Toyota Tacoma 2019: Tonka pour adulte

Publié le 1er janvier 2019 dans 2019 par Antoine Joubert

Dans le monde de la camionnette pleine grandeur, Toyota est toujours considéré comme un figurant. À preuve, il se vendait l’an dernier 15 camions de la Série F de Ford pour un Toyota Tundra. Toutefois, dans le segment des intermédiaires, Toyota a su dominer pendant longtemps. Et même si GM les a dépassés, en 2017, en vendant pour une première fois plus d’unités de son Colorado/Canyon au pays, le Tacoma demeure une référence.

Il faut dire que contrairement à plusieurs manufacturiers, Toyota n’a jamais jeté l’éponge. Le constructeur est assidûment demeuré très actif dans le segment des camionnettes intermédiaires, autant avec le Tacoma qu’avec le Hilux, vendu ailleurs dans le monde. Considérablement renouvelé en 2015, le Tacoma nous revient donc, cette année, avec une formule inchangée, drôlement efficace, bien qu’il commence à montrer quelques signes de vieillesse.

Solide

Indéniablement, le Tacoma est un camion robuste. Les lignes de la carrosserie le démontrent d’ailleurs parfaitement, arborant un look aventurier et un museau très agressif. Dans certains cas, la prise d’air de capot (non fonctionnelle) vient renforcer le côté musclé de cette robe, qui prend des allures de culturiste dans sa livrée TRD Pro. Pour 2019, on pousse même l’audace jusqu’à offrir le TRD Desert Air Intake, une prise d’air latérale fixée à même le pilier A, semblable à ce que l’on retrouve sur les véhicules de rallye. Chose certaine, si cette option est efficace là où le sable abonde, son utilité au Québec sera d’un autre acabit.

Toujours offert avec un choix de cabine allongée ou double, le Tacoma propose également deux longueurs de caisse (cabine double seulement). Esthétiquement bien distinct de la version lancée en 2005, il faut néanmoins savoir que notre sujet fait appel à la même cabine, au même châssis et aux mêmes éléments structuraux. L’impact de cette conception vieillissante ne se fait pas réellement sentir sur le plan de la solidité, mais est nettement plus marqué à bord.

En effet, la cabine est difficile d’accès et plus étroite que chez GM, étant, de surcroît, affectée par un très faible dégagement pour la tête. Ajoutons que le confort des sièges est franchement discutable, l’assise étant affreusement courte, avec peu de soutien latéral. Comparativement à GM, vous constaterez d’ailleurs que la présentation et la richesse de l’équipement ne lui arrivent pas à la cheville. Ici, les plastiques rigides abondent et la présentation est drôlement plus utilitaire. Cela n’en fait pas un camion inintéressant pour autant, puisque cette approche propose également un certain charme, surtout pour une clientèle qui recherche un camion-outil.

TRD Pro vs ZR2

Dans le ring, on retrouve une version TRD Pro pour affronter la compétente version ZR2 du Colorado. On évoque évidemment ici les modèles les plus aboutis en matière de conduite hors route, des versions tout indiquées pour circuler paisiblement sur la rue Notre-Dame, dans l’est de Montréal.

Chez Toyota, la suspension a, cette année, été modifiée pour offrir plus de débattement. Alors que la version TRD Sport confie son amortissement à Bilstein, la TRD Pro fait appel à des amortisseurs Fox revus pour 2019, avec réservoirs hydrauliques externes. Les ressorts hélicoïdaux ainsi que les barres stabilisatrices ont en outre été modifiés, encore dans l’optique de répliquer aux compétences du Colorado ZR2. Dotée de pneumatiques à flanc de Kevlar, cette version peut aussi recevoir l’option d’une boîte manuelle à six rapports, ce que GM n’offre pas.

Sous le capot de la plupart des versions du Tacoma se cache un V6 de 3,5 litres à cycle Atkinson, permettant une bonne économie de carburant. Ne vous attendez pas, bien sûr, à un rendement digne de celui d’une Prius, mais sachez que vous serez en mesure de conserver une moyenne d’environ 12 litres aux 100 kilomètres, plus raisonnable qu’avec le V6 de 4,0 litres d’ancienne génération. Retenez également que le quatre cylindres de 2,7 litres offert dans les livrées de base consommera autant, pour un rendement qui n’a manifestement rien à voir avec celui du V6.

Sur route, le Tacoma n’est pas des plus confortables. Pour minimiser l’impact, une version à empattement long serait plus efficace. Moins bien insonorisé que son rival américain, le Tacoma pèche aussi par une direction imprécise et par un freinage qui manque de mordant. Toutefois, le sentiment de robustesse se fait réellement sentir. C’est d’ailleurs cet élément qui en fait un modèle particulièrement recherché sur le marché d’occasion, ce qui explique entre autres sa grande valeur de revente. Alors oui, le Tacoma est cher et loin d’être aussi moderne que la concurrence (si l’on exclut le Nissan Frontier), mais la qualité, la durabilité et la faible dépréciation peuvent justifier une facture si salée à l’achat.

Feu vert

Feu rouge

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