Cadillac XTS 2014: La berline de luxe des têtes blanches

Publié le 1er janvier 2014 dans 2014 par Jacques Duval

En quête d’une clientèle rajeunie avec des modèles comme la CTS et, surtout, l’ATS, Cadillac a, sans trop s’en rendre compte, délaissé ces têtes blanches qui faisaient partie de ses adeptes depuis des lunes et qui constituaient un acquis certain. Ce public, gagné d’avance, est en régression, que ce soit par attrition ou tout simplement parce que l’emblème Cadillac n’a plus tout à fait la même respectabilité qu’avant. On aurait tort cependant de l’ignorer totalement et de ne pas lui servir au moins un échantillon de ces grandes berlines dont il a rêvé toute sa vie. D’où l’entrée en scène de la Cadillac XTS l’an passé?

Celle-ci tente de faire le pont entre ce qu’a été la marque de prestige de General Motors et ce qu’elle entend devenir afin de regagner le terrain perdu au profit de marques étrangères. Pour mieux vous situer, sachez que la XTS succède à la DTS qui passera sans doute à l’histoire comme la dernière des Cadillac à l’ancienne, douce, confortable et silencieuse, mais aussi un peu vacillante dès que le profil de la route se transformait en un serpentin. Elle garde un air de famille en empruntant une silhouette qui donne l’impression d’une grosse CTS, une ressemblance qui s’éteindra sous peu avec le remaniement du modèle intermédiaire de la gamme.

Une petite gêne
Pour vous montrer jusqu’à quel point Cadillac a fait son examen de conscience, il suffit de soulever le capot pour y découvrir non pas un bon gros V8, mais un V6 à injection directe de 3,6 litres se targuant de 304 chevaux. J’ai toutefois une petite gêne en constatant que l’on a affaire d’abord à une traction avant, une solution qui n’a jamais fait bon ménage avec des voitures de ce format. Fort heureusement, on respire mieux en apprenant que l’acheteur peut opter pour la traction intégrale qui est quasi une nécessité au Québec. Notons que ses rivales proposent déjà des hivers tranquilles avec des versions à 4 roues motrices. La XTS mise à l’essai possédait d’ailleurs ce que je considère comme la meilleure police d’assurance à l’apparition des premiers flocons de neige.      

Alors que la tendance est aux transmissions à 7 ou 8 vitesses, cette Cadillac se satisfait d’une seule boite automatique à 6 rapports. On l’appelle « TapShift » pour lui donner un petit caractère exotique. Dans la pratique, ce n’est rien de plus qu’une transmission ordinaire à laquelle on a greffé des palettes derrière le volant permettant de passer les rapports manuellement, un geste pratiquement inutile. Des étriers argentés annoncent la présence de freins Brembo comme certaines sportives de haut rang. Ces derniers sont fortement sollicités par le poids important de la XTS et par un tangage non négligeable lors d’un arrêt d’urgence.

De belles surprises
Un bref inventaire de l’aménagement intérieur nous fait découvrir une excellente habitabilité avec une banquette arrière où les passagers pourront se croiser les jambes tout à loisir. Quant à l’espace pour les bagages, toute la garde-robe de madame et 2 sacs de golf n’auront aucun mal à y trouver place.  

En tenant compte de la vocation de la XTS, il y aurait tout lieu de croire qu’elle préconise le confort et la souplesse avant tout autre critère. Or, la voiture nous a agréablement surpris en matière de tenue de route grâce, sans doute, aux ressources réactives de sa suspension magnétique en provenance de la Corvette. Ajoutons des pneus de 19 pouces et on risque d’être étonné par son adhérence dans les virages. Même la direction se fait apprécier par sa rapidité, bien qu’elle ne soit pas très éloquente sur le coefficient d’adhérence de la chaussée.  

Le moteur n’a pas l’autorité d’un V8, mais il contribue également à l’agrément de conduite sans pour autant réécrire le livre des records avec un 0-100 km/h de 8 secondes. Par contre, l’injection électronique laissait espérer une consommation moins élevée que les 12 litres aux 100 km requis après un trajet ville et route. 

En examinant la voiture à la loupe, on constate que General Motors a eu sa leçon, ce qui se traduit par une hausse notable de la qualité de finition. Ainsi, le tableau de bord revêtu de cuir et de bois ne manque pas de classe et on sent que les matériaux utilisés ailleurs ne sont pas du toc. En version Platine, la Cadillac XTS impressionne encore davantage avec sa pléthore d’accessoires et d’équipements de série. Même le coffre à gants bénéficie d’une commande d’ouverture électrique! Le conducteur d’une XTS nous a toutefois fait part de sa déception sur le manque de fiabilité et la complexité des modules électroniques de ce modèle. Si les sièges passent l’épreuve du confort haut la main, la visibilité, par contre, est lamentable et il faut dire merci à la caméra de recul qui minimise le problème. Bien que les gens de Cadillac se montrent très fiers de leur centre de communication et de connectivité CUE, celui-ci n’est pas très intuitif et exige une longue fréquentation.

La XTS est, finalement, la Cadillac du juste milieu, celle qui ne devrait pas déplaire à la clientèle première de la marque et celle qui affiche des qualités empruntées à la technologie moderne. Une Cadillac de compromis, pourrait-on dire.

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