Lexus IS 2016: Plus luxe que sport

Publié le 1er janvier 2016 dans 2016 par Gabriel Gélinas

Chez la marque Lexus, la toute première IS, lancée au Japon en 1998 et en Amérique du Nord en 2001, a eu un parcours semblable à celui d’une comète. Elle est arrivée sans crier gare, prenant un peu tout le monde par surprise et faisant preuve de performances insoupçonnées. Lexus avait décidé d’émuler parfaitement la BMW Série 3, la référence de la catégorie à l’époque, en poussant même l’audace de développer un moteur six cylindres en ligne, configuration typique des moteurs du constructeur bavarois. Le problème c’est que, toujours comme une comète, ce modèle est disparu dans l’espace intersidéral pour être remplacé par une voiture de deuxième génération plus conventionnelle dont la vocation sportive était nettement diluée.

Aujourd’hui, la marque Lexus est reconnue pour sa fiabilité, sa qualité d’assemblage, sa valeur de revente et son cachet luxe, mais pas vraiment pour l’agrément de conduite, la dynamique ou les performances. Des critères où les modèles de la marque accusent souvent un retrait marqué par rapport aux rivales allemandes établies. Afin de contrer cette perception, et surtout afin de faire des conquêtes auprès d’automobilistes qui ne jurent que par les Audi, BMW, Mercedes-Benz et autres taillées sur mesure pour l’Autobahn, Lexus se doit d’insuffler un peu de passion et d’âme dans ses voitures, ce qui s’avère toutefois plus facile à dire qu’à faire.

Un look audacieux

Avec sa calandre surdimensionnée en forme de sablier, la troisième génération de cette berline sport de Lexus annonce clairement ses intentions sportives, mais cet élément de design s’avère aussi très polarisant. Certaines personnes l’aiment beaucoup, d’autres pas du tout. En prenant place à bord, on constate rapidement que c’est le look « cockpit » qui a été privilégié par les concepteurs, particulièrement dans le cas des modèles F Sport, avec l’adoption d’un volant sport bien dessiné, de sièges moulants et d’un pédalier en alu. Ajoutez une sellerie de cuir rouge et l’effet est probant.

La console centrale est large, séparant le conducteur et le passager, et c’est à cet endroit que l’on retrouve le contrôleur Remote Touch qui permet d’interagir avec le système d’infodivertissement en reprenant le principe d’une souris d’ordinateur. Le problème c’est qu’une souris d’ordinateur est plus facile à manipuler sur un bureau que le pavé surélevé de Lexus peut l’être lorsque le véhicule est en mouvement, ce qui est vraiment déroutant et frustrant.

Le modèle IS F animé par un V8 de 5,0 litres et 416 chevaux ayant été retiré du catalogue, c’est l’IS 350 F Sport qui reprend le flambeau de la performance en configuration propulsion ou intégrale. Le premier problème c’est que l’IS n’est pas livrable avec une boîte manuelle, l’automatique étant la seule transmission disponible ce qui ne cadre pas parfaitement avec la vocation de berline sport. Le second problème c’est que la boîte automatique est parfois peu réactive et que les systèmes électroniques d’aide à la conduite réagissent un peu trop rapidement, ce qui vient gommer un peu les sensations en conduite sportive. 

La IS250 et son moteur V6 de 2,5 litres et 204 chevaux disparaît de la gamme pour 2016, ce modèle étant remplacé par la IS200t qui est animée par le moteur quatre cylindres de 2,0 litres turbocompressé qui a fait ses débuts sous le capot du multisegment NX200t. La IS est bien évidemment une candidate toute désignée pour adopter ce moteur suralimenté qui permet à Lexus d’établir une certaine parité avec les marques Audi, BMW, Cadillac, et plusieurs autres dont l’offre comprend des moteurs quatre cylindres turbocompressés pour les modèles concurrents à la IS. De plus, l’adoption du moteur quatre cylindres suralimenté assure une certaine réduction de la consommation et des émissions polluantes, ce qui demeure un enjeu crucial pour tous les constructeurs devant se conformer à des normes qui sont toujours de plus en plus strictes sur ces deux fronts. Et puis, le poids d’un quatre cylindres étant généralement moins élevé que celui d’un V6, les dynamiques de conduite devraient s’en retrouver améliorées d’autant. Peut-être qu’ainsi motorisée, la IS aura enfin accès à la sportivité tant désirée…

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