BMW i3 2015 : la voiture du futur au goût du jour

Publié le 20 janvier 2016 dans Essais par Michel Deslauriers

Un jour, les voitures électriques seront vendues dans une foule de formes et de dimensions, et les gens qui les conduiront ne chercheront probablement pas à faire étalage de leur choix écologique. Par contre, aujourd’hui, si l’on se glisse derrière le volant d’un véhicule électrique, on se fait remarquer. Surtout dans le cas de la BMW i3 2015, une voiture donnant un aperçu de la conduite de demain, mais adaptée aux besoins actuels.

Ces besoins incluent le sentiment de ne pas être limité à une autonomie précise, et qu’une voiture puisse continuer à nous mener aussi loin qu’on le désire. C’est ce qu’offre la i3, à condition d’opter pour le prolongateur d’autonomie.

Mi-voiture, mi-moto
La i3 est équipée d’un moteur électrique produisant 170 chevaux et un couple de 184 lb-pi, un rouage à propulsion et une boîte automatique à un simple rapport. La voiture accélère avec vigueur dans la circulation urbaine, et peut fusionner dans le trafic d’autoroute sans s’essouffler. BMW estime l’autonomie entre 130 et 160 km, selon nos habitudes de conduite et la vitesse à laquelle on roule. La i3 a besoin d’au plus six heures pour être chargée à bloc avec une prise de 240 V.

Le prolongateur d’autonomie est en réalité une génératrice montée à bord, procurant de l’énergie aux blocs batteries qui doit continuer à alimenter le moteur électrique. La génératrice en question est un bicylindre de 647 cc  emprunté à la division des motos BMW Motorrad — qui développe 38 chevaux et qui est logé sur l’essai arrière, à côté du moteur électrique. Lorsque les batteries ont atteint leur niveau minimal de charge, le moteur à essence s’active, et on l’entend se mettre en marche alors qu’il s’efforce de produire de l’énergie. En principe, il procure une autonomie supplémentaire si l’on a épuisé les batteries avant d’arriver à destination.

Par contre, le moteur de motocyclette comprend aussi un minuscule réservoir de 7,3 litres, et l’autonomie additionnelle n’est que d’environ 100 km (fait cocasse : le réservoir du scooter BMW C650GT est deux fois plus gros!). En roulant avec le prolongateur d’autonomie en marche, on a observé une consommation approximative de 7,0 l/100 km, ou l’économie d’une voiture sous-compacte. Le moteur bicylindre est disponible « au cas où », mais le compromis est un poids plus élevé (123 kg) et des coûts d’entretien supplémentaires à long terme – ainsi qu’un prix plus élevé de 4 000 $ par rapport au PDSF de base (45 300 $) de la BMW i3 2015.

Qui a besoin du prolongateur d’autonomie? En théorie, personne. Voyez-vous, si notre trajet quotidien s’étend à plus de 100 km sans avoir accès à une borne de recharge ailleurs qu’à la maison, une i3 n’est peut-être pas la meilleure solution. Moi qui croyais que très peu d’acheteurs ajoutaient le moteur à essence à leur i3, mais selon BMW Canada, environ 77 % l’achète. L’anxiété de l’autonomie est bien vivante.

Dans mon cas, mon trajet pour me rendre au travail comprend une longue portion d’autoroute, et plus vite on roule, plus l’autonomie chute rapidement. Le mieux que j’aie pu faire, c’est un parcours de 95 km avec une pleine charge à bord de la BMW i3 2015. Se limiter à des trajets urbains et les alentours représente évidemment la meilleure option pour maximiser l’autonomie.

Plaisante à conduire
La i3 propose une expérience de conduite peu conventionnelle, mais aussi quelque peu différente par rapport aux autres voitures électriques que l’on a essayées. La régénération d’énergie appliquée lorsque l’on relâche l’accélérateur est assez agressive, et l’auto ralentit au lieu de simplement descendre en roue libre. Après un peu de pratique et d’anticipation, on peut conduire sans même toucher aux freins. La direction vive de la voiture se marie bien avec la philosophie de conduite dynamique de l’entreprise.

