Nissan Frontier 2019: Oui, c’est bien une 2019

Publié le 1er janvier 2019 dans 2019 par Michel Deslauriers

On va se le dire, la version nord-américaine actuelle du Frontier a été dévoilée au Salon de l’auto de Detroit en 2004. Ça fait 14 ans que cette camionnette n’a pas été redessinée. Et ça paraît.

La dernière fois que j’ai conduit le Frontier, c’était en 2007. Outre un changement de calandre peu perceptible, le design extérieur est pareil. Les sièges sont pareils. À part une chaîne audio plus moderne, le tableau de bord est presque identique. Et la conduite nous ramène à une autre époque. En 2014, Nissan a introduit une nouvelle génération de sa camionnette sur d’autres marchés, mais pas ici. Pourtant, le marché nord-américain est extrêmement lucratif pour les fabricants de pick-up, alors pourquoi diable Nissan laisse-t-il le Frontier vieillir de la sorte?

Malgré son âge, il se vend encore, et on peut comprendre pourquoi. Les composantes mécaniques du Frontier ont démontré leur durabilité, et l’on achète un produit qui n’a plus rien à prouver. En revanche, avec l’arrivée du Ford Ranger et de solides concurrents actuels, il serait grand temps pour Nissan d’apporter un nouveau souffle à son camion.

Une motorisation assoiffée
La plupart des déclinaisons du Frontier sont équipées du bon vieux V6 de 4,0 litres de Nissan, qui livre 261 chevaux. S’il s’avérait un moteur musclé et agréable en 2005, on s’est habitué à des mécaniques plus nerveuses et surtout, moins énergivores. Le V6 monte et descend en régime lentement, ce qui n’est pas très problématique, puisque la boîte automatique à cinq rapports est tout aussi engourdie, alors les deux travaillent bien ensemble.

Dans la version la plus abordable du Frontier se trouve un quatre cylindres de 2,5 litres produisant 152 chevaux, mais il est uniquement disponible avec un rouage à propulsion. S’il est plus économique en carburant dans la circulation urbaine, l’écart de consommation entre les deux moteurs est négligeable sur l’autoroute. Dans tous les cas, et surtout lorsque l’on dote le Frontier du système à quatre roues motrices – ce que font la plupart des acheteurs –, on doit s’attendre à une facture d’essence salée. Lors de notre essai d’un Frontier 4x4, on n’a pu faire mieux que 15,0 L/100 km en conduite mixte ville et autoroute.

Équipé convenablement, le Frontier peut remorquer une charge maximale 2 948 kg (6 500 lb), alors que sa charge utile atteint 649 kg (1 430 lb). Il se fait mieux chez la concurrence, mais ce sont quand même des capacités très intéressantes.

Sur la route, le Frontier ne perd pas de temps à démontrer la conception archaïque de sa suspension et de sa direction. La caisse sautille constamment, et c’est exactement sur ce point que les camionnettes modernes ont gagné le plus en raffinement. La direction n’est pas trop lourde, mais très lente, et nécessite un tour de volant complet pour négocier un coin de rue. Le diamètre de braquage très large complique aussi les manœuvres de stationnement. Au centre commercial, on a l’impression de garer une camionnette pleine grandeur.

Du plastique mur à mur
L’habitacle du Frontier est également un indicateur immédiat de l’âge de cette camionnette. Il y a tellement de plastique gris, rigide et d’apparence robuste sur le tableau de bord et sur les panneaux de porte que l’on se croirait à une soirée Tupperware! La finition n’est ni plus ni moins soignée qu’elle ne l’était en 2005.

Au moins, on profite d’un système multimédia plus récent, même s’il ne dispose pas d’un écran tactile comme dans tous les rivaux du Frontier. Un système de navigation n’est pas disponible, et évidemment, l’intégration Apple CarPlay et Android Auto non plus. On se fait par contre gâter avec un port USB – logé directement sur la planche centrale – et une connectivité Bluetooth. Bienvenue dans les années 2000.

Les sièges n’ont pas été redessinés depuis l’arrivée sur le marché de cette génération de la camionnette, et même le tissu les recouvrant est identique. Toutefois, on aime bien ceux d’en avant. L’espace est restreint un peu partout dans l’habitacle, malgré la cabine double. Les dossiers arrière sont à peine inclinés et l’assise est basse. Avoir le dos courbé et les genoux dans le front, ce n’est pas très confortable.

On a beau se plaindre de son âge, on doit admettre que le Frontier a bien vieilli malgré tout. Il est encore dans le coup au niveau de ses capacités, il a une bonne réputation de fiabilité et son design extérieur demeure agréable à regarder. Avec une cabine double et un rouage 4x4, c’est le plus abordable de sa catégorie, mais de peu. Par contre, si l’on veut se procurer une camionnette comme véhicule principal, pour transporter la famille, les caractéristiques de confort et de commodité sont peu nombreuses, le confort en général est déficient et la consommation d’essence est élevée. À vrai dire, un Frontier sur le marché d’occasion serait peut-être un achat plus intéressant.

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