Nissan Rogue 2017 : l’âge de la raison

Publié le 8 novembre 2017 dans Essais par Michel Deslauriers

Le Rogue est le modèle le plus populaire au sein de la gamme Nissan au Canada, et de loin. En 2017, le constructeur a vendu autant d’unités de son VUS compact que de voitures. Additionnez les ventes de la Micra, de la Versa Note, de la Sentra, de l’Altima, de la Maxima, de la 370Z, de la GT-R et de la LEAF, et vous obtenez plus ou moins le même nombre d’unités écoulées que dans le cas du Rogue.

C’est beaucoup, et pourtant, il y a trois autres VUS compacts qui trouvent davantage d’acheteurs au Canada, soit le Ford Escape, le Honda CR-V et le Toyota RAV4. Pour se mesurer à ceux-ci, Nissan apporte des améliorations constantes au Rogue, et celui-ci devient un meilleur produit année après année.

Le Nissan Rogue 2017 a reçu une révision stylistique, ce qui lui fait le plus grand bien. Il arbore une partie avant plus dynamique, similaire à celles des autres nouveaux produits du constructeur. À l’arrière, on a retravaillé le pare-chocs et les feux pour conférer une apparence plus musclée. C’est réussi.

L’habitacle comporte quelques plastiques de qualité discutable, mais au moins, ils se trouvent généralement à des endroits que l’on ne regarde pas trop souvent. Le tableau de bord n’a pas changé, mais on a revu quelques détails de sa finition, et l’on note un nouveau volant. Ce dernier est maintenant chauffant dans la déclinaison SL Platine — celle essayée —, alors qu’un démarreur à distance et une fonction mémoire pour le siège du conducteur sont dorénavant disponibles.

Le système multimédia n’a pas changé, ce qui est dommage. De série, on obtient un écran non tactile de cinq pouces et seulement quatre haut-parleurs, mais au moins, la connectivité Bluetooth, le port USB et les commandes au volant sont inclus, et l’on peut ajouter la radio satellite SiriusXM (abonnement en sus). Pour profiter d’une chaîne Bose avec neuf haut-parleurs, il faut opter pour la version SL Platine, et pour l’écran tactile de sept pouces avec navigation, il faut choisir un groupe d’options sur la version SV, ensemble qui comprend un toit ouvrant panoramique. L’intégration Apple CarPlay et Android Auto n’est pas disponible, mais le sera dans le Rogue 2018.

Le Rogue S de base comprend des sièges avant chauffants, une caméra de recul, des roues de 17 pouces avec enjoliveurs, un climatiseur, un siège du conducteur réglable en hauteur et un télédéverrouillage des portes. De plus, seulement trois couleurs de carrosserie sont proposées, soit noir, blanc et gris. Le Rogue de base ne semble donc pas très intéressant à première vue, mais les consommateurs canadiens préfèrent s’acheter les versions cossues de toute façon.

La version SV du Nissan Rogue 2017 serait donc le choix logique, mieux équipé. C’est aussi la seule déclinaison dans laquelle on peut ajouter une troisième rangée pour une capacité de sept passagers, mais les deux places supplémentaires sont très petites et n’offrent presque pas d’espace pour les pieds.

Une seule motorisation ronronne dans le Rogue. Il s’agit d’un quatre cylindres de 2,5 litres jumelé à une boîte automatique à variation continue. Avec une puissance de 170 chevaux et un couple de 175 livres-pied, ce VUS n’est pas très amusant à conduire, et la boîte de vitesses n’aide en rien, même si à plein régime, elle simule des changements de rapport comme une automatique conventionnelle.

En revanche, l’économie de carburant est appréciable. Nous avons enregistré une moyenne de 9,2 L/100 km lors de notre essai, ce qui est très bien pour un VUS à rouage intégral. Il y a un mode Sport qui rend la réactivité de l’accélérateur plus vive et qui retarde les descentes en régime, mais le bouton pour activer celui-ci est hors de portée, sur la planche de bord à gauche du volant, au beau milieu d’une foule d’autres boutons de même taille... Personne ne l’utilisera. Bref, cette motorisation n’impressionnera pas lors d’un essai routier autour du concessionnaire, mais dans la vie de tous les jours, elle fait le travail et ne sera pas trop gourmande en essence.

