Quand la deuxième chance vous sourit...

Publié le 26 mars 2019 dans Blogue par Antoine Joubert

Vous êtes peut-être de ceux qui vivent avec des problèmes de crédit.

Retard de paiement, chèque sans fonds ou surendettement, des situations avec lesquelles les concessionnaires automobiles composent quotidiennement. Évidemment, certains acheteurs qui magasinent une voiture souvent trop chère ne font que s’enfoncer davantage. Or, pour d’autres qui tentent de se sortir la tête hors de l’eau, les situations sont plus complexes. Parce qu’il existe des gens surendettés, qui ne l’ont pas eu facile, mais qui avec un peu d’aide, peuvent y arriver.

L’histoire que je vous raconte ici est celle d’une personne proche. Une mère de deux enfants qui a longtemps subi de la violence psychologique et qui a fait une série de mauvais choix au cours des dix dernières années. Ces épisodes l’ont malheureusement obligée au fil des ans à signer des ententes de consolidation de dettes, à prendre des arrangements avec certains créanciers pour finalement faire une faillite personnelle et perdre sa maison. Et nous parlons ici d’une employée bénéficiant d’un salaire annuel d’environ 65 000 $ à 70 000 $.

Vivant en banlieue et travaillant en ville, Isabelle (nom fictif) avait besoin de remplacer son vieux Jeep Patriot 2008 de 265 000 km, bon pour la casse. Raisonnable, elle a choisi en 2018 d’opter pour l’une des voitures les moins chères du marché, une Hyundai Accent GL 2017 neuve. Un choix sensé considérant la fiabilité, la longue garantie et les faibles coûts d’entretien. Or, le prix d’achat alléchant de 13 999 $ avant taxes, transport et préparation allait devoir être légèrement majoré. Vous me voyez venir?

Yé! Ça fonctionne!

« Bonne nouvelle, ma chère dame, vous êtes admise au financement! Il y aura quelques conditions à respecter, mais vous pourrez enfin avoir l’esprit tranquille au volant d’une voiture neuve. » Hélas, parce qu’elle n’avait pas le choix et surtout, parce qu’elle ne pouvait plus se permettre de manquer le travail, elle accepta les conditions et signa le contrat.

Un peu gênée de sa situation, Isabelle s’est évidemment bien gardée de me mentionner qu’elle était sur le point de signer pour l’achat d’une voiture neuve. Or, quelques mois plus tard, je l’ai croisée au volant de cette nouvelle voiture. C’est à ce moment qu’elle m’a raconté comment elle s’était fait avoir.

D’abord, la voiture vendue n’était pas celle désirée. Isabelle souhaitait une manuelle (1 200 $ moins cher), mais il n’y en avait pas. Et elle aurait voulu une blanche... mais il n’y en avait pas non plus. Bref, la voiture allait devenir une Accent GL automatique noire, parce qu’il fallait choisir un modèle en stock. Une voiture vendue à 19 500 $ taxes incluses, soit le prix vendant sans escompte.

Bien sûr, considérant son mauvais dossier de crédit, Isabelle ne pouvait bénéficier du financement régulier. Il fallait donc avoir recours à ce qu’on appelle la deuxième chance au crédit, à un taux de 10,25%, pour un terme de 84 mois. Bien honnêtement, un taux concurrentiel dans un tel cas, puisque ceux-ci peuvent parfois frôler les 20%. Hélas, on lui a aussi exigé d’opter pour une garantie prolongée couvrant la période totale de financement, laquelle est limitée à 120 000 km et exige une franchise de 50 $ pour chaque réclamation. Coût de cette garantie? 2 600 $ plus taxes.

Qui plus est, on lui a aussi exigé de prendre la garantie de remplacement en cas de sinistre. Isabelle avait alors vérifié auprès de son assureur qui lui proposait une couverture comparable pour moins de 50% du prix, mais il s’agissait d’une condition pour « faciliter » le financement. Sans quoi, le taux de financement allait être supérieur. Voyant ainsi que la cliente était sceptique, on lui a « gratuitement » offert un traitement antirouille. Isabelle a donc accepté. Coût de la garantie de remplacement: 2 613 $ plus taxes.

Une Accent qui coûte cher

En épluchant son contrat de financement, j’ai aussi pu observer qu’on avait facturé des frais d’administration de 499 $ à deux endroits. Une véritable arnaque qui vient évidemment ajouter une autre somme à une facture littéralement indécente.

Coût total de la voiture? 26 495,22 $, lequel s’additionne à 10 681,92 $ en frais d’intérêt, pour une somme totale de 37 177,14 $, ou 182 versements de 204,27 $. Oui, pour une Hyundai Accent GL!

Comprenez par cet article que je ne dénonce pas le taux de financement, qui est justifiable, ni même le choix restreint de la voiture. Mais lorsqu’on « oblige » un consommateur à choisir plus de 5 000 $ de produits d’assurance et qu’on lui facture par-dessus le marché des frais de concessionnaire cachés dans un contrat long de 49 pages, il y a un problème. Parce qu’il faut comprendre que le montant réel des assurances et des frais de concessionnaires frise plutôt les 8 500 $, si l’on considère les intérêts et les taxes.

Évidemment, le directeur financier de ce concessionnaire Hyundai aura eu droit à une belle commission et à une ristourne de l’institution financière. Mais pour l’acheteuse un peu prise à la gorge qui doit aujourd’hui effectuer les paiements, il est un peu difficile de parler de deuxième « chance »...

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