Dodge Viper 2017: Malheureusement, elle devrait nous quitter !

Publié le 1er janvier 2017 dans 2017 par Sylvain Raymond

La majeure partie des constructeurs qui développent une super sportive ne le font pas nécessairement pour générer un gros volume de ventes et des profits, ils le font surtout pour démontrer leur savoir-faire et rehausser le prestige de la marque. Chez Dodge, c’est la Viper qui remplit ce rôle depuis son introduction en 1992. Cette dernière, le fruit d’une équipe de passionnés, s’est rapidement imposée au royaume des exotiques grâce à son style unique et surtout, à son V10 hors normes.

Malheureusement, même si le constructeur n’a toujours pas confirmé le tout officiellement, la Viper serait en fin de carrière et sa production devrait cesser en 2017. Le contexte financier du groupe FCA (Fiat Chrysler Automobiles), jumelé à des ventes timides, n’aide pas la cause du serpent venimeux. En effet, la 3e génération semble avoir davantage de difficulté à trouver preneur. Il faut avouer que la concurrence est devenue très féroce au royaume des ultras sportives avec une offre de plus en plus diversifiée et l’arrivée de nouvelles marques. Dans ce segment, c’est aussi la nouveauté qui vend et la Viper ne s’est pas véritablement renouvelée au fil des ans.

Un bolide inédit

Après sa réapparition en 2013, suite à la faillite de Chrysler, le développement de la Viper est passé sous le giron de SRT, la division haute performance du groupe. Seul le coupé a été ressuscité, le cabriolet, pourtant très populaire, est demeuré sur une tablette.

Chaque prise de contact avec la Viper est une expérience unique. Côté style, elle séduit avec ses lignes exotiques, son profil bas, son habitacle reculé et sa section arrière très large qui en impose. Son style est demeuré similaire depuis plusieurs années, même si la dernière mouture dispose de rondeurs un peu plus prononcées, notamment au toit, sur le capot et les ailes. Les sorties d’échappement latérales font aussi partie de l’ADN de la Viper, ces dernières nous assurant de bien entendre le moteur rugir à chaque accélération. D’ailleurs, il fallait être prudent à l’époque pour ne pas se brûler les mollets sur les échappements tellement la chaleur était importante. Encore aujourd’hui, même si les échappements sont recouverts, c’est toujours un peu le cas.

Une fois glissé à l’intérieur, ce qui n’est pas évident pour tous, on découvre un habitacle fortement axé sur la performance, au détriment du luxe ou du confort. Assise basse, instrumentation sport, pédalier éloigné et tableau de bord orienté vers le conducteur, voilà des éléments qui ne trompent pas. Les ingénieurs ont tout de même rehaussé le confort et la qualité des matériaux dans le cas de la dernière génération, un peu plus facile à vivre au jour le jour.

Si l’espace de chargement n’est pas très imposant, les deux occupants profitent, en revanche, d’amplement de place. Les sièges sont confortables et leur soutien latéral important favorise une conduite plus sportive. Les pédales sont très rapprochées, ce qui est utile pour l’utilisation de la technique du talon-pointe.

Au-delà de son style, le cœur du bolide, c’est son moteur V10, une mécanique peu commune à une époque où l’on remplace les grosses cylindrées par des moteurs plus petits, mais turbocompressés. Ce dix cylindres atmosphérique de 8,4 litres développe 645 chevaux pour un couple astronomique de 600 lb-pi et le plus merveilleux, c’est que la seule transmission offerte est une manuelle à six rapports. Alléluia!

Elle impose le respect

Quel plaisir que de démarrer le moteur et d’entendre sa riche sonorité! L’embrayage, un peu dur, raffermit les cuisses à la longue et ne deviendra pas notre meilleur ami dans le trafic. Toutefois, si l’on enfonce l’accélérateur, le couple nous cloue littéralement au siège. Chaque morceau de peau qui dépasse s’en trouve déformé! Il suffit de changer de rapport et le jeu recommence de nouveau, avec autant de puissance, jusqu’à ce qu’on atteigne la sixième. Impossible de ne pas impressionner tout passager qui aura bien voulu s’aventurer à nos côtés ! Malgré le prix plus élevé de cette nouvelle génération, elle offre toujours un excellent ratio prix-puissance.

Exploiter pleinement les performances de la Viper demande une bonne dextérité puisque le conducteur est le seul maître à bord. Chaque entrée ou sortie de virage doit être effectuée avec doigté, car avec sa puissance et surtout, son couple, la Viper ne pardonne pas l’erreur, même si on lui a greffé un système de contrôle de la traction. Elle impose le respect en tout temps; c’est la voiture qui m’aura intimidé le plus dans ma carrière et c’est exactement pour cette raison que je l’adore.

Même si elle vit sous le signe d’une mort annoncée, il y a tout de même de l’espoir. On peut énumérer plusieurs modèles du groupe FCA dont la mort était prévue – Dodge Grand Caravan, Jeep Patriot et Compass – et qui demeurent toujours commercialisés. On espère que ce sera le cas de la Viper, car il serait dommage de perdre une telle icône.

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