Koenigsegg Regera 2018: Fascinants missiles suédois

Publié le 1er janvier 2018 dans 2018 par Marc Lachapelle

Christian von Koenigsegg est, sans contredit, un visionnaire et un concepteur de la trempe d’Horacio Pagani, un rival dont la quête et les réalisations sont d’ailleurs étrangement semblables. Ce Suédois de 45 ans est d’ailleurs un entrepreneur audacieux et un promoteur aussi éloquent qu’Elon Musk chez Tesla. Et même si les voitures qui portent son nom visent le créneau extraordinairement étroit des hypersportives de quelques millions de dollars, elles ont tout pour fasciner les passionnés. La plus récente fera même sourire les écolos avec ses trois moteurs électriques.

Cette Regera est assurément très différente de l’Agera qui l’a précédée et qui fut fabriquée à vingt-cinq exemplaires, tous vendus. Elle a été conçue pour offrir ses meilleures performances sur la route alors que sa sœur visait les prouesses sur circuit. Elle offre également plus de confort grâce aux premiers sièges à réglage électrique à être installés dans une Koenigsegg, par exemple, ou alors un écran de contrôle central de neuf pouces. Ce qui ne l’empêche aucunement d’être encore remarquablement légère avec ses 1 628 kg, malgré les accessoires additionnels, grâce à la fibre de carbone qu’utilise systématiquement le spécialiste suédois depuis 1994.

Un groupe propulseur parfaitement unique

Le moteur thermique de la Regera, un V8 biturbo tout aluminium de 5,0 litres qui produit la bagatelle de 1 100 chevaux, est monté sur des attaches à fermeté réglable, isolées de la carrosserie. En conduite normale, elles restent souples, ce qui réduit grandement le bruit et la vibration. Et en conduite intense, ou sur un circuit, elles se raffermissent pour favoriser une rigidité optimale de la coque et une tenue de route précise.

Ce moteur travaille de concert avec trois moteurs électriques, au cœur d’un groupe propulseur dépourvu de boîte de vitesses, qui peut livrer jusqu’à 1 500 chevaux et un couple de 1 475 livres-pied. Le secret : un convertisseur de couple ultraperformant, développé et fabriqué par Koenigsegg, qui permet au moteur thermique et au moteur/générateur électrique de 160 kW, monté sur le même axe, de prendre le relais et d’appuyer les moteurs électriques de 180 kW qui sont couplés à chacune des roues arrière.

Résultat : un requin en fibre de carbone capable de faire patiner ses roues arrière jusqu’à 300 km/h, selon von Koenigsegg, ou alors d'atteindre sa vitesse de pointe de 400 km/h en moins de 20 secondes après avoir franchi la référence de 100 km/h en 2,8 secondes. Il faut prévoir un gros budget pour les pneus, quoi qu’il advienne.

La Regera peut également rouler en mode purement électrique sur 35 kilomètres, grâce à ces moteurs arrière et à une batterie de 9 kWh, qui est montée au centre de l’habitacle. Pour compenser le poids de la batterie à l’avant et préserver l’équilibre de la tenue de route, les ingénieurs ont élargi la voie de 2,5 cm et installé des pneus plus larges.

Ironiquement, le gros embout d’échappement central en aluminium poli qui décore la partie arrière de la voiture sert à évacuer l’air chaud que produisent les multiples composantes électriques du groupe propulseur. Les deux embouts d’échappement en titane du V8 biturbo, de forme allongée pour améliorer à la fois le son et l’efficacité, sont fabriqués par le spécialiste Akrapovic.

Commodité extrême en prime

La Regera est aussi la première voiture dotée d’une carrosserie entièrement robotisée. En utilisant les pompes et accumulateurs hydrauliques qu’elle possède déjà pour faire varier la garde au sol, soulever l’avant pour franchir une entrée escarpée ou actionner le gros aileron arrière mobile, Von Koenigsegg et ses sbires ont simplement remplacé les vérins des portières et des grands capots en carbone avant et arrière, par des cylindres hydrauliques. Si le gain en poids est minime, de l’ordre de 5 kg, celui de l’élément spectacle et de la pure commodité est immense. Et il ne faut surtout jamais les sous-estimer avec un hyperbolide de trois millions de dollars.

Les Koenigsegg sont également les voitures qui comportent le plus de fibre de carbone. Le patron affirme qu’il y a plus de 400 composantes faites de ce matériau dans chaque Agera ou Regera. Chacune de ces pièces est essentiellement fabriquée à la main par un technicien qui découpe et dispose la fibre de carbone, déjà imprégnée de résine époxy, dans un moule en aluminium, couche par couche, avant que le tout passe à l’autoclave pour être « cuit » à haute pression. Y compris les immenses jantes à rayons creux qui sont conçues pour tenir jusqu’à 450 km/h.

À voir le soin qui est mis à leur conception, la recherche maniaque d’innovation et l’absence totale de compromis sur la qualité et le coût des matériaux requis, on comprend mieux qu’une Koenigsegg coûte quelques millions et que le spécialiste suédois en produise seulement une douzaine par année. Souhaitons que le spectacle continue longtemps, à défaut d’avoir chacun la sienne.

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