Toyota Sequoia 2017: Autres temps, autres mœurs

Publié le 1er janvier 2017 dans 2017 par Alain Morin

La tendance est au vert. La mode est aux hybrides rechargeables et aux autos électriques. Les voitures mues par des moteurs plus conventionnels deviennent, lentement mais sûrement, moins goinfres et rejettent moins d’émissions nocives grâce, entre autres, à la turbocompression et une foule d’autres astuces. Les temps changent…

Comme chaque mouvement de société, ce tournant vert n’est pas pris à la même vitesse, ni avec le même enthousiasme, par tous les véhicules. Même chez Toyota qui a fait de l’hybridation son cheval de bataille, il reste des irréductibles du carburant fossile.

Période d’entraînement requise

Parmi ces objets roulants à contresens, le Toyota Sequoia fait figure dominante. D’abord par ses dimensions. Dire qu’il est gros ne rendrait aucunement justice à la réalité. Il est immense. Bonne chance à quiconque veut déblayer son toit après une bordée de neige! Pour le stationner comme il faut, il est préférable d’avoir appris à reculer avec une remorque de 53 pieds.

L’habitacle du Sequoia, on s’en doute, est du même acabit que l’enveloppe extérieure. Si le conducteur et son passager avant se touchent du coude, c’est assurément davantage grâce à une attirance physique que par manque d’espace! On est dans le domaine du camion et ça paraît, ne serait-ce que par la présence de certains plastiques assez ordinaires, merci. Les jauges et les commandes sont surdimensionnées tout comme les nombreux espaces de rangement.

Les sièges avant sont confortables et dessinés pour supporter les « formats américains ». D’ailleurs, on serait porté à croire que la seule raison pour laquelle le Sequoia est offert au Canada c’est qu’il connaît du succès aux États-Unis, pays où la démesure fait partie du quotidien. Or, il n’en est rien. L’an dernier, il s’est écoulé à peine plus de 12 000 Sequoia au sud du 45e parallèle. Au nord, on parle de 663. Et de 71 au Québec.

Directement du jurassique

Un véhicule pesant plus de 2 700 kilos a besoin d’un moteur à l’avenant pour assurer ses déplacements. Il y a quelques années, Toyota offrait un V8 de 4,6 litres de 310 pauvres petits chevaux. Devant la demande de moins en moins intéressée du public et des chevaux de plus en plus stressés quand le conducteur approchait la clé du contact, Toyota a eu la bonne idée de s’en départir et de ne conserver que le V8 de 5,7 litres. Si son écurie de 381 chevaux n’impressionne plus la galerie, son couple de 401 livres-pied est nettement plus intéressant. Le 0-100 km/h est l’affaire d’à peine 7,1 secondes, ce qui est prodigieux.

La boîte de vitesses, automatique il va sans dire, égrène ses six rapports avec une infinie douceur et une certaine lenteur qui sied bien au caractère placide de ce dinosaure des routes. Bien qu’elle conserve les révolutions du moteur très basses à vitesse de croisière, la consommation moyenne d’essence se situe à 14,0 l/100 km. Et ça, c’est en conduite tout à fait pépère sur l’autoroute. Bref, à ne pas inviter dans un party de Prius.

Le Sequoia est construit autour du châssis du Tundra, une camionnette qui ne donne pas sa place non plus en termes de grosseur. Contrairement à ce dernier, toutefois, sa conduite est plus raffinée, moins « truck ». Attention, j’ai écrit plus raffinée, pas plus sportive. L’habitacle est d’un silence monacal, sauf en accélération alors que le V8 émet une douce mélodie qui enterre le bruit des pièces de 2 $ qui tombent de l’échappement.

La direction est vague et donner la moindre sensation au conducteur ne fait absolument pas partie de ses fonctions. Le passage de trous et de bosses se fait sans soubresaut grâce à une suspension axée sur le confort. Il ne suffit que de quelques mètres pour se rendre compte que le Sequoia n’est pas très à l’aise dès qu’un rayon modifie le tracé de la route alors que la caisse penche allègrement. Placer cet édifice avec précision dans une courbe demande une certaine dose de chance. Au royaume des véhicules ennuyant à conduire, le Sequoia est dur à battre. Mais je doute fort que les gens l’achètent pour s’éclater au volant...

Par contre, le Sequoia peut remorquer jusqu’à 7 100 livres (3 220 kilos), ce qui fait oublier ses lacunes. En plus, grâce à un rouage intégral robuste, il excelle en conduite hors route, à condition que la voie soit dégagée de chaque côté, son importante largeur restreignant passablement ses capacités dans les bois.

Il est évident que le Sequoia n’en a plus pour bien des années dans sa forme actuelle. Bien qu’il réponde à une certaine demande, il devra bientôt se doter d’une mécanique moins gourmande et, surtout, moins polluante. Il a beau éviter la tendance, la tendance, elle, ne l’évitera pas.

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