smart Fortwo 2018: Les ions ont gagné

Publié le 1er janvier 2018 dans 2018 par Alain Morin

L’histoire se passe alors que j’amène une smart à la maison pour la première fois. Nous sommes en 2005 ou 2006. Un passant arrête devant mon entrée de cour, médusé par autant de petitesse, et demande à ma fille, trop jeune pour s’embarrasser de détails techniques, s’il s’agit d’une électrique. « Non, c’est une smart. » « Je veux dire, c’est un moteur électrique… »« Non, c’est un moteur arrière. » Ah, ces perles d’enfant…

À ce moment, le moteur était un diesel (et il était, effectivement, à l’arrière). En 2008, la diminutive voiture était redessinée et passait à un moteur à essence. Puis, en 2015, le temps ayant fait son œuvre, une smart entièrement revue fit son apparition, gagnant de précieux centimètres en largeur.

Sauf que… En 2004, malgré des débuts fracassants où les concessionnaires Mercedes-Benz (smart est une marque de Mercedes-Benz, vous ne saviez pas?) ne suffisaient pas à répondre à la demande, il n’a pas été long que le public s’est lassé. Et en dépit de la refonte de 2015, les ventes sont très décevantes. C’est comme si tous ceux qui avaient succombé à la passion — car la smart est une voiture passion, assurément pas une voiture logique — l’avaient vécu totalement puis étaient passés à autre chose.

Face à ce triste constat, que faire? Faire de la smart ce que n’importe quel constructeur aurait fait depuis longtemps avec une voiture urbaine, soit la doter d’une motorisation électrique. Et pas juste sur quelques unités. Désormais, toutes les smart vendues au Canada seront électriques. On les appelle smart ED, pour electric drive.

Un peu d’histoire…

Remarquez que l’idée d’une smart électrique ne date pas d’hier. Dès les tout débuts de son développement, en 1973, année marquée par une crise majeure du pétrole, une telle motorisation est prévue par Mercedes-Benz. Le projet est abandonné peu après. En 1981, il refait surface, cette fois avec un moteur à essence, mais il est aussi rejeté, les Américains n’étant pas prêts pour une telle voiture. Sautons à 1988 où, pour la troisième fois, l’idée d’une très petite voiture urbaine réapparaît. Avec un moteur électrique. À un certain moment, on parlait même d’une smart dotée d’un moteur électrique dans chaque roue! Cependant, l’expertise de Mercedes-Benz l’amena plutôt à commercialiser en 1998 une première smart mue par un moteur diesel. Au cours de ses trois premières générations, la smart a certes toujours reçu une motorisation électrique mais elle était vendue en très petites quantités, du moins au Canada.

La smart ED actuelle bénéficie des dernières avancées dans le domaine. Sa batterie, constituée de 96 cellules au lithium-ion qui totalisent 17,6 kWh, permet de rouler jusqu’à 160 km sans être rechargée. Cependant, l’autonomie mesurée lors de nos essais, effectués par temps chaud de surcroît, était beaucoup moins reluisante… Soulignons que la batterie est garantie pour 8 ans ou 100 000 km. Sur une prise de courant domestique, il faut compter environ 13 heures pour la recharger à 80%. Le moteur électrique loge toujours sous le plancher du coffre et comme il est de dimensions similaires à celui à essence, il ne réduit, ni n’augmente, la capacité du coffre, capacité quelque peu contraignante si vous devez partir en voyage pour une semaine.

Les différences visuelles entre la smart ED et l’ancienne smart à essence ne sont pas évidentes. Bien sûr, l’absence de pot d’échappement et la présence de quelques décalques « electric drive » devraient vous mettre la puce à l’oreille.

Contemporaine

Si vous avez déjà conduit une smart de troisième génération, la plus récente, vous ne serez pas dépaysé. Vous serez plutôt enchanté de constater que le bruit envahissant du moteur à essence (il était situé à environ un mètre des oreilles!) n’est plus. Juste le bruit des pneus sur le bitume. Bonheur. Curieusement, les 160 kilos de la batterie, refroidie à l’eau et montée sous les sièges, ont un effet bénéfique sur la tenue de route, en amenant le centre de gravité plus bas. Oh, les 81 chevaux de la smart ED n’en font pas un parangon de dynamisme, mais comme cette puissance et surtout le couple de 118 livres-pied déferlent — un bien grand mot…– dès que l’on appuie sur le champignon, on a l’impression d’aller vite. C’est déjà ça de pris. smart annonce un 0-100 km/h en 11,5 secondes. Chez AMG, la division performance de Mercedes-Benz, on la rit encore… De son côté, la direction m’est apparue un peu moins vive que dans la version à essence mais, au moins, le très court rayon de braquage est toujours aussi amusant. Virer sur un dix cennes, c’est ça!

La smart ED 2018 arrivera chez les concessionnaires à l’automne 2017. En prenant le virage électrique, la smart bénéficiera d’un intéressant crédit d’impôt, en plus d’un engouement sans précédent pour tout ce qui roule aux ions. Déjà populaire auprès des utilisateurs de partage automobile ailleurs dans le monde (car2go), la smart ED pourrait le devenir encore davantage!

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