Toyota Sequoia, rambo en complet cravate

Publié le 28 janvier 2006 dans 2006 par Alain Morin

Le séquoia est le plus grand arbre au monde. On l’appelle aussi Redwood et cette espèce est présentement en danger. Cette arboricole entrée en matière nous amène au Toyota Sequoia qui n’est pas le plus grand VUS au monde. Les Hummer et autres Chevrolet Suburban lui volent cet insigne honneur. Et non, cette espèce mécanique n’est pas en danger ! Au contraire. Malgré les cours du pétrole qui montent sans cesse, malgré les écologistes qu’il faudrait commencer à écouter, malgré la logique pure et simple, le Sequoia et compagnie se vend très bien.

Au Canada, le Sequoia est le plus gros véhicule offert par Toyota. Au sud du 45e parallèle, le Sequoia s’insère entre l’immense Land Cruiser, qui s’appelle Lexus LX470 ici, et le « petit » 4Runner. En 2001, lorsque vint le temps de créer un gros VUS, Toyota n’a pas eu à chercher bien loin. Le châssis provient de la camionnette Tundra et les deux véhicules se partagent la même mécanique. Mais le Tundra de l’époque n’était pas aussi imposant qu’aujourd’hui, et son châssis moins large donne au Sequoia des allures de chapelle ambulante (il est à peine plus large que haut !) Cette étroitesse réduit nécessairement l’espace pour les occupants, mais ils ont suffisamment de dégagement sur les autres axes pour ne pas se plaindre ! Et le véhicule se fait imposant, surtout dans la circulation urbaine. C’est tout ce que les Américains désirent et ce que les Américains désirent, les Canadiens l’obtiennent… qu’ils le veuillent ou non ! D’ailleurs, il est bon de préciser que le Sequoia est conçu pour les Américains par des Américains à Princeton en Indiana.

Sur le marché depuis six années, Toyota n’a jamais oublié de peaufiner son Sequoia. L’an dernier, il recevait un nouveau moteur, un V8 de 4,7 litres pompant 282 chevaux et un couple de 325 livres-pied de couple. Ce moteur, très raffiné, propose des accélérations musclées et ne s’essouffle jamais. On peut cependant lui reprocher ses 14,5 litres aux cent kilomètres (si on demeure poli avec l’accélérateur), mais il ne faut pas oublier qu’il doit traîner une carcasse de plus de 2 400 kilos dans le cas du modèle Limited. La transmission automatique égrène ses cinq rapports avec une douceur émouvante. Les aventuriers seront ravis d’apprendre que ses capacités hors route sont carrément surprenantes. Cette propulsion se transforme en quatre roues motrices sans même avoir besoin d’être stoppée. De plus, on retrouve les modes 4hi et 4lo si chers aux grands explorateurs. Comme si ce n’était pas assez, le différentiel central peut être verrouillé et une panoplie d’aides électroniques ajoute au potentiel du Sequoia. Mentionnons enfin la garde au sol très élevée (21,6 cm). Mais puisque 95% (estimation personnelle mais sans doute pas loin de la vérité) des quelques Sequoia vendus ne mettront jamais le pneu ailleurs que sur le bitume, on se demande à quoi servent ces capacités herculéennes. C’est comme si on me donnait l’ordinateur le plus puissant de la NASA pour écrire mes textes sur Word ! Enfin, précisons que le Sequoia peut remorquer jusqu’à 2 812 kilos (6 200 livres), ce qui le place dans la catégorie des Monsieurs avec un « M » majuscule !

C’est sur la route que le Sequoia se démarque le plus. La souplesse de son moteur, la solidité méga cubique (une expression entendue dans une conversation d’ados !) du châssis et le silence de l’habitacle impressionnent à coup sûr. Bien entendu, les aptitudes sportives sont nulles et la première courbe négociée un tantinet rapidement devrait ralentir les ardeurs des plus irréductibles. Le poids imposant de l’arbre de Toyota se ressent surtout lors d’un freinage énergique. Ça freine bien malgré tout mais on sent que ça pousse. Bien que le Sequoia soit bâti sur le châssis d’une camionnette, les ingénieurs de Toyota ont réussi à lui donner une suspension arrière indépendante, beaucoup plus stable lorsque la chaussée se dégrade. Cette attention est particulièrement appréciée ici au Québec…

Le confort est tout simplement royal pour les huit occupants du modèle SR5 et pour les sept du Limited. Cette différence s’explique par le fait que la banquette de deuxième rangée du SR5 est remplacée par des sièges-capitaine et une console très pratique dans la version Limited. Dans les deux cas, l’accès aux places de la troisième rangée relève de l’escalade pure et simple et cette banquette ne doit servir qu’en situation de dépannage. Le tableau de bord, avec des commandes regroupées dans un module de forme ovoïde, est d’un terne rarement égalé dans l’industrie automobile. Mais comme sur tout produit Toyota qui se respecte, les différentes commandes tombent sous la main et ne sont pas complexes à comprendre ou à manipuler tandis que les jauges se consultent aisément. Bien entendu, la qualité de la finition et de l’assemblage ferait rougir un moine et les craquements sont inexistants, même après plusieurs dizaines de milliers de kilomètres. Remarquez que c’est la moindre des choses dans un véhicule dont le prix de base se situe aux alentours de 60 000 $ ! La livrée Limited, elle se détaille environ 66 000 $. Mais il faut admettre que la compétition est féroce et que les prix s’« équipollent » comme disait mon grand-père.

Aussi inutile puisse-t-il paraître, le Sequoia répond à une demande. Les gens presque fortunés à la recherche d’un véhicule fiable, capable de tirer une maison ou d’affronter les situations routières les plus pénibles dans un confort relevé doivent impérativement se tourner vers le Sequoia. Pour ces consommateurs, la consommation d’essence vient sans doute en 87e position dans leur échelle des valeurs ! Parlant de valeur, celle de revente pour le Sequoia est passablement élevée, ce qui justifie amplement son achat.

Feu vert

Moteur moderne et performant
Châssis très robuste
Capacités hors route étonnantes
Assemblage parfait
Confort assuré

Feu rouge

Consommation d’alcoolique
Siège de 3e rangée incompétent
Prix élevé
Conduite sportive à éviter
Dimensions importantes

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