Chevrolet Woody 1950 : entre voiture et œuvre d’art

Publié le 11 février 2019 dans Voitures anciennes par Frédéric Mercier

Il y a une vingtaine d’années, la Chevrolet que vous voyez ici en photos n’était pas l’ombre d’elle-même.

Les roues calées dans la terre gelée de l’hiver, la vieille bagnole américaine était emprisonnée par un « abri tempo » qui lui était littéralement tombé dessus, dans le fond d’une cour.

C’est là que Pierre Beauchamp entre en jeu. Connaissant le propriétaire du véhicule laissé à l’abandon, le résident de Lanaudière a fini par le convaincre de lui vendre.

Le véhicule en question, c’est un Chevrolet « Woody » 1950. Un modèle familial à quatre portes qui n’avait rien d’une pièce de collection en cet hiver de 1998. Aujourd’hui, c’est une autre histoire.

Il faut dire que la fascination pour les modèles « Woody », ces véhicules à la carrosserie plaquée de bois, semble reprendre de la vigueur. Et comme ils sont peu nombreux à avoir été conservés, ces bagnoles sont maintenant très rares.

Celle de Pierre Beauchamp, par exemple, est la seule Chevrolet Woody 1950 au Québec. Toutefois, pour lui donner l’allure qu’elle a aujourd’hui, il a fallu des années de labeur et de généreux investissements.

Deux restaurations plutôt qu’une
On est donc en 1998. Après avoir dépris la vieille Chevrolet de sa fâcheuse position dans le fond de la cour de l’ancien propriétaire, Pierre Beauchamp l’a ramenée chez lui avec la ferme intention d’en faire le véhicule dont il rêvait.

« Mes amis me disaient que j’étais un peu fou de mettre autant d’argent dans une familiale à quatre portes, mais j’avais un plan et je savais ce que je voulais. L’image que j’avais en tête à cette époque-là, c’est ma voiture aujourd’hui », explique M. Beauchamp avec une bonne dose de fierté dans la voix.

Alors habillée d’une carrosserie rouge, l’auto a été restaurée dans sa couleur originale et a été remise sur la route.

Sauf qu’en 2005, un accident a forcé son propriétaire à tout recommencer. Le devant du véhicule ainsi que son côté droit ont été sévèrement endommagés. « La voiture a été déclarée perte totale. Il a fallu que je la rachète des assurances », explique M. Beauchamp.

Se retroussant les manches, le propriétaire a décidé de reconstruire le véhicule du tout au tout pour qu’il soit exactement comme il le voulait. Il a alors troqué le moteur à six cylindres d’origine contre un V8 de 350 pouces cubes.

Il a aussi changé la peinture rouge pour un ton vert forêt et a fait appel à un peintre qu’il qualifie de « tout un artiste » pour redessiner les parties de bois caractéristiques au Woody.

En 1950, Chevrolet n’utilisait plus de véritable bois pour la fabrication de ses Woody. Le constructeur préférait dessiner des motifs de bois à même la carrosserie en métal. Pour repeinturer ces morceaux, il faut du talent et beaucoup de minutie. « Chaque nervure a été refaite à la perfection, à un point où des gens m’obstinent parfois et me disent que c’est du vrai bois! » raconte Pierre Beauchamp en riant.

À l’intérieur, le bois demeure toutefois véritable. « C’est le bois d’origine qui a été sablé et verni », raconte M. Beauchamp, qui explique avoir tenté de garder l’allure originale du véhicule tout en y ajoutant son petit grain de sel avec quelques éléments modernes comme des sièges et des vitres électriques.

Né pour rouler
Trois ans après son triste accident, la Chevrolet de Pierre Beauchamp était de retour en poste, prête à reprendre la route.

Et de la route, M. Beauchamp ne se gêne pas pour en faire à bord de son bolide. « Je fais environ 4 000 miles par été », analyse-t-il, soulignant qu’il participe à plusieurs rassemblements de voitures anciennes au Québec, mais aussi en Ontario, au Nouveau-Brunswick et aux États-Unis.

Vingt ans après avoir acheté une vieille épave dans le fond d’une cour, Pierre Beauchamp est propriétaire d’un véhicule qui fait tourner les têtes et saliver les amateurs de belles voitures d’époque.

Un véhicule qui lui a valu plus de 65 trophées et plaques de différentes expositions, ainsi que de nombreuses parutions dans des revues et même à l’émission Viens-tu faire un tour? animée par Michel Barrette.

Contre vents et marées, Pierre Beauchamp n’a jamais lâché. Et aujourd’hui, la voiture de rêve qu’il imaginait est maintenant dans sa cour.

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