Porsche : 70 ans de voitures sport et l’avenir

Publié le 14 juin 2018 dans Événements spéciaux par Mathieu St-Pierre

Fêter le 70e anniversaire des voitures sport de Porsche semble un peu étrange. Pourquoi 70 et non 75? Plusieurs raisons peuvent expliquer ce choix, mais la plus évidente à mon avis, c’est que d’ici deux ans, Porsche deviendra plus qu’un fabricant de voitures de luxe haute performance. Et personne n’organise de grosses célébrations pour un 72e anniversaire.

La transformation de la marque est déjà enclenchée et se fonde directement sur l’un des modèles conceptuels les plus à l’avant-scène des dernières années : la Porsche Mission E. Afin de produire cette nouvelle machine, qui portera officiellement le nom de Taycan, les dirigeants sont en train de réaliser l’impossible à Zuffenhausen, dans la banlieue nord de Stuttgart : démolir de vieux édifices, acheter des terres et construire une nouvelle usine pour fabriquer leur voiture électrique du futur. Le coût de l’opération s’élève à 700 millions d’euros.

Ce projet d’une immense complexité est élaboré à partir de très petits bureaux pendant que de nouvelles voitures sport de Porsche sont assemblées juste à côté. En fait, la production des 718 et 911 n’a jamais été aussi forte, ayant cru de 100% au cours des sept dernières années.

Sur une trentaine de projets de construction au total, il y en a cinq d’envergure qui sont directement reliés à la fabrication de la Porsche Taycan : un centre pour la carrosserie, un autre pour la peinture, une aire de montage, un grand convoyeur de près de 900 mètres de long et un agrandissement de la nouvelle usine de moteurs. C’est vraiment un travail colossal.

La Taycan représente l’avenir chez Porsche, mais n’allez pas croire une seule seconde que la 911 en est à ses derniers jours. Ferry Porsche l’a dit lui-même : « la dernière voiture de l’histoire sera une voiture sport ». Clairement, Porsche aimerait que ce soit une 911. Et l’avantage incroyable qu’a la compagnie, c’est que tous ses employés sont prêts à s’investir dans la Taycan et les bolides du futur.

On parle ici littéralement : ces travailleurs, considérés comme des membres associés de la famille, ont accepté d’investir 0,25% de chaque augmentation de salaire jusqu’en 2025 dans un fonds leur permettant de participer à la prochaine génération de Porsche. Ce n’est qu’en 2026 que les salaires seront ajustés, et ce, comme si rien n’était arrivé. Voilà du jamais vu. Eux et les dirigeants de la ville de Stuttgart ont vraiment confiance en Porsche.

À peine 48 mois se seront écoulés entre le dévoilement du prototype à Francfort et le début de la production, prévu vers la fin de 2019. L’histoire s’écrit sous nos yeux, chers amis.

Tout ça survient donc en même temps que le 70e anniversaire des voitures sport de Porsche. Et bien sûr, les bolides se trouvent au cœur de la fête. Le jour où j’ai assisté aux célébrations, Porsche a donné aux journalistes l’occasion de conduire plusieurs de ses modèles classiques et aussi des exemplaires de ses toutes nouvelles RS.

J’ai commencé avec la Porsche 911 GT2 RS 2018, la plus puissante et la plus rapide 911 de tous les temps. Son moteur biturbo de 700 chevaux et sa boîte PDK à sept rapports sont réglés de façon à livrer les accélérations les plus explosives possible. La puissance se déchaîne sans attendre, comme je l’ai découvert en embarquant sur une section de l’autobahn. Passer de 70 à plus de 210 km/h s’est fait tellement rapidement que je crois avoir remonté le temps!

Ensuite, j’ai essayé une Porsche 911 Carrera RS 1993 (génération 964) de couleur framboise. Ses 260 chevaux exigent des mains fermes pour garder la voiture sur le droit chemin. Les freins m’ont impressionné, tout comme la tenue de route. Puis, je suis monté à bord d’une 911 Carrera 2.7 RS 1973. C’est la voiture qui a ramené le nom « Carrera » et fait naître une flamme qui brûle encore aujourd’hui. Presque aussi rapide que la Carrera RS malgré ses 50 chevaux en moins, elle m’a fasciné par sa conduite et son niveau de raffinement dans l’ensemble.

La journée s’est terminée au volant d’une des Porsche modernes que je préfère : la 911 GT3 RS 2011 (génération 997). Ce qui la rend si fabuleuse, c’est la facilité avec laquelle on peut exploiter tous ses 450 chevaux. Avec son mordant, son équilibre en piste et le feedback qu’elle nous donne, sa conduite se fait toujours dans un contrôle absolu.

Porsche a beaucoup appris de ses erreurs du passé et, en se tournant sans crainte vers l’avenir, elle continuera à fabriquer des voitures sport que les gens désirent et convoitent. Ferry n’avait pas réussi à trouver la voiture de ses rêves, alors il l’a construite lui-même. Ce faisant, il nous a tous rendu la vie facile : il suffit de se pointer chez un concessionnaire Porsche et de passer une commande!

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