modèles aux États-Unis), il en va tout autrement de la décapotable. En effet, seulement 2578 exemplaires (américains) ont été construits en 1965, ce qui explique les succès de la Signet de Robert Boucher dans les différentes expositions.

Cette année-là, le moteur de base est le vénérable Slant Six, un six cylindres en ligne incliné, de 170 pouces cubes développant 101 chevaux. On retrouve un autre six cylindres en ligne « penché », de 225 pouces cubes, qui fait 145 chevaux (ce dernier héritera, au Québec, de l’appellation Méo Penché!). Il s’agit du moteur de base de la Barracuda. Enfin, les Valiant plus huppées ont droit à un tout nouveau V8 de 273 pouces cubes de 235 chevaux.

Une Valiant améliorée
Équipée à l’origine de ce dernier moteur, la petite Plymouth mauve qui fait l’objet de ce reportage a connu de « légères » modifications mécaniques. Le 273 a fait place à un 340 coiffé d’une tubulure d’admission plutôt rare, le Crossram STR-12 d’Edelbrock. Désormais, notre Valiant a affaire à une écurie évaluée entre 350 et 400 chevaux. La transmission, une automatique TorqueFlite 727 à trois rapports, a reçu un shift kit tandis que le levier provient de B&M Racing. Parmi les autres modifications, notons un différentiel 3.23 Positraction.

Est-ce que la Signet de Boucher est rapide? Oui, un tantinet… Est-ce qu’elle consomme beaucoup de liquide? Curieusement, ce n’est pas dramatique selon le principal intéressé. En conduite normale, sa voiture fait entre 15 et 17 milles par gallon (entre 16,6 et18,8 litres/100 km). C’est quand même largement plus qu’une Toyota Prius mais en considérant la mécanique, on s’attendrait à pire! Mais, surtout, cette Signet est agréable à conduire, un must pour Robert Boucher.

La relève ne sera guère relevée…
Les Valiant vendues au Canada ont été produites à Windsor, Ontario jusqu’en juin 1966. En 1967, la Valiant est entièrement revue et est désormais fabriquée aux États-Unis. Elle ne changera pas jusqu’en 1970. L’année suivante, la gamme est modifiée (sauf le modèle de base) et demeurera en production jusqu’en 1976. Toujours très populaire, la compacte de Plymouth sera remplacée par la Volare qui, malheureusement, connaitra une carrière plus courte et passablement moins excitante!

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