Ferrari 488 2018: Radicale et civilisée

Publié le 1er janvier 2018 dans 2018 par Gabriel Gélinas

La Ferrari 488 GTB est un paradoxe. À la fois radicale, voire bestiale, et hautement civilisée, c’est une voiture d’exception capable de rouler en conduite relaxe, au quotidien, sans trop brusquer conducteur et passager, pour ensuite faire preuve d’un potentiel de performance absolument ahurissant. Sportive accomplie, la 488 GTB évoque par son appellation la 308 GTB, née en 1975, alors que le chiffre 488 représente le volume de chacun des cylindres du moteur, qui est de 487,7 centimètres cubes. C’est simple et précis à la fois.

En délaissant le V8 atmosphérique de la 458 Italia pour le remplacer par le V8 biturbo qui anime la 488 GTB, Ferrari a pris un risque. Celui de déplaire aux puristes qui ne jurent que par la sonorité exquise d’un moteur atmosphérique à pleine charge, en guise de trame sonore, lorsque le paysage défile à la vitesse grand V.

Il est clair que la sonorité du V8 biturbo de la 488 GTB est plus étouffée par la présence des turbocompresseurs que celle du défunt V8 atmosphérique, mais la poussée vers l’avant est plus forte en raison de la puissance et du couple supérieur du moteur turbo. Sur le plan technique, précisons que le V8 biturbo conserve son vilebrequin à plat, ce qui assure une certaine filiation sonore avec le moteur atmosphérique, mais ce n’est pas tout à fait la même chose qu’auparavant…

Pour profiter pleinement du potentiel de performance de la 488 GTB, il faut se tourner vers les routes secondaires où la circulation est moins dense. Quoique lorsqu’on dispose de 661 chevaux et d’un couple de 561 livres-pied sous le pied droit, il est presque trop facile de rattraper les retardataires qui se trouvent sur notre chemin et qui disparaissent ensuite tout aussi rapidement dans le rétroviseur central.

La livrée du couple est immédiate et l'on ne ressent absolument aucun délai. On comprend pourquoi le moteur de la 488 GTB est si vif en étudiant la conception des turbocompresseurs, dont les turbines sont réalisées avec un alliage de titane et d’aluminium et sont montées sur des roulements à billes. Pas étonnant que la puissance arrive aussi soudainement, et que le sprint de zéro à cent kilomètres/heure soit abattu en seulement trois petites secondes. En fait, les révolutions du moteur augmentent tellement vite qu’il faut absolument se fier aux lumières disposées sur la partie supérieure du volant pour changer de rapport lorsqu’elles sont toutes allumées, signifiant que le régime maximal est atteint.

Une dynamique remarquable

La tenue de route est phénoménale, tout comme l’équilibre du châssis et l’efficacité des liaisons au sol, assurées par les amortisseurs magnétorhéologiques, dont la fermeté est ajustable. Ce n’est que lorsqu’on s’approche de la limite en virages que l’on ressent un très léger sous-virage qui nous rappelle à l’ordre. La décélération au freinage est massive, la 488 GTB étant freinée par des étriers Brembo, pinçant des disques en composite de céramique, et la direction conserve la légèreté typique des sportives de Ferrari.

En roulant en zone urbaine en mode automatique, la 488 GTB est un modèle de civilité, et seule sa pédale de freins très sensible et sa garde au sol limitée nous rappellent que l’on est au volant d’une exotique de haut calibre. Histoire de bonifier la consommation, la boîte à sept rapports avec double embrayage commande rapidement le passage aux rapports supérieurs.

Le look de l’emploi

La Ferrari 488 GTB est frappante, et son look témoigne d’une obsession presque maladive pour l’efficacité aérodynamique. Avec son aileron fixe sous le bouclier avant, ses volets mobiles sous le diffuseur arrière et ses flancs creusés, la 488 GTB est capable de générer un appui aérodynamique de 325 kilos à 250 kilomètres/heure. Même les poignées des portières sont conçues afin de canaliser le flot d’air vers les prises d’air latérales.

L’habitacle adopte une configuration de type cockpit et plusieurs commandes, dont le célèbre manettino permettant de paramétrer le comportement de la voiture, sont localisées directement sur le volant. La version décapotable répond à la désignation 488 Spider, et son toit rigide-rétractable pivote vers l’arrière pour se ranger sous le capot moteur, opération qui demande moins de quinze secondes. Bien évidemment, la conduite à ciel ouvert a comme principal effet d’augmenter légèrement le volume de la trame sonore livrée par le V8 biturbo, et la chasse aux tunnels devient dès lors ouverte pour en profiter pleinement.

Avec la 488 GTB et la 488 Spider, Ferrari réussit avec brio la transition vers les moteurs turbocompressés plus performants et plus efficients en consommation en conservant l’identité et le caractère très typé de ces exotiques de premier plan. Nous sommes sublimés.

Feu vert

Feu rouge

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