Fiat 500 2019: Destin nébuleux

Publié le 1er janvier 2019 dans 2019 par Jean-François Guay

Malgré le prix de l'essence qui a atteint des niveaux rarement vus au cours de la dernière année, les ventes de petites voitures ont ralenti au Québec et partout au Canada. À part quelques modèles qui s'en tirent bien, la plupart des citadines et sous-compactes ont connu une dégringolade des ventes. À tel point que certains constructeurs songent à abandonner ce segment.

Dans la même veine, les allégations de Sergio Marchionne, administrateur délégué du Groupe Fiat et de FCA, qui a présenté un nouveau plan quinquennal, laissent penser que la marque Fiat pourrait être en péril en Amérique du Nord. En effet, le silence de Marchionne concernant l'avenir de Fiat laissent songeur puisqu'il a affirmé que les quatre marques clés de son groupe étaient Jeep, Ram, Maserati et Alfa Romeo. Cela dit, le grand manitou de FCA a cité que l'avenir des produits Fiat pourrait passer par l'électrification.

Même si la Fiat 500 connaît plus de bas que de hauts en sol nord-américain, la petite voiture italienne tire admirablement bien son épingle du jeu ailleurs dans le monde. Depuis l'introduction de la génération actuelle en 2007, la 500 s'est écoulée mondialement à deux millions d'exemplaires. Pourtant, la 500 s'est contentée de retouches esthétiques au cours des douze dernières années.

Or, le style vintage a ses limites, comme en témoigne la retraite de la Volkswagen Beetle, qui éprouvait de plus en plus de difficulté à attirer une nouvelle clientèle. Seule la vénérable MINI connaît le secret du succès et la Fiat 500 a tenté d'imiter cette dernière en variant ses modèles et ses versions. Sauf que les résultats n'ont pas été concluants à cause, notamment, d'une mauvaise perception de la marque et de certains problèmes de fiabilité.

Gares aux nids-de-poule

Amicalement surnommée Cinquecento dans son pays natal, la piccolina italienne a soulevé beaucoup d'intérêt lors de son arrivée au Québec, en 2012. Au début, on lui a pardonné ses erreurs de recrue, mais la réalité l'a vite rattrapée. Circuler en Europe ou aux États-Unis, là où les routes sont planes et bien entretenues, n'a rien à voir avec notre réseau routier où la structure d'un véhicule et les suspensions sont rudement mises à l'épreuve. Qu'à cela ne tienne, la 500 n'est pas la seule voiture à souffrir des nids-de-poule et des hivers glaciaux québécois, tous les constructeurs vous le diront dans le creux de l'oreille: il y a des pièces de suspension qui brisent chez nous comme nulle part ailleurs!

Malgré les dimensions lilliputiennes de la 500, le conducteur et le passager avant n'auront aucune difficulté à prendre place dans la cabine grâce à la carrure des portières. Toutefois, atteindre les places arrière demande une dose de hardiesse et de bonne volonté. Il y a de l'espace pour deux jeunes enfants, mais les adultes s'y sentiront compressés. À l'avant, l'habitacle s'avère plus étroit que celui d'une smart fortwo et les passagers devront jouer du coude. Étonnamment, les gros sièges baquet contrastent dans un habitacle aussi étriqué où la largeur des assises restreint l'accès aux commandes d'ajustement. Cela dit, attention aux jointures des mains qui frottent sur le rebord de la portière. Ayoye!

À l'image de la bouille sympathique de la carrosserie, le tableau de bord coloré fait sourire et on apprécie le grand cadran, situé au-dessus du volant, qui regroupe l'instrumentation. Pour le reste, les boutons sont faciles à utiliser sauf ceux du centre multimédia qui nécessitent un temps d'adaptation. C'est sans surprise qu'on retrouve la même complexité chez Alfa Romeo et Maserati – è famiglia!

Turbo de série

Depuis l'an dernier, tous les moteurs de la 500 sont pourvus d'un turbocompresseur. Ainsi, le quatre cylindres MultiAir de 1,4 litre développe 135 chevaux et un couple de 150 livres-pied dans les déclinaisons Pop et Lounge tandis que la version sportive Abarth dispose d'un moteur de 160 chevaux dont le couple a été augmenté à 170 livres-pied. Par rapport à l'ancien moteur atmosphérique, la puissance accrue du moteur turbo de base permet de retrancher environ trois secondes au 0-100 km/h. Le maniement de la boîte manuelle à cinq rapports est un charme, bien que l’on regrette l'absence d'un sixième rapport. Quant à la boîte automatique à six rapports, elle se fera apprécier en ville et dans les bouchons de circulation.

Conduire une 500 s'apparente à piloter un go-kart puisque cette puce vire sur un dix cennes. Mais en bon citoyen, il faut éviter les excès d'autant plus que les amortisseurs et la direction en prennent pour leur rhume dans les bosses et les trous. Évidemment, l'Abarth rehausse le taux d'adrénaline avec sa direction plus vive et les pétarades de l'échappement; en contrepartie, sa suspension et ses pneus de 17 po cognent plus durement que les pneus de 16 po.

Feu vert

Feu rouge

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