Nissan ePedal : bientôt, le joystick remplacera le frein et l’accélérateur

Publié le 18 janvier 2018 dans Technologie/Véhicules autonomes par Alain McKenna

Piloter sa voiture à l’aide d’un manche à balai? Ce qui n’était jusqu’ici qu’un fantasme nourri par des véhicules-concepts un peu trop éclatés pourrait bien devenir réalité, grâce à de nouveaux modèles électriques comme la Nissan LEAF 2018.

Avec son système de conduite ePedal, la deuxième génération de la LEAF compte vous faire oublier qu’au bout de vos pieds se trouve, à côté de l’accélérateur, la pédale de frein. En jouant avec la récupération cinétique, l’équivalent électrique de la compression du moteur et un peu d’électronique embarquée, Nissan a mis un nom sur une particularité des véhicules électriques les plus récents : pour ralentir jusqu’au point mort, on n’a qu’à moduler la pression effectuée sur l’accélérateur.

Si la LEAF en est le meilleur exemple, la BMW i3 et la Chevrolet Bolt EV ne sont pas étrangères à cette technique non plus. GM Canada a récemment invité des essayeurs à venir conduire « à une seule pédale » dans les Basses-Laurentides, c’est dire… Quant à BMW, cette particularité s’ajoute à la conduite dynamique de sa citadine, qui maximise le couple à l’accélération également.

Un pas de plus vers la voiture autonome

Ce à quoi le système ePedal fait le plus penser, c’est qu’il sera bientôt possible de conduire sa voiture à l’aide d’un levier manuel, plutôt qu’au pied, puisque toutes les commandes sont désormais électroniques. Ce serait, d’une certaine façon, une étape logique entre la conduite actuelle, et l’avènement de la voiture entièrement autonome, celle dite de niveau 5, qui ne nécessite plus aucune intervention humaine et sera donc dégarnie de son volant et de ses pédales.

Si l’on a pu passer d’un téléphone à cadran à un téléphone à écran tactile, on peut bien passer d’un volant à un contrôleur comme celui d’un avion de chasse…

Deux véhicules-concepts viennent à l’esprit : en 1996, Mercedes-Benz a dévoilé le F200, dénué d’un volant et de pédales. Il suffisait d’empoigner le contrôleur double central, logé dans la console, pour le diriger. Cinq ans plus tard, Honda a profité du Salon de Tokyo pour présenter un prototype appelé AC-X, qui devait préfigurer la voiture de demain, demain étant, dans ce cas-ci, pour… 2017.

Plus récemment, Infiniti, la marque haut de gamme du groupe Nissan, a dévoilé une berline, la Q50, dont la direction est entièrement électronique, une technologie appelée drive-by-wire inspirée de l’aviation qui pourrait être un pas de plus dans cette direction. Surtout si, comme on le soupçonne depuis le récent Salon de Detroit, Infiniti devient une marque de luxe électrique devant rivaliser avec Tesla…

On peut imaginer que la technologie ePedal évoluera, ces prochaines années, vers une conduite autonome assistée où le conducteur n’aura qu’à suggérer à la voiture d’aller plus ou moins rapidement pour arriver à destination à la bonne heure. On voit bien un contrôleur de type joystick remplir cette fonction.

À moins que la commande vocale finisse par prendre toute la place?

Le problème avec deux pédales…

Chose sûre, Nissan est à la recherche d’une solution au problème clairement méconnu du pédalier traditionnel. « Il y a un problème de mauvaise utilisation des pédales qui survient couramment et qui provoque des accidents pouvant être évités grâce à la technologie », explique Takehisa Makiyama, directeur du développement de produits pour Nissan. « En cas d’urgence, en panique, les gens appuient sur l’accélérateur plutôt que sur le frein. »

En combinant les bons capteurs, un peu d’intelligence artificielle et des commandes mieux adaptées au comportement du conducteur, il est possible d’enrayer ce problème, ajoute Makiyama-san. « L’objectif est de concevoir des technologies intuitives pour l’utilisateur. C’est une question d’expérience d’utilisation. »

Nissan a clairement annoncé son intention de mettre sur la route un premier véhicule sans volant ni pédales d’ici 2022. On ne sait pas si ces commandes seront remplacées par un joystick, mais cette évolution passe obligatoirement par une conduite inspirée du système ePedal lancé officiellement avec la LEAF 2018.

En d’autres mots, si un tel contrôleur ne figure pas physiquement dans un véhicule automobile d’ici là, l’esprit de la chose sera ce qui inspirera les voitures autonomes signées Nissan.

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