Par son design, la i3 a l’air petite, mais en réalité, elle propose l’espace intérieur d’une compacte, grâce à sa ligne de toit élevée. Quatre adultes s’y installeront en tout confort, et accéder aux places arrière n’est pas difficile du tout. Par contre, les sièges au mince rembourrage ne sont pas idéaux pour les longues randonnées... Les dossiers arrière peuvent se rabattre pour totaliser 1 100 litres d’espace de chargement, alors que le coffre de 260 litres suffit pour faire les courses.

Le design intérieur minimaliste offre trois décors différents, ou ce que la marque appelle des « espaces ». Le plus intéressant, c’est l’espace Lounge qui agence une laine grise avec des insertions de cuir épice. Les boiseries, les panneaux intérieurs en fibre de coton et l’instrumentation — basique, mais sophistiquée — créent une ambiance élémentaire et élégante.

Payer le prix
Notre i3 à l’essai était également pourvue de l’ensemble Technologie. Ce dernier regroupe une chaîne audio Harman Kardon, une connectivité BMW Online, un régulateur de vitesse adaptatif et un avertissement précollision. En ajoutant le prolongateur d’autonomie, l’espace Lounge et une prise de recharge rapide, on se retrouve avec une bagnole à batteries de 56 000 $.

Le vaut-elle? Personnellement, pour vivre pleinement l’expérience d’un véhicule électrique sans dépasser mon budget, j’éviterais toutes les options sauf la prise de recharge rapide. La facture plus élevée par rapport à celle de la Nissan LEAF nous donne de meilleures performances et tenue de route, plus de style, mais une autonomie moins grande. De façon discutable, la i3 est un choix plus attirant que la Ford Focus électrique légèrement moins chère, qui a toutefois l’air d’une Focus à 20 k$. Le PDSF de la i3 comprend également un accès à des modèles BMW conventionnels quelques fois par année, si jamais on prévoit faire un long voyage sur la route.

Simplement, la BMW i3 est à la fois une voiture à la mode et une expression de notre désir de consommer intelligemment. Si l’on peut vivre avec une autonomie se situant dans la moyenne, c’est le véhicule électrique le plus amusant à conduire et qui ne porte pas un écusson Tesla.

Fiche d'évaluation
Modèle à l'essai BMW i3
Version à l'essai Range Extender
Fourchette de prix 44 950 $ – 48 950 $
Prix du modèle à l'essai 48 950 $
Garantie de base 4 ans/80 000 km
Garantie du groupe motopropulseur 4 ans/80 000 km
Consommation (ville/route/observée) n.d. / n.d. / 7,0 L/100km
Options n.d.
Modèles concurrents Chevrolet Spark, Mitsubishi i-MIEV, smart Fortwo
Points forts
  • Style distinctif
  • Design de l’habitacle attrayant
  • Amusante à conduire
Points faibles
  • Autonomie moyenne
  • Réservoir d’essence minuscule avec l’option du prolongateur d’autonomie
  • Sièges offrant peu de soutien pour les longues randonnées
Fiche d'appréciation
Consommation 4.5/5 Pas besoin d’essence évidemment, mais le moteur du prolongateur d’autonomie consomme environ 7,0 l/100 km
Confort 3.5/5 Plus qu’assez d’espace pour quatre, et les sièges avant sont minces, alors les longs trajets et les embouteillages peuvent devenir fatigants
Performances 3.5/5 Les accélérations sont vives, la direction est communicative
Système multimédia 4.0/5 Le système iDrive est simple à utiliser, malgré l’absence d’un écran tactile
Agrément de conduite 3.5/5 L’ADN dynamique de la marque est bien présent
Appréciation générale 4.0/5 Éliminer notre dépendance au pétrole, avec du style
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