Subaru Crosstrek 2016 : une autre journée au bureau

Publié le 2 décembre 2015 dans Premiers contacts par Michel Deslauriers

Il y a une vingtaine d’années, Subaru a créé l’Outback en greffant des contours d’ailes enflées et une suspension relevée à la Legacy familiale. Les consommateurs ont adoré l’idée, et sa popularité a poussé le constructeur à concevoir l’Outback Sport, un modèle plus petit, basé sur l’Impreza.

Celui-ci n’a pas connu une carrière aussi glorieuse, mais Subaru n’a pas abandonné la recette originale. Il a simplement corrigé le tir en créant le XV Crosstrek, avec une personnalité quelque peu différente de l’Outback, mais qui affiche elle aussi une allure robuste et aventurière. Lancé pour l’année-modèle 2013, le XV Crosstrek a rapidement trouvé son lot d’acheteurs, et au Canada, il talonne l’Impreza et l’Outback au chapitre des ventes. Avait-il alors besoin d’améliorations?

Oui, mais pas tant que ça.

Deux lettres de moins
Le 2016 Subaru Crosstrek s’offre un rafraîchissement, question de rester moderne et bien équipé vis-à-vis la concurrence. Et des rivaux, il en pleut, puisque le Crosstrek n’a pas de concurrents directs, mais chevauche à la fois les catégories des voitures compactes à hayon, des VUS sous-compacts et des VUS compacts. Bref, il cherche à jouer dans les plates-bandes de tout le monde, et selon Subaru, il est parvenu à soutirer des clients de ses adversaires, surtout dans le cas de Toyota, Honda et Ford.

Vous avez peut-être constaté que les lettres XV dans son nom ont disparu. Chez Subaru, on s’est rendu compte que le nom Crosstrek suffirait désormais à l’identifier.

Visuellement, il est difficile de remarquer les changements cosmétiques par rapport à l’édition de l’an dernier. Le Crosstrek 2016 bénéficie d’un nouveau pare-chocs avant, d’une calandre retouchée, de blocs optiques sans encadrement noirci et sur les finitions de base et Sport, de nouvelles jantes en alliage. Et si vous apercevez un Crosstrek peint bleu ciel, une couleur plus précisément intitulée Bleu hyper, il s’agit inévitablement d’un modèle 2016.

Dans l’habitacle, on a apposé de nouvelles garnitures sur le tableau de bord et un volant doté de commandes auxiliaires repositionnées. Les accoudoirs sont plus spongieux pour un meilleur confort, et des surpiqûres orange parsèment maintenant la cabine, peu importe la couleur de la carrosserie. Tout cela s’ajoute aux changements déjà apportés à l’édition 2015, qui incluaient des systèmes d’infodivertissement à écran tactile et, en option, une suite d’aides électroniques à la conduite sécuritaire baptisée EyeSight.

Hors des sentiers battus
Mécaniquement, le Subaru Crosstrek 2016 demeure inchangé. Il est toujours équipé d’un quatre cylindres de 2,0 litres qui produit 148 chevaux et un couple de 145 livres-pied, assorti d’une boîte manuelle à cinq rapports ou d’une automatique optionnelle à variation continue. Bien sûr, le rouage intégral à prise constante de Subaru vient de série.

La garde au sol de 220 mm du Crosstrek contribue à lui conférer son allure athlétique. Quelques rivaux proposent un dégagement aussi élevé ou presque, comme le Jeep Renegade Trailhawk et le Mitsubishi RVR, par exemple. Toutefois, les nouveaux joueurs de la catégorie des multisegments urbains, les Mazda CX-3 et Honda HR-V, ne peuvent théoriquement s’aventurer hors des sentiers battus aussi habilement que le Subaru. Le Crosstrek peut également remorquer une charge maximale de 608 kg (1 500 lb).

Sur la route asphaltée, le Crosstrek adopte un bon comportement routier, malgré son centre de gravité plus élevé. Sans être foudroyantes, les performances fournies par sa motorisation sont adéquates pour le gabarit et la mission du véhicule, et en dépit du rouage intégral, sa consommation d’essence est agréablement basse. Au cours de notre essai, incluant un mélange d’autoroutes, de chemins de campagne et de quelques détours dans le bois, l’ordinateur de bord affichait une moyenne de 8,5 l/100 km.

