L'Amérique en Tesla, troisième partie

Publié le 27 mars 2014 dans Blogue par Le Guide de l'auto

La voiture électrique inquiète bien des gens. Aux yeux de plusieurs, elle impose un stress difficile à supporter en raison d’une autonomie qui oblige à voyager différemment.

La plus autonome d’entre elles, la Tesla Model S réussit à calmer les inquiétudes, mais encore faut-il dénicher les bornes de ravitaillement permettant de recharger les batteries à un intervalle variant de 375 à 425 kilomètres. Le Québécois, Stéphane Pascalon, propriétaire d’une Tesla Model S et président du club éponyme a voulu démontrer qu’il est possible de franchir de longues distances avec un minimum de précautions. Il s’est donc lancé dans l’aventure de rallier la Californie à partir du Québec et d’en revenir, sans consommer une seule goutte d’essence. Voici son journal de bord. (Jacques Duval)

La planète électrique

Après quelques péripéties, nous avons finalement rallié la Californie, but ultime de notre voyage. La Californie, c’est le paradis de l’électrification automobile!

Dans cet état de l’ouest des États-Unis, on ne pense plus de quelle façon charger, car il y a toujours une option (à tel point que pour la première fois du trajet, la voiture dort sans être branchée). Ici aucun souci, chaque stationnement ou presque en ville a au moins 3 bornes de recharge, les autoroutes ont des superchargeurs, etc. On ne se pose vraiment plus de questions. Finalement, on ne s’en pose plus assez, et on fait peut-être moins attention à notre conduite pour optimiser notre consommation d’énergie… C’est un couteau à double tranchant, à long terme avec l’amélioration du réseau de charge, nous risquons possiblement de redevenir aussi énergivores qu’avec nos autos à essence.

Trois étapes en Californie (Union City, Atascadero et Hesperia) nous ont permis de prendre soin de la voiture. Petit traitement au centre de service de Fremont (rotation des pneus, alignement des roues et grand nettoyage) prête pour le retour! (Tesla recommande une rotation des pneus tous les 10 000 km.) Pendant ce temps, nous en avons profité pour visiter l’usine de fabrication des Model S.

Magasinage et recharge

En quittant l’endroit, notre « nouvelle » voiture n’avait que 150 km de charge. Après un rapide arrêt au superchargeur de Gilroy, nous voilà en route pour la côte californienne. Même plus besoin de savoir quand recharger, on a l’impression que la voiture se recharge toute seule ou presque. Nous nous sommes permis le « luxe » de ne pas charger la voiture pendant 2 nuits, puis de faire des « supercharges » lors du déjeuner le matin, car les superchargeurs se trouvent généralement dans d'immenses outlet, avec tout ce qu’il faut pour se restaurer. Le revers de la médaille, c’est que le peu de temps nécessaire à la recharge ne permet même pas de faire le tour des magasins!

Je me répète, mais c’est vraiment génial les superchargeurs. À Santa Barbara, la route nous offre une vue sur les « belles » plateformes pétrolières à l’horizon sur la mer… Et certains osent dire que les éoliennes dénaturent le paysage, je me permets d’en douter.

Une voiture électrique pour socialiser

Après quatre jours, l’équipage appréhende de quitter la Californie et son confort de charge pour prendre la route du retour. Retour à la réalité… Vive les superchargeurs! Bien que les « super » charges ne durent que 30 minutes, cela laisse le temps aux propriétaires de se parler (encore) lors de la charge. Ainsi, nous avons obtenu de précieuses informations sur les recharges à Las Vegas qui est la première étape du retour.

En quittant la Californie (il faisait 35 °C à ce moment-là), nous avons vu 3 centrales solaires en plein désert! Ceci est rassurant en termes de développement durable. Les étapes à Kingman, AZ, Flagstaff AZ, Monument Valley, UT, nous ramènent dans les montagnes, mais plus chaudes cette fois-ci. Cependant, le climatiseur fonctionne à merveille et coute beaucoup moins d’énergie que le chauffage en hiver.

Petite négociation difficile près du Grand Canyon, pour les recharges sans utiliser des bornes en journée. Attention! Tout comme au Canada, la politique des prix est très aléatoire dans les campings. Aujourd’hui, nous avons eu une proposition à 10 $ pour 1 h de charge, puis une à 7 $ pour 2 h de charge (les 2 à 10 kWh), le choix fut simple…

Le compromis entre tout ce qu’il y a à voir ici, les contraintes de charge de l’auto, et les enfants qui ont hâte d’arriver à la maison ne sont pas toujours évidents, mais nous parvenons à tenir la planification.

No fuel available

À Monument Valley, nous avons croisé des Allemands très intrigués par l’auto. L’un d’eux connaissait la Tesla, mais ne l’avait jamais vue en vrai. Ils n'étaient pas convaincus du tout, car pour eux, une auto électrique, ça ressemble à une Mitsubishi i-MiEV. Merci à Tesla qui a fait une auto qui a du style! Après discussion, ils ont fini par la comparer à une Porsche, et se dire que cette auto pourrait être le déclic qui manque pour que les gens embarquent dans l’aventure électrique. Je remplacerais le « pourrait » par « sera ».

La route continue avec la fin des Rocheuses via Cortez, CO, Alamosa CO et Siebert KS. Nous avons pu rouler sur des pistes en terre pas très carrossables et franchir un col a plus de 3 200 m. Ce point correspondait à la ligne de séparation continentale… et cela a renforcé toutes mes théories sur le comportement de la voiture en montagne. C’est comme sur le plat! La traversée à haute altitude nous a fait réaliser que malgré la diminution d’oxygène, la Tesla ne manque pas d’air, elle: en aucun moment cela n'a été un problème. Contrairement à une voiture à essence, la puissance reste la même oxygène ou pas pour un moteur électrique! Nous avons même profité du fait de rouler électrique pour ignorer un panneau de signalisation rare « No fuel available beyond this point », ce qui signifie que la peur du manque d’autonomie existe aussi pour les automobilistes à essence…

Choc des générations…

Après 3 semaines et 9 000 km au compteur, les enfants commencent à avoir hâte de rentrer, les parents eux, se demandent s'ils ne devraient pas profiter d’être là pour allonger le trajet, et visiter encore plus, tellement ce mode de voyage est agréable et économique.

Autre expérience qui s’est bien terminée, heureusement, mais qui aurait pu être problématique. À Pueblo, au Colorado, où nous sommes arrivés à notre point de charge il y avait deux prises… prises par deux voitures! Une Tesla et une Leaf qui apparemment étaient là depuis le début de la journée. Par chance, en posant quelques questions dans les commerces environnants, nous avons trouvé le propriétaire de la Leaf qui a déplacé son auto... Il est important que les propriétaires de véhicules électriques prennent l’habitude de déplacer leur auto lorsque la charge est finie, sinon on peut perdre beaucoup de temps à attendre son retour...

La suite… et la fin de l’odyssée Tesla la semaine prochaine!

Stéphane Pascalon, www.clubteslaquebec.ca

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