Hyundai Veloster 2014: Vieillir en laideur

Publié le 1er janvier 2014 dans 2014 par Jacques Duval

Avec la Veloster, il n’y a pas de juste milieu! Ou on l’aime éperdument ou on la déteste avec la même ferveur. À son arrivée sur le marché, j’avoue que je la trouvais mignonne, mais le temps a eu tôt fait de me convaincre qu’elle vieillissait en laideur. Les goûts n’étant pas à discuter, passons sur mes sentiments personnels envers le petit coupé 3 portes du constructeur sud-coréen. Trois portes? En effet, pour faciliter (?) l’accès aux places arrière, on a pris soin d’aménager une 3e portière du côté droit du véhicule, une idée introduite par Mazda et reprise par Saturn – avant ses funérailles. Et le plus beau de l’histoire est que pour les gens conciliants, ce coupé peut recevoir occasionnellement quatre personnes. Je ne ferais pas le trajet Montréal/Toronto assis à l’arrière, le crâne vissé dans le hayon, mais disons Montréal/Beloeil.

Quant à l’espace pour les bagages, il fait un peu défaut, quoiqu’il puisse devenir très satisfaisant si l’on choisit de replier les sièges arrière en laissant les copains sur le trottoir. L’excentricité du design ne s’arrête pas aux lignes extérieures. Ainsi, les contre-portes ont droit à d’immenses poignées en aluminium (simili) qui assument en même temps le rôle de poignées de maintien pour le passager avant. La console centrale reprend le même traitement et il n’a pas été jugé nécessaire de lui assigner un autre rôle que celui de vide-poche. Quant au tableau de bord, il bénéficie d’un revêtement souple aussi agréable à l’œil qu’au toucher. Certains apprécieront les sièges enveloppants qui assurent un excellent maintien en virage, alors que d’autres trouveront que les bords relevés sont gênants au moment de se glisser au volant. Le hayon arrière, contrairement à ce que l’on pourrait craindre, offre une bonne visibilité, et ce, malgré sa lunette en deux sections séparées. Il faut préciser que le coupé Veloster peut être équipé d’une caméra de marche arrière offrant une visibilité grand-angle supérieure à ce que l’on trouve dans certains modèles Mercedes, ce qui n’est pas peu dire. En ce qui a trait à l’ordinateur de bord, nul besoin de faire appel à un ingénieur de la NASA pour en découvrir les subtilités. J’ai même réussi à programmer un poste de radio sans devoir m’astreindre à lire un manuel d’instructions de 500 pages!

L’héritage de l’Accent
Lors de mon essai initial de la Hyundai Veloster, j’avais été assez admiratif quant à son comportement sur la route, tout en regrettant que l'on n’ait pas cru bon d’avoir recours à un moteur un peu plus musclé. La voiture devait en effet composer avec les 138 chevaux habituellement attelés au châssis de la sous-compacte Accent. Bref, rien pour faire des enfants forts. J’avais même souligné que le 4 cylindres turbo déjà utilisé dans certains autres modèles Hyundai devait pouvoir trouver sa place sous le capot de ce nouveau coupé. Alors, voilà, c’est chose faite et j’ai passé une semaine à être pointé du doigt par les admirateurs et les détracteurs du coupé Veloster, d’autant plus qu’il arborait cette couleur orangée qu’on ne peut pas manquer dans le flot de la circulation, à moins d’être aveugle. Le regain d’énergie qu’apportent les 201 chevaux du moteur suralimenté n’est pas une bénédiction sur toute la ligne. Ainsi, le temps d’accélération entre 0 et 100 km/h n’y gagne pas moins d’une seconde et demie avec un chrono de 8,1 secondes. C’est encore assez modeste, mais au moins, on ne risque pas de se faire faire un pied de nez par le premier venu. La consommation moyenne variera selon votre humeur et, sans faire d’excès, vous vous en tirerez avec une moyenne de 8 litres aux 100 km. Si l’essence fait un bond vers le haut, ralentissez à 100 km/h et vous serez gratifié de 6,2 litres aux 100 même si Hyundai parle d’un peu moins.

Des chevaux perdus
Ce qui est plus gênant toutefois, ce sont les ruades que l’on ressent dans la direction en forte accélération ainsi que le mariage laborieux de la boite de vitesse manuelle avec le moteur. Pas facile de conduire en souplesse et sans secousses pour vos passagers. Et cela, en dépit d’un levier de vitesses qui se manie avec une douceur remarquable. Même si le 4 cylindres turbo affiche sa zone rouge à 6 800 tr/min, il semble peiner au-dessus de 5 000 tours alors que sa sonorité ressemble à une sorte de râlement bestial désagréable à l’oreille. La tenue de route est digne de mention dans les longues courbes et la Veloster n’apprécie pas tellement les virages en épingle où l’adhérence fout le camp. S’il en était autrement, on pourrait profiter de la vivacité de la direction et d’un freinage adéquat, sinon spectaculaire. Le coupé sport de Hyundai mérite aussi une bonne note pour la rigidité de son châssis qui n’avait pas bronché après 15 000 km d’essais assez rigoureux.

Il n’en demeure pas moins que la Veloster souffre de sa modeste origine puisqu’il s’agit essentiellement d’une berline Accent dont on a jazzé la présentation d’une manière qui apparait discutable. Disons que la marque coréenne a déjà fait mieux.     

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