Une déception pour le Crosstrek, et pour l’Impreza, c’est que sa boîte manuelle n’a que cinq rapports. Un sixième rapport permettrait de baisser le régime moteur à haute vitesse : sur l’autoroute, le quatre cylindres franchit fréquemment la barre des 3 000 tr/min, et à partir de là, il devient un peu bruyant. C’est surtout dommage pour les acheteurs de Subaru au Québec, qui comptent pour 30 % des clients canadiens de la marque, et qui aiment bien changer leurs rapports eux-mêmes. Selon Subaru, 15 à 20 % des propriétaires de Crosstrek choisissent actuellement la boîte manuelle.

Heureusement, la boîte automatique à variation continue fonctionne très bien, et lors des accélérations à plein régime, elle simule même des changements de rapport afin de ne pas laisser le moteur crier à tue-tête. On retrouve même des sélecteurs montés au volant, mais le mode manuel pour passer les rapports n’est pas des plus réactifs.

La version hybride du Crosstrek est toujours offerte en 2016. Son moteur quatre cylindres est épaulé par un moulin électrique de 13,4 chevaux, mais le gain marginal en économie d’essence ne sera notable qu’en conduite urbaine. Moins de 5 % des acheteurs optent pour la motorisation hybride, ce qui n’est pas surprenant.

Logeable, mais pas trop
La polyvalence du Crosstrek est indéniable, et c’est un de ses points forts. On peut facilement abaisser les dossiers arrière pour bénéficier d’un plus grand espace de chargement, attacher des supports à vélo ou des kayaks sur les longerons de toit, et partir à l’aventure.

En revanche, l’espace pour les passagers arrière n’est pas des plus généreux, et le volume de chargement ne peut rivaliser avec celui de certains VUS compacts comme le Toyota RAV4 et le Honda CR-V. Le format du Crosstrek conviendra davantage aux couples, jeunes ou moins jeunes, qui veulent sortir de la ville durant la fin de semaine, qu’aux jeunes familles ayant besoin d’espace pour les enfants et leur attirail.

En somme, c’est une autre journée au bureau pour le Subaru Crosstrek 2016. Il n’a subi que peu de changements, mais une refonte totale n’était pas nécessaire. Du moins, pour l’instant. De plus, il conserve son intéressante fourchette de prix, soit de 24 995 $ à 31 895 $ avant les frais de transport et de préparation.

Fiche d'évaluation
Modèle à l'essai Subaru Crosstrek
Version à l'essai Sport
Fourchette de prix 24 995 $ – 30 695 $
Prix du modèle à l'essai 26 995 $
Garantie de base 3 ans/60 000 km
Garantie du groupe motopropulseur 5 ans/100 000 km
Consommation (ville/route/observée) 9,1 / 7,0 / 8,5 L/100km
Options n.d.
Modèles concurrents Buick Encore, Chevrolet Trax, Fiat 500X, Honda HR-V, Jeep Renegade, Kia Soul, Mazda CX-3, MINI Countryman, MINI Paceman, Nissan Juke, Scion xB
Points forts
  • Allure robuste
  • Belle polyvalence
  • Habile hors route et sur la neige
Points faibles
  • Boîte manuelle profiterait d’un sixième rapport
  • Moteur bruyant à haut régime
  • Pas aussi logeable que certains rivaux
Fiche d'appréciation
Consommation 4.0/5 Surprenante, compte tenu de son rouage intégral à prise constante
Confort 3.5/5 Bon soutien des sièges, manque un peu d’espace à l’arrière
Performances 3.0/5 Adéquates pour la mission du véhicule
Système multimédia 3.5/5 Fonctionne bien, avec un écran tactile réactif
Agrément de conduite 3.0/5 Dynamique, mais pas trop. Convient parfaitement aux consommateurs de VUS compacts
Appréciation générale 4.0/5 Joli, pratique et abordable, le Crosstrek poursuit son travail de séduction
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