Subaru Forester 2019 : couteau suisse sur quatre roues

Publié le 17 juin 2019 dans Essais par Jacques Bienvenue

Avec son habitacle transformable, sa transmission intégrale en prise constante, sa petite capacité de remorquage et sa garde au sol élevée, le Subaru Forester se prête à une foule d’usage, comme un couteau suisse !

Les hauts dirigeants de Subaru devaient être hésitants lorsqu’ils ont dû débattre du bien-fondé de créer le Forester. C’était sans doute au tournant des années 90, une époque où le nouveau Jeep Cherokee compact (l’original) gagnait en popularité contre toute attente.

La formule choisie pour le mettre au point se devait d’être simple et efficace, et elle le fut. C’est en mariant la plateforme et la motorisation de l’Impreza à la transmission intégrale de la marque qu’est né le premier utilitaire de Subaru à la fin de 1997. Doté d’un habitacle transformable plus volumineux et d’une garde au sol supérieure, il offrait une polyvalence accrue comparativement à l’Impreza à hayon, tout en évoquant par sa forme anguleuse le populaire Cherokee d’alors.

Photo: Subaru

Deux ans plus tôt, la formule avait d’ailleurs été testée auprès du public sous la forme d’un véhicule-concept baptisé Streega présenté au Salon de l’auto de Tokyo. Ses formes préfiguraient celles du premier Forester mais, heureusement, on n’a pas retenu son appellation!

À l’origine, le Forester servait de complément à l’Outback, qui était beaucoup plus grosse. Mais rapidement, à mesure que se sont succédées ses cinq générations, cet utilitaire a gagné centimètres et kilos pour devenir, en quelque sorte, l’équivalent de l’Outback, mais sous une autre forme : celle d’un VUS d’allure classique.

Alors que le modèle original mesurait 4,45 m de longueur, le Forester 2019 atteint 4,63 m et l’Outback 4,82 m. En revanche, le volume utile de son coffre, qui a augmenté considérablement comparativement au modèle des années 90, se compare aujourd’hui à celui de l’Outback à quelques litres près. Selon l’usage qu’on en fait, son volume peut varier de 1 003 à 2 008 L (et même 2 155 L dans le cas des versions les moins chères, les Forester 2.5i et Commodité). Si ces chiffres vous paraissent abstraits, un qualificatif suffira pour exprimer leur importance : gargantuesque!

Photo: Subaru

Le plus populaire
Ce que les dirigeants de Subaru ne pouvaient imaginer en créant cet utilitaire dans les années 90, c’est l’importance qu’il allait acquérir au sein de la gamme. Ainsi, au Canada, au terme des cinq premiers mois de l’année, il occupe la première place du palmarès des ventes de la marque, devançant par quelques dizaines d’unités la Crosstrek et quelques centaines d’unités l’Outback. Chez nos voisins étatsuniens, au terme de la même période, il se retrouve à la seconde place du palmarès des ventes derrière l’Outback. En somme, ce constructeur nippon a le vent dans les voiles et, sur notre continent, le Forester y contribue largement.

Ce succès tient, entre autres, aux fréquents renouvellements dont ce modèle a bénéficié depuis 1997. Des changements réalisés tout en préservant son image d’utilitaire classique. Sa généreuse garde au sol de 220 mm va de pair avec cette image sans, toutefois, gêner l’embarquement, les concepteurs du Forester l’ayant doté de portes découvrant de grandes ouvertures et de seuils de porte très bas, donc peu gênants.

Subaru ne s’est jamais laissé tenter, non plus, d’arrondir les formes de sa carrosserie pour l’assimiler aux utilitaires que certains préfèrent qualifier de multisegments. Le constructeur n’a jamais tenté, non plus, de remplacer sa transmission intégrale en prise constante, de série depuis toujours, par un système réactif (ou « sur demande », disent certains constructeurs) sous prétexte de réduire sa consommation de carburant. Subaru a plutôt travaillé à optimiser l’efficacité écoénergétique de ses groupes motopropulseurs pour que ce système ne les rende pas gourmands.

Photo: Subaru

Faible consommation
À ce sujet, les chiffres sont révélateurs. Le 4-cylindres à plat de 2,5 L du Forester, un moteur atmosphérique qu’il partage avec l’Outback, a une consommation moyenne de 8,2 L/100 km, nous apprend Ressources naturelles Canada (RNCan). Or, le guide de consommation publié par ce ministère nous révèle également qu’il s’agit de la même cote que le Nissan Rogue... à deux roues motrices ! Le Rogue à quatre roues motrices, lui, fait 8,7 L/100 km. De plus, parmi l’ensemble des rivaux du Forester, qui sont dotés d’une transmission intégrale, outre le Honda CR-V auquel RNCan attribue une moyenne de 8,0 L, tous les autres dépassent le Forester. Seule la nouvelle version hybride du Toyota RAV4 se détache du lot avec sa moyenne de 6,0 L/100 km.

Le Forester 2019 inaugure donc la cinquième génération de cet utilitaire. Dévoilé à New York l’an dernier, il adopte la nouvelle plateforme « globale » que partagera bientôt l’essentiel des modèles de la marque. De plus, son nouveau moteur de même cylindrée troque l’injection multipoint séquentielle pour un système d’injection directe. On retire de ce changement un léger gain de puissance et de couple, soit 12 ch et 2 lb-pi de plus, de même qu’une légère diminution de la consommation, d’environ 2%. Tout cela n’a toutefois rien changé aux performances de ce véhicule puisqu’il passe de 0 à 100 km/h en +/-9 s, comme son prédécesseur. Ce moteur est de nouveau jumelé à une boîte automatique à variation automatique qui, je l’avoue, ne m’impressionne pas particulièrement. À tout le moins, elle contribue clairement à limiter la consommation comparativement à la boîte manuelle offerte jusqu’à l’an dernier et qui a disparu du catalogue, tout comme le moteur turbo de 2,0 L et 250 ch.

En revanche, la dotation de série de cette nouvelle mouture du Forester s’enrichit de puissants phares à diodes électroluminescentes (DEL) et de systèmes d’infodivertissement dotés d’un écran de 6,5 po et des systèmes CarPlay d’Apple et d’Android Auto. Les concepteurs de cet utilitaire ont également développé une caméra arrière munie d’un dispositif de nettoyage; une innovation originale utile été comme hiver.

Photo: Subaru

Aide pour conducteur distrait
Soulignons, par ailleurs, que le Forester Premier, le modèle haut de gamme dont nous avons fait l’essai, est livré avec le nouveau DriverFocus. Ce dispositif utilise un logiciel de reconnaissance faciale pour signaler au conducteur, à l’aide d’alarmes visuelles et sonores, un manque d’attention causé par une distraction ou de la fatigue. Ce dispositif original (et très efficace, je l’avoue), qui sera offert pour la Legacy 2020, s’ajoute à l’ensemble de dispositifs d’aide à la conduite EyeSight qui fait désormais partie de la dotation de la plupart des versions du Forester, sauf les 2,5i et Commodité d’entrée de gamme.

Doté d’une suspension plutôt molle (un peu trop à mon goût) contribuant à adoucir le roulement, le Forester se révèle très spacieux pour ses occupants, surtout à l’avant. La finition est satisfaisante, alors que l’insonorisation se révèle perfectible. Cela dit, on ne peut changer le son rond caractéristique du moteur à cylindres à plat opposés. Ça contribue au charme du Forester!

Fiche