Ford EcoSport 2019: Fiestruck

Publié le 1er janvier 2019 dans 2019 par Antoine Joubert

Vous le lirez sans doute dans plusieurs des pages de cet ouvrage, Ford abandonne la quasi-totalité de ses voitures. Maintenant, qu’est-ce qu’une voiture? Qu’est-ce qu’un camion? Parce que l’industrie nous dicte bien ce qu’elle veut. Et nous, consommateurs, avalons ces paroles sans nous poser de questions.

Même le lave-auto à la main du coin osait me facturer le prix d’un lavage de camion pour faire briller l’EcoSport, alors que le policier juste devant moi avait été facturé pour une voiture, avec sa Crown Victoria! Pourquoi? Parce qu'on dit LA Ford Crown Victoria et LE Ford EcoSport?

Vous aurez donc compris que ni les dimensions, ni même la forme ne dictent à quelle catégorie le véhicule que vous conduisez appartient. L’industrie le fait pour vous. Cela dit, ne soyez pas dupes, le nouvel EcoSport n’a de camion que la position de conduite qu’il offre. Du reste, vous y retrouvez un mélange de Fiesta et de Focus, deux véhicules condamnés.

Le marché

Cette année, Ford est en réaction au regain de popularité des camionnettes intermédiaires. Et le même phénomène se produit avec l’EcoSport, se voulant une réponse au succès des Chevrolet Trax, Honda HR-V et Mitsubishi RVR. Trop peu, trop tard? Non. Car son succès est déjà palpable. Sa bouille sympathique, son petit format et ses gadgets technos séduisent déjà les acheteurs qui, l’an dernier seulement, étaient 32% plus nombreux à se procurer un multisegment urbain. Pas surprenant que Ford emboîte le pas, surtout en considérant que l’EcoSport fait depuis longtemps partie du catalogue mondial de Ford. En effet, ce petit véhicule roule sa bosse depuis 2004 sur d’autres continents, la génération actuelle datant de 2013.

Bien sûr, Ford a pris soin de l’adapter au marché nord-américain, notamment en lui apportant d’importantes retouches esthétiques, mais aussi en retirant la roue de secours qui était jusqu’ici positionnée à même le hayon, à la façon du Jeep Wrangler. On conserve cependant le hayon à ouverture latérale, pratique pour des gens de petite taille, plutôt encombrant lorsqu’une autre voiture est stationnée derrière.

Ayant comme attrait principal un écran tactile bien positionné, le poste de conduite de l’EcoSport est joli et bien pensé. La position de conduite est agréable, l’ergonomie est sans faille et les nombreuses caractéristiques ne font que faciliter la vie à bord. Certes, vous pourriez vous plaindre de l’absence d’une charge d’appareil mobile par induction, ou encore de la largeur du pilier A qui gêne la visibilité. Toutefois, vous auriez essentiellement fait le tour des points négatifs qui affectent le conducteur. Ce dernier sera en revanche charmé par – vous l’aurez deviné – les sièges et le volant chauffants, l’application Apple CarPlay/Android Auto, le Wi-Fi et même l’application Waze pouvant être reliée à votre appareil mobile. En fait, Ford a mis le paquet pour satisfaire les technophiles, pressentis pour l’achat de ce genre de véhicule. En espérant bien sûr que ceux-ci n’aient pas trois enfants puisque l’espace aux places arrière, comme celui dans le coffre, est plutôt restreint.

Structure de Fiesta, cœur de Focus

Oui, l’EcoSport est élaboré sur la plateforme de la Fiesta. Comme moteur de base, le trois cylindres EcoBoost de 1,0 litre (Fiesta/Focus) est de retour. Uniquement disponible sur les versions à roues motrices avant, ce dernier étonne par l’absence de vibration, tout comme par son faible niveau sonore. Les performances sont par contre décevantes, conséquence d’un poids frisant les 1 400 kilos. Quant à la consommation, elle se situerait selon Ford à 8,4 litres aux 100 km (combinée), alors que les données recueillies après un essai de 940 kilomètres (75% d’autoroute) me permettaient d’obtenir une moyenne de 7,2 litres aux 100 km. Une cote honnête, bien que comparable à celle de quatre cylindres plus puissants.

En optant pour une version à rouage intégral, on passe cependant au quatre cylindres de 2,0 litres qui, pour sa part, provient de la Focus. Plus généreux en couple, il déçoit en outre par une consommation qui dépasse largement celle de plusieurs VUS compacts de catégorie supérieure. Heureusement, l’horrible boîte SelectShift de la défunte Focus n’est pas ici reconduite, Ford faisant plutôt appel à une automatique à six rapports conventionnelle.

Amusant à conduire et insufflant un sentiment de solidité très rassurant, l’EcoSport est efficace tant sur la route qu’en milieu urbain. Bien insonorisé et moins sensible aux vents latéraux qu’anticipé, il freine avec aplomb et démontre une grande maniabilité. Espérons seulement que la fiabilité soit supérieure à celle de l’Escape. Et puisque la concurrence se nomme Trax, HR-V, Kona et Qashqai, il n’y a pas de place à l’erreur. Or, sur ce sujet, il faudra – hélas! – attendre quelque temps avant de se prononcer…

Feu vert

Feu rouge

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