Karma Revero 2019: L’espoir d’un avenir plus vert

Publié le 1er janvier 2019 dans 2019 par Michel Deslauriers

Dans le Guide de l’auto 2018, on avait résumé en quelques lignes l’histoire tumultueuse de Henrik Fisker et sa voiture électrique, la Karma. La faillite du seul fournisseur de batteries et le passage de l’ouragan Sandy en 2012 ont forcé la petite compagnie à cesser ses activités, mais tel le phénix, la voiture a fini par renaître de ses cendres et on la connaît maintenant comme étant la Karma Revero.

Karma, c’est la marque établie pour remettre cette séduisante voiture sur le marché, propriété de l’entreprise chinoise Wanxiang, qui a également acheté le fournisseur de batteries déchu afin de garantir son indépendance. L’assemblage de la Revero étant effectué en Californie – la Fisker Karma était construite en Finlande –, Karma a réduit la complexité et les coûts de l’opération. Il ne reste plus qu’à obtenir un peu de visibilité et à vendre les bagnoles.

Génératrice en bonus

La Revero dispose de deux moteurs électriques connectés aux roues arrière qui, ensemble, produisent un total de 403 chevaux et – tenez-vous bien – un couple de 981 livres-pied. On s’attendait donc à des accélérations foudroyantes, mais ce ne fut pas le cas, puisque la voiture n’a pas été conçue pour rivaliser les performances de la Tesla Model S. Il faut dire aussi que la Revero pèse 2 449 kg (5 400 lb), quelque 200 kilos de plus que la berline Tesla.

Sa batterie de 21,4 kWh lui procure une autonomie estimée à 60 kilomètres, selon les chiffres publiés par Ressources naturelles Canada, mais sous le capot, on retrouve un quatre cylindres turbo de 2,0 litres, d’une puissance de 235 chevaux, qui fait acte de génératrice afin de recharger la batterie tout en conduisant. Un fonctionnement identique à celui de la BMW i3 munie de son moteur à essence. Avec un réservoir d’essence de 36 litres, on prolonge l’autonomie à environ 328 km. En passant, le moteur provient de General Motors, Fisker en ayant acheté des centaines. Karma nous dit qu’il en a encore en stock pour suffire à la production totale de la Revero.

Sur la route, la voiture est silencieuse, outre le vrombissement typique d’un moteur électrique. À basse vitesse, elle émet un faible bruit électronique afin d’avertir les mal voyants de sa présence. La palette de gauche, derrière le volant, sert à choisir l’un des trois modes conduite : Stealth, soit un roulement 100% électrique; Sustain, pour conserver l’énergie dans les batteries en faisant rouler le moteur à essence; et Sport, qui maximise les performances tout en activant le moteur pour renflouer la batterie.

On tient à préciser que le moteur à combustion ne contribue en aucun temps à faire avancer la voiture, alors nous, on la qualifie de véhicule électrique et non d’hybride rechargeable. Et il faut idéalement la brancher le plus possible, car une fois les batteries à leur niveau minimal de charge et le moteur de 2,0 litres en marche, la consommation atteindra 11,0 à 12,0 L/100 km. On est loin d’une automobile écologique! Heureusement, le temps de charge avec une borne de 240 volts se complète en moins de quatre heures.

Un habitacle moderne… taillé sur mesure

Lors du rachat de Fisker par Wanxiang, il a fallu trouver quelques nouveaux fournisseurs, dont celui du système multimédia. Dans la Revero, on a droit à une interface somme toute agréable à utiliser, à portée de main et rapide d’exécution. On peut observer les données du système électrique au travail en temps réel, le système de navigation propose une belle cartographie et la chaîne audio performe bien. On a même droit à l’intégration Apple CarPlay et Android Auto, et la compagnie peut effectuer des mises à jour par Internet, « à la Tesla », si jamais des problèmes informatiques surviennent.

Malgré les dimensions extérieures de l’auto, l’habitacle est très petit. Cependant, une fois assis, tout est à portée de main du conducteur. La visibilité vers l’extérieur n’est pas extraordinaire, vu la petitesse des vitres. À l’arrière, c’est encore plus étriqué, avec à peine de la place pour la tête et les pieds. Ce n’est pas une voiture très familiale, d’autant plus que le coffre a seulement un volume de 195 litres.

La Karma Revero est intrigante, procurant une conduite confortable et écolo – selon la distance de nos trajets. C’est également une bagnole dispendieuse, mais exclusive, et les acheteurs ont sûrement d’autres véhicules dans leur stationnement. Pourtant, Karma nous assure que bon nombre de propriétaires utilisent la Revero tous les jours, comme voiture principale. Elle n’a pas la fougue d’une Model S, mais elle a son charme.

Karma s’attend à en vendre une cinquantaine par année au Canada, dont plusieurs au Québec, et entre 200 et 300 aux États-Unis. Si les affaires vont bien, on verra apparaître son remplacement dans quelques années ainsi qu’un véhicule utilitaire.

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