Ferrari Challenge : Ah! Si j'avais un franc cinquante

Publié le 14 septembre 2015 dans Événements spéciaux par Marc-André Gauthier

Au Grand Prix de Montréal, cette année, les Formules 1 ont partagé la piste avec certes les petites Nissan Micra, dont nous avons fait la couverture, mais aussi avec des voitures qui, sur le moment, m’avaient intrigué.

Il s’agissait de Ferrari 458 modifiées pour la piste. Trois mois plus tard, j’ai eu le plaisir d’assister à l’épreuve de la série Ferrari Challenge qui s’y déroulait.  C’est fascinant que d’entrer dans cet univers de course, de puissance et de raffinement.

La 458 Evo

La série Ferrari Challenge ressemble étrangement à la Coupe Nissan Micra, sur ses principes de base, mais avec des coûts beaucoup plus élevés.

Tout d’abord, parlons voitures. Il s’agit de Ferrari 458 Italia pas mal d’origines, en fait. Sous cette carrosserie, qui avouons-le, est d’un esthétisme exceptionnel, on retrouve la même mécanique que dans la version de route. Il s’agit d’un V8 italien de 4,5 litres, développant 567 chevaux à 9000 trs/min! La puissance est acheminée aux roues arrière grâce à une transmission robotisée à double embrayage de 7 rapports. Fait intéressant, cette transmission a été conçue sur la même base que celle que l’on retrouve dans la Mercedes SLS Amg.

Cela dit, l’essentiel de la voiture est également inchangé. On retrouve les mêmes freins en céramique que sur la version civile de l’automobile, la même direction, et le même système électronique qui fait de son mieux pour ne pas que les pilotes terminent leur course dans le gazon en bordure de piste.

Cependant, ces 458, préparées par des concessionnaires participants, comprennent un groupe dit « Evo » qui les rend illégales sur nos routes. Ce groupe inclut des pneus lisses (ou de pluie-performance), des amortisseurs plus fermes, et un ensemble d’améliorations aérodynamiques, comme un gros aileron. Les petites ailettes que l’on retrouve à l’avant de la voiture civile doivent malheureusement être retirées, les éléments de carrosseries qui se déforment sous la pression de l’air étant proscrits, habituellement, en sport automobile.

L’habitacle de la voiture a été réduit à sa plus simple expression, et on y retrouve une cage de sécurité qui à elle seule réussit à garantir la sécurité des pilotes.

D’ici deux ans, la nouvelle Ferrari 488 GTB devrait remplacer la 458 au sein de cette série, elle qui avec ses 661 chevaux-vapeur issus d’un moteur biturbo devrait contribuer à rehausser le spectacle.

Le conducteur gentilhomme et la voiture en piste

Cette série se compose de pilotes amateurs, fortunés, ayant décidé d’investir une somme considérable afin de faire l’acquisition d’une 458 auprès d’un concessionnaire participant, de faire modifier cette 458, de payer les frais d’inscription aux épreuves, ainsi que de faire voyager toute une équipe d’ingénieurs avec la voiture aux diverses courses de la saison, qui peuvent se dérouler partout en Amérique du Nord. C’est au bon vouloir des pilotes de se faire commanditer, ou non.

Heureusement, ils comptent toutefois sur un appui sans failles de Ferrari, présente à toutes les courses avec une équipe de spécialistes et avec des magasins de pièces et de pneus pour effectuer les couteuses réparations, si nécessaires. Les concessionnaires participants, aussi, sont d’une grande générosité, fournissant habituellement l’équipe et le transport. Mais bon, tout se négocie.

Quant aux pilotes, la série ne souhaite pas attirer de pilotes professionnels, histoire que la compétition reste amicale, d’autant plus qu’aucune bourse n’est remise aux gagnants. Malgré tout, pour y participer, il faut démontrer certaines habiletés, habituellement garanties par la prise de quelques leçons de pilotage.

Comment cette Ferrari presque d’origine se comporte-t-elle en piste? Le simple ajout de pneus lisses sur la voiture fait une énorme différence, tandis que l’aérodynamisme accru ainsi que la suspension contribuent à améliorer la force latérale que la voiture peut encaisser dans les virages.

Pour avoir eu droit à quelques tours de piste dans le siège du passager, je dois dire, en toute objectivité, que l’on voit bel et bien une différence, ne serait-ce que par la vitesse à laquelle cette 458 Evo prend les virages. Sinon, le fait que la mécanique d’origine tienne le stress d’une course démontre bien qu’à la base, Ferrari ne construit pas seulement des bibelots.

Pour finir, je dirais que le spectacle est intéressant, et mélodique, puisque côté sonorité de moteur, les Italiens ont encore une bonne longueur d’avance. Ah! Si j’avais les moyens…

Merci à Guillaume Fournier Photographie pour l'aide. 
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