Volkswagen Eos, la tête dans les nuages

Publié le 7 juillet 2009 dans 2010 par Alain Morin

Durant les années 30, Peugeot dévoilait un curieux modèle appelé Eclipse, sur la base d’un coupé 401. Cette voiture avait la particularité de posséder un toit rigide qui se repliait dans le coffre. Ainsi, il était possible de profiter des avantages d’un cabriolet sans les désavantages (solidité du châssis moindre et capote peu étanche). Une vingtaine d’années plus tard, Ford reprenait le même principe sur certaines de ses Fairlaine. Puis, Mercedes-Benz en 1996 ramenait la mode… Aujourd’hui, plus personne n’est impressionné par un toit qui se place tout seul dans un coffre.

Pourtant, il y aurait de quoi être impressionné ! Surtout lorsqu’on voit le toit que Volkswagen a concocté pour sa Eos… Les Allemands aiment généralement les défis et ils en ont relevé tout un dans ce cas. Non contents de pondre un mécanisme qui permette au toit de se rétracter, ils ont réussi à lui greffer une partie ouvrante, créant ainsi un toit ouvrant quand la capote est refermée ! D’ailleurs, le mécanisme qui permet aux différents panneaux du toit de loger dans le coffre (ou de s’en déloger, c’est selon !) est présentement l’un des plus complexes. Jusqu’à présent, il ne semble pas y avoir eu trop de problèmes avec ce toit, enfin pas plus que Cadillac avec celui de sa XLR… Les premières Eos essayées présentaient une étanchéité plus ou moins réussie. Lors d’un passage dans un lave-auto sans contact, nous n’avons relevé aucune infiltration d’eau. Volkswagen semble avoir amélioré ce point. Lorsque le toit est baissé, il est possible de converser sans devoir crier et c’est encore mieux si on a pris la peine de placer le pare-vent ce qui, toutefois, ampute les deux places arrière. 

Physiquement, on ne peut pas dire que l’Eos soit mal née… Remarquez que c’est purement subjectif mais la partie avant s’avère fort réussie. Il arrive souvent que ces « coupés cabriolets » (on les appelle des « CC » en France) possèdent une ligne arrière plutôt disgracieuse, question de créer suffisamment d’espace pour insérer le toit dans le coffre. Dans le cas de l’Eos, la ligne arrière est réussie. Mais c’est bien davantage quand le toit est remisé dans le coffre qu’on apprécie les lignes de cette voiture.

Les ganses agacent

Même l’habitacle se montre très joli. Le noir prime, mais les appliques simili-aluminium de notre modèle d’essai apportaient une touche de gaieté appréciée. Le conducteur fait face à une instrumentation typique de Volkswagen avec des jauges qui, la nuit venue, se parent d’un superbe bleu. Le volant se prend bien en main et il est très facile de trouver une bonne position de conduite puisqu’il s’ajuste en profondeur. D’ailleurs, son jeu en profondeur est sans doute l’un des plus importants de l’industrie. Bravo Volks ! Les sièges, bien qu’un peu durs au début, font preuve de confort et même après un trajet de plusieurs heures, les dos délicats ne devraient pas trop se plaindre. Seule note discordante à leur sujet, les ganses, dont l’unique fonction est de retenir la ceinture de sécurité pour que les personnes assises à l’avant puissent y accéder facilement, s’avèrent d’une totale incompétence. Les deux passagers installés à l’arrière sont nettement moins avantagés car l’espace est très compté. Entre ces deux sièges, on retrouve une trappe à skis qui permet d’accéder au coffre.

Parlant du coffre, soulignons que lorsque la capote n’y est pas remisée, il est possible de déplacer le support sur lequel le toit vient se déposer. Le volume ainsi créé impressionne avec 297 litres. Si le toit est replié dans le coffre, le volume passe à 180 litres, ce qui est encore mieux que les 100 litres de la New Beetle décapotable, mais ils sont difficilement accessibles. Cependant, et à notre grande surprise, il n’y a pas de mécanisme de retenue du toit s’il rencontre un obstacle en se repliant. Il pourrait donc s’endommager facilement ainsi que les objets se trouvant dans le coffre.

Plaisir à ciel ouvert

Si la marque Volkswagen est si populaire au Québec, ce n’est pas pour rien. Il suffit d’avoir un jour conduit une Volks pour comprendre l’engouement quelquefois fanatique des gens pour la marque germanique. En fait, les produits Volkswagen s’avèrent aussi agréables à conduire que ceux des marques bien plus dispendieuses que sont les Audi et BMW. La Volkswagen Eos, malgré un châssis un peu moins rigide que les autres véhicules de la marque, surtout lorsque le toit est baissé, propose une très belle expérience de conduite. La direction est précise et les suspensions, certes un peu dures à l’occasion, autorisent une tenue de route de haut niveau. Seul point négatif : Sur une Eos essayée durant l’hiver, le toit était source de craquements, peut-être dus au châssis un peu plus flexible.

Côté mécanique, c’est plutôt simple. Le moteur est l’excellent quatre cylindres 2,0 litres turbo qui ne manque jamais de souffle. Son temps de réponse est pratiquement nul et, après s’être habitué à la réponse de l’accélérateur à commande électronique, on n’y pense même plus. Il est juste dommage que ce moteur ne s’abreuve que d’essence super. Deux transmissions sont disponibles, soit une manuelle à six rapports fort agréable à utiliser et une automatique à six rapports aussi de type DSG, c'est-à-dire à double embrayage. Sur l’Eos essayée durant l’hiver, le passage des rapports était souvent saccadé mais sur une autre testée en été nous n’avons pas connu ce comportement. Quoi qu’il en soit, cette boîte est un plaisir à utiliser et son mode manuel n’est pas de la frime.

Il y a quelques années, il était dur de dissocier « Volkswagen » et « remorqueuse ». Cependant, depuis trois ou quatre ans, la fiabilité s’est améliorée. Seul l’avenir nous indiquera si Volkswagen a bien fait ses devoirs à ce sujet mais, pour l’instant, si vous désirez marier le plaisir de conduire, le confort et le plein air, l’Eos semble difficile à battre.
 
Feu vert
Lignes agréables
Toit ouvrant dans le toit rétractable
Mécanique intéressante
Consommation retenue
Utilisation quatre saisons

Feu rouge

Châssis un peu moins rigide
Essence super seulement
Mécanisme du toit très complexe
Places arrière étriquées
Fiabilité toujours questionnable

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