Scion iM: bonne compacte mais mauvaise étiquette

Publié le 27 août 2015 dans Essais par Frédérick Boucher-Gaulin

Lorsque Toyota lance la marque Scion en 2002, son objectif était clair : elle devait attirer du sang neuf dans ses concessions et injecter un peu de zeste dans une gamme de voitures plutôt morne. Le premier véhicule à porter le nouveau badge fut le sympathique xB, une boîte carrée à l'aspect unique qui a séduit plus d'un acheteur. Ce petit véhicule hyper pratique a rapidement convaincu plus d'un jeune que Scion était la marque idéale pour lui.

Aujourd'hui, la situation a changé. Le xB sera discontinué en 2016, quelques années après une refonte qui n'a pas su soulever le même engouement que pour la première génération. Le coupé tC connaît un certain succès, mais sans plus. Même la sportive FRS n'est pas aussi populaire qu'on l'aimerait, puisque sa compétitrice la plus acharnée est sa jumelle identique (quoiqu'un peu moins cher) la Subaru BRZ.

Lorsqu'est venu le temps de décider du futur de Scion, Toyota avait deux options : soit que la jeune marque serait abandonnée, ou un dernier effort serait tenté pour raviver la flamme.

C'est lors d'un récent voyage à Calgary que j'ai pu faire connaissance avec la Scion iM, qui a le lourd mandat de sauver la branche jeune de Toyota.

Des bases éprouvées
Il faut tout d'abord savoir que la Scion iM n'a pas été créé à partir de rien. Derrière ses pare-chocs agressifs et ses roues stylisées de 17 pouces se cache la Toyota Auris, qui joue le rôle de compacte familiale en Europe et au Japon. Utiliser cette plate-forme avait deux avantages pour Toyota : il s'évitait les problèmes qui viennent toujours avec une toute nouvelle voiture, et il gardait ses coûts au minimum.

En Europe, l’Auris est motorisée par de petits moulins à essence ainsi que par une gamme de diesel. Lors de sa transformation en Scion iM, la compacte a hérité du quatre cylindres de 1,8 litre qu'on utilise ici dans la Corolla ECO. Grâce à la technologie Valvematic (qui change continuellement le rapport air/essence en fonction de la demande en puissance), l'engin développe 137 chevaux et 126 livres-pied de couple dès 4 000 tours/minute. Ces chevaux sont ensuite envoyés aux roues avant par l'entremise d'une boîte manuelle à six vitesses (celle de la Corolla, qui n'est normalement pas disponible dans les versions ECO) ou une transmission CVT dotée d'un mode Sport et de sept rapports simulés.

De beaux atouts
La iM affiche plusieurs caractéristiques susceptibles de la rendre intéressante à une clientèle jeune et dynamique : elle offre une capacité de chargement de 588 litres et cinq places assises (ou deux places et beaucoup plus d'espace), des suspensions arrière à double bras triangulaire qui permettent une conduite sportive, et une gueule moderne grâce à son ensemble de jupes et son aileron arrière venant de série.

De plus, comme tous les modèles Scion, elle n'est proposée qu'en une seule version tout équipée; si vous en voulez plus (la navigation ou encore un chauffe-moteur) il faut aller du côté des accessoires installés en concession. Cette unique version vient cependant avec beaucoup d'équipements de série : la climatisation automatique bizone, la caméra de recul, les miroirs repliables électriquement, six haut-parleurs Pioneer et un écran de 7 pouces commandant le système d'infodivertissement. Finalement, la iM est dotée de huit coussins gonflables de série.

Le pitch sportif hors de la zone des prises
Lors de la présentation de la Scion iM (doublée d'une bande sonore de style dubstep, parce que ça fait jeune!) on nous a maintes fois répété que la compacte était sportive : son moteur est sportif, sa transmission est sportive, même ses suspensions ont dû jouer au football! Néanmoins, sur la route, j'ai rapidement déchanté : entre la pédale d'embrayage au point de friction haut et pratiquement impossible à sentir — n'en étant pourtant pas à ma première boîte manuelle, j’ai calé deux fois dans le stationnement avant de comprendre qu'il ne s'agissait pas d'une transmission de voiture de course — et les 137 chevaux du petit moteur, on se rend compte que ce n’est pas une FRS avec 4 portes et un hayon.

Douceur, silence, confort
Cela n'en fait pas une mauvaise voiture, bien au contraire : la iM (particulièrement le modèle équipé de la boîte CVT) m'a impressionné par sa douceur de roulement, sa stabilité dans les virages (grâce à la suspension arrière indépendante) et le silence de sa cabine même à vitesse d'autoroute. J'ai également beaucoup apprécié le confort et le support latéral des sièges avant, l'ergonomie des commandes et la qualité d'assemblage des matériaux intérieurs; le design du cockpit est aussi très réussi, combinant modernisme et simplicité avec brio.

Mission pas impossible
Scion a des objectifs clairs avec la iM. Dès la première année, la marque projette d’en vendre 4 000 au Canada. Pour ce faire, elle a l'intention d'aller chercher des clients possédant actuellement un modèle concurrent, comme la Hyundai Elantra Touring, la Mazda3 et la Ford Focus à hayon.

Avec son prix de base de 21 165 $ (21 990 $ pour le modèle CVT), son apparence moderne ainsi que son équipement relevé, la iM pourrait bien réussir sa mission. Elle offre aussi la fiabilité qui vient de sa génitrice Toyota, ce qui n'est pas négligeable.

Mais si vous prenez le volant de cette compacte en espérant y trouver un côté sportif selon le discours du constructeur, vous risquez d'être déçu.

Fiche d'évaluation
Modèle à l'essai Scion iM
Version à l'essai Base
Fourchette de prix 21 165 $ – 21 990 $
Prix du modèle à l'essai n.d.
Garantie de base 3 ans/60 000 km
Garantie du groupe motopropulseur 5 ans/100 000 km
Consommation (ville/route/observée) 8,7 / 6,5 / n.d. L/100km
Options n.d.
Modèles concurrents Mazda3, Ford Focus, Hyundai Elantra Touring
Points forts
  • Style moderne
  • Habitacle de qualité
  • Bonne visibilité
  • Beaucoup d'équipements de série
  • Moteur frugal
Points faibles
  • Boite manuelle longue
  • embrayage loin et difficile à percevoir
  • Manque de puissance
Fiche d'appréciation
Consommation 4.0/5 Le moteur de 1,8 litre est très frugal.
Confort 3.5/5 Les sièges sont moelleux et l'insonorisation est impressionnante.
Performances 2.0/5 La puissance est à peine suffisante, et la manuelle n'est pas concue pour offrir des sensations de conduite.
Système multimédia 4.0/5 Les commandes sont bien placées et on ne se perdra pas dans le système d'infodivertissement.
Agrément de conduite 2.0/5 La iM est assez maniable, mais on s'attend à plus d'un véhicule qui est qualifié de sportif par son manufacturier.
Appréciation générale 3.5/5 Prenez place dans la iM en pensant qu'il s'agit d'une honnête compacte spacieuse et vous serez impressionné; si vous laissez le manufacturier vous raconter qu'il s'agit d'une bagnole sportive, vous serez déçu.
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