BMW M2 2016 : le bonheur est dans les petites choses…

Publié le 15 août 2016 dans Essais par Alain Morin

Chez BMW, la division M représente le sport automobile dans sa plus pure expression. Plus pure expression pour des voitures de route, s’entend. On oublie les pneus lisses des voitures de course ou les habitacles dépourvus de tout luxe (sans climatiseur, radio, beau petit suède ici et là, etc.). Néanmoins, les ingénieurs de la division M amènent les voitures de route le plus près possible des voitures de course. Et la M2 est sans doute celle qui représente le mieux cette philosophie.

Il convient ici de mentionner que la Série 2 de BMW est constituée d’un coupé et d’un cabriolet. À la base, on retrouve en 2016 la 228i, propulsion ou intégrale, avec son quatre cylindres 2,0 litres de 241 chevaux. Ensuite, il y a la M235i qui, même si elle porte le préfixe M, n’est pas une vraie M. Elle a des éléments de la M2, pas la mécanique. Avec tous les versions intermédiaires, la Série 2 se décline en… 15 variantes! Pas mal pour un véhicule qui s’est vendu à 1 703 unités l’an dernier au Canada!

La M2 se distingue de ses consœurs surtout par ses ouïes avant plus grandes, ses passages de roue élargis et sa partie inférieure arrière plus dynamique. L’habitacle se démarque moins, malgré quelques badges M, de jolies surpiqûres bleues et des sièges qui m’ont semblé plus galbés, ce qui améliore le maintien en courbe. Ces sièges avant sont très confortables, mais les personnes au gabarit imposant pourraient ne pas apprécier. Les sièges situés à l’arrière sont plutôt décoratifs, mais peuvent dépanner à l’occasion. De toute façon, dans une telle voiture, c’est à l’avant, de préférence à gauche, que l’on veut être!

Photo: Marie-France Rock

Bijou mécanique
Dès que l’on pèse sur le bouton Start/Stop, il est évident que l’on a affaire à quelque chose de sérieux. Le six cylindres en ligne de 3,0 litres turbocompressé développe la bagatelle de 365 chevaux ainsi que 343 livres-pied entre 1 400 et 5 560 tours/minute. Comme la M2 ne pèse même pas 1 600 kilos, on est en droit de s’attendre à des performances de très haut niveau. Le 0-100 km/h est l’affaire de 4,8 secondes, ce qui est certes rapide, mais pas impressionnant pour ce type de voitures. Une reprise entre 80 et 120 km/h, par contre, ne prend que 2,9 secondes. Et tout ça, dans une envolée musicale d’une belle intensité. Qui peut toutefois devenir agaçante à la longue, à vitesse de croisière.

La boîte automatique à sept rapports est un modèle d’efficacité et sait toujours trouver le bon rapport, au bon moment. Je n’ai pas fait l’essai d’une M2 à boîte manuelle, cependant, j’ose croire que cette dernière, tout en étant moins efficace, est encore plus agréable à utiliser. Lors de nos essais, nous avons obtenu une moyenne de 11,8 l/100 km, ce qui représente la cote avancée par BMW pour une conduite urbaine. Compte tenu du plaisir que procure la motorisation de la M2, cette consommation est très correcte!

Puisque la M2 colle à la route comme si elle y était vissée, on se surprend toujours à passer les courbes plus rapidement. Jouissif! Les suspensions très dures, même en mode Confort, n’autorisent aucun roulis et les larges Michelin Pilot Super Sport 245/35ZR19 à l’avant et 265/35ZR19 à l’arrière assurent un contact permanent avec la route. De tels pneus ont généralement tendance à suivre le moindre cheveu sur le bitume mais, dans le cas de la M2, ce comportement n’est pas très dérangeant.

N’essayez pas cela à la maison
Pour les besoins du match comparatif des sportives du Guide de l’auto 2017, nous avons confié notre exemplaire aux bons soins de Franck Kirchoff de Mécaglisse. Le propriétaire de cette superbe piste, située à Notre-Dame-de-la-Merci, est un pilote aguerri et peut vraiment pousser une telle voiture dans ses derniers retranchements. Il nous a confié que sa direction était très précise mais que les freins manquaient un peu de feedback. Puisqu’il s’agit d’une voiture sport, il est possible de désactiver tous les systèmes, ce qui plaît toujours à celui ou celle qui aime bien sentir les limites de sa monture.

Or, la M2 n’est pas destinée à des pilotes débutants. Elle sous-vire de façon très neutre, mais peut rapidement devenir survireuse si l’on pousse trop. L’arrière, passablement léger lorsque la voiture est à la limite de l’adhérence, peut décrocher subitement. Il faut donc être rapide avec le contre-braquage.

Photo: BMW AG

Sur la route, la M2 a les qualités et défauts de la Série 2 traditionnelle. La visibilité arrière est mauvaise, les espaces de rangement sont à peu près nuls, l’habitacle est exigu, le levier de vitesses ne possède pas de position « P » (il faut arrêter le moteur pour que la boîte se place sur ce mode), et le système multimédia demande un certain temps d’adaptation. D’un autre côté, les coûts d’entretien promettent de défoncer les budgets les plus élevés. Parlant de $, payer plus de 60 000 $ pour une voiture plus petite qu’une Honda Civic peut paraître beaucoup pour qui l’automobile n’est qu’un moyen de transport. Pour les autres, c’est une aubaine.

La Série 2 est la plus petite des BMW et la M2 est sans doute la M la plus réussie de la gamme. Avec cette petite sportive, un simple aller-retour au dépanneur devient une aventure. Dernier point : inutile de composer avec les limites d’une telle voiture. Il faut d’abord apprendre à composer avec ses propres limites…

Fiche d'évaluation
Modèle à l'essai BMW Série 2
Version à l'essai M2 Coupe
Fourchette de prix 41 000 $ – 61 000 $
Prix du modèle à l'essai 64 900 $
Garantie de base 4 ans/80 000 km
Garantie du groupe motopropulseur 4 ans/80 000 km
Consommation (ville/route/observée) 11,8 / 6,7 / 11,8 L/100km
Options n.d.
Modèles concurrents Chevrolet Camaro, Dodge Challenger, Ford Mustang, Infiniti Q60, Nissan 370Z
Points forts
  • Motorisation d'anthologie
  • Excellent rapport poids/puissance
  • Tenue de route superlative
  • Direction parfaite
  • Futur classique assuré
Points faibles
  • Style extérieur plus ou moins apprécié
  • Habitacle restreint
  • Peut être délicate à conduire à la limite
  • Coûts d'entretien démentiels
  • Confort très relatif sur mauvaise route
Fiche d'appréciation
Consommation 4.0/5 On n'achète pas une M2 pour sa consommation (d'essence super) mais, compte tenu de la puissance, elle est très correcte.
Confort 2.0/5 On n'achète pas une M2 pour son confort
Performances 4.5/5 On achète une M2 pour ses performances... et on n'est pas déçu!
Système multimédia 3.5/5 On n'achète pas une M2 pour son système multimédia. Qui s'est tout de même amélioré depuis quelques années, sans atteindre le degré de facilité de celui de Fiat Chrysler, entre atures.
Agrément de conduite 5.0/5 On achète une M2 exactement pour ça!
Appréciation générale 4.5/5 On achète une M2.
Commentaires
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