Le rouage intégral — en option dans les versions S et SV, de série dans la SL Platine — mise avant tout sur les roues avant et achemine la puissance aux roues arrière lors des pertes d’adhérence. Toutefois, on peut verrouiller une répartition 50/50 du système à l’aide d’un bouton, mais cette caractéristique ne fonctionne pas à des vitesses plus élevées, comme sur l’autoroute. Ce n’est pas le rouage intégral le plus habile en hiver, mais c’est un bon système tout de même.

De nouvelles aides électroniques à la conduite sécuritaires sont désormais disponibles dans le Rogue SL Platine, y compris le régulateur de vitesse adaptatif et le freinage autonome d’urgence avec détection de piétons. Le VUS proposait déjà la surveillance des angles morts avec alerte de trafic transversal, l’avertissement et la prévention de sortie de voie ainsi que les feux de route automatiques.

Nissan a également annoncé que l’édition 2018 du Rogue SL Platine serait disponible avec la fonctionnalité de conduite semi-autonome ProPilot Assist. Celle-ci pourra accélérer, freiner et diriger le VUS par elle-même sur l’autoroute, même dans le trafic. Le conducteur doit toujours demeurer attentif et prêt à reprendre le volant au besoin.

Le Nissan Rogue 2017 se détaille à partir de 25 948 $ avant les frais de transport et de préparation, alors qu’une version SV à rouage intégral coûte 30 548 $. La version SL Platine essayée fait grimper le prix à 36 298 $. Des prix concurrentiels si l’on compare le Rogue à ses rivaux à équipement égal.

Il n’est peut-être pas excitant à conduire, mais le Rogue est confortable, autant du côté de ses sièges que par le réglage de sa suspension. Il est spacieux et bien équipé par rapport à sa concurrence, et surtout, il figure parmi les moins énergivores de sa catégorie. Toutefois, avec l’arrivée des tout nouveaux Honda CR-V et Mazda CX-5, et avec la commercialisation du Nissan Qashqai qui pourrait bien voler des ventes à son grand frère, le Rogue n’a d’autre choix que de s’améliorer chaque année. Heureusement, c’est le cas.

Fiche d'évaluation
Modèle à l'essai Nissan Rogue 2017
Version à l'essai SL Privilège TI
Fourchette de prix 25 948 à 36 933 $
Prix du modèle à l'essai 36 433 $
Garantie de base 3 ans / 60 000 km
Garantie du groupe motopropulseur 5 ans / 100 000 km
Consommation (ville/route/observée) 9.5 / 7.4 / 9.2 l/100km
Options Peinture (135 $)
Concurrents Chevrolet Equinox, Dodge Journey, Ford Escape, GMC Terrain, Honda CR-V, Hyundai Santa Fe Sport, Hyundai Tucson, Jeep Cherokee, Kia Sportage, Mazda CX-5, Mitsubishi Outlander, Subaru Forester, Toyota RAV4, Volkswagen Tiguan
Points forts
  • Excellente économie de carburant
  • Habitacle spacieux
  • Confort des sièges et confort de roulement
Points faibles
  • Version de base dénudée
  • Conduite peu inspirante
  • Système multimédia de base peu intéressant
Fiche d'appréciation
Consommation 4.5/5 Parmi les véhicules les plus écoénergétiques de son segment.
Confort 4.0/5 Les sièges avant sont très confortables et la suspension mise sur la douceur de roulement.
Performances 3.0/5 Le moteur du Rogue n’est pas très nerveux, et la boîte à variation continue est optimisée pour l’économie de carburant.
Système multimédia 3.5/5 Le système de la version SL Platine est élaboré, mais celui des versions plus abordables du Rogue ne l’est pas.
Agrément de conduite 3.0/5 Si c’est un VUS à caractère sportif que l’on cherche, le Rogue n’est pas pour nous.
Appréciation générale 3.5/5 À défaut d’être amusant à conduire, le Rogue est confortable, peu gourmand et spacieux. Bref, il répond aux besoins de la plupart des consommateurs de VUS compacts.
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