La bonne voiture au bon kilométrage

Publié le 14 mars 2019 dans Blogue par Antoine Joubert

Vous avez pu voir la semaine dernière à l’émission de J.E. qu’un concessionnaire Chrysler avait été condamné à la Cour du Québec pour trafic d’odomètre.

On avait dans ce cas précis reculé le compteur d’une Dodge Grand Caravan d’occasion pour la vendre comme un véhicule neuf. Une pratique malheureusement plus courante qu’on ne le croit, et qui illustre à quel point tout acheteur d’un véhicule neuf, démonstrateur ou d’occasion, est aujourd’hui tenu de redoubler de prudence.

Malheureusement, des « voleurs » de ce genre, il en existe encore beaucoup. À ce propos, FCA Canada (Fiat Chrysler Automobiles) n’a émis aucun commentaire officiel. Or, soyez certain que le propriétaire de ce commerce, qui n’en est pas à sa première frasque, risque fort de se faire chauffer les oreilles par le constructeur, qui n’apprécie évidemment pas de voir sa bannière salie de la sorte. D’autant plus qu’avant la diffusion de ce reportage, FCA Canada n’était pas au courant du dossier.

Des exemples comme celui-là, il en existe des centaines. Des gens qui, entre autres, remplacent chaque année leur camionnette neuve, parce que leur concessionnaire offre un service de « réajustement » d’odomètre en promettant ensuite de vendre leur véhicule au sud de la frontière. Des agences de location à court terme de connivence avec des concessionnaires, qui loueront des véhicules des mois durant pour ensuite les rapporter, odomètre reculé, et qui seront par la suite vendus comme « démonstrateurs » presque neufs par ledit concessionnaire. Alors, à la vue de ce fléau, comment faire pour s’assurer qu’on ne se fait pas flouer?

Photo: Adobe stock

Faire enquête
Tout commence par le numéro de série du véhicule, qui vous permet ainsi de contacter le constructeur automobile concerné (ex : Audi Canada), pour demander la date de mise en service, les rappels effectués avec les dates et le kilométrage enregistré, ainsi que le nom du concessionnaire qui l’a vendu neuf. Vous contacterez ensuite le concessionnaire en question qui pourra vous donner s’il y a lieu l’historique sur l’entretien du véhicule, sans toutefois être tenu de divulguer le nom de l’ancien propriétaire. Notez que si le véhicule provient de l’Ontario, du Nouveau-Brunswick ou des États-Unis, il faut éviter. Les risques sont trop élevés. Parce qu’il est tout simplement trop facile pour un fraudeur de trafiquer le compteur d’un véhicule provenant d’ailleurs qu’au Québec. On estime d’ailleurs à plus de 90% le nombre de véhicules d’abord vendus en Ontario et aujourd’hui immatriculés au Québec qui ont subi une « cure de rajeunissement ».

Vous pouvez ensuite vous procurer en ligne le rapport CarFax, lequel vous indiquera l’ensemble des entretiens et réparations effectués, avec le kilométrage pour chaque intervention. Ce rapport n’est évidemment pas une garantie à 100%, puisqu’il existe des failles dans le système et des façons d’effacer le kilométrage sur les dossiers. Mais pour environ 40 $, vaut mieux ne pas s’en priver.

Rendez-vous ensuite à la SAAQ pour obtenir l’historique des transactions avec le kilométrage déclaré, au coût de 12 $. Un bilan bien pratique, surtout pour un véhicule soi-disant neuf ou démonstrateur. Et si vous découvrez alors qu’il y a eu plusieurs transactions sur une courte période, poussez-vous en courant. Pourquoi? Parce que le fait qu’un véhicule passe rapidement d’une main à l’autre signifie généralement qu’on tente de brouiller les pistes.

Photo: Agence QMI

Si ces trois petites enquêtes ne vous indiquent aucun mauvais signe, vous aurez alors déjà un indice encourageant sur le bilan de la voiture en question.

Retenez toujours qu’en cas de doute, vaut mieux s’abstenir. Parce qu’il n’y a rien de moins rare qu’un véhicule d’occasion. Évitez également les petits garages de fond de cour, les commerces qui proposent du financement maison, ou ceux qui changent de nom tous les six mois. Ces endroits n’ont pas grand-chose à perdre. Pour avoir l’esprit tranquille, vous pouvez obtenir gratuitement à la Cour du Québec la liste des condamnations d’un commerce.

En terminant, un mot sur les fameux démonstrateurs. En ce qui me concerne, à éviter sans exception. Parce que même si on vous offre un rabais de quelques milliers de dollars, ce dernier ne compense jamais assez pour la garantie déjà entamée, l’usure et la dépréciation.

Maintenant, qu’est-ce qu’un démonstrateur? Dans les faits, un véhicule qui aurait été mis à l’essai par quelques clients, ou que le vendeur aurait utilisé quelques semaines à des fins personnelles. S’il en est ainsi, pourquoi certains concessionnaires proposent souvent 30 ou 40 « démos » en liquidation? Un concessionnaire, même gigantesque, n’a rarement plus qu’une douzaine de vendeurs en poste, dont certains possèdent leur véhicule personnel.

Photo: Adobe stock

Comprenez alors que ces véhicules ne sont pas de vrais « démos ». Ce sont des modèles souvent achetés à l’encan, provenant d’agences de location, et qui afficheraient normalement un kilométrage plus élevé. Sans compter que ces véhicules sont généralement très mal entretenus.

Morale de l’histoire, on évite les démos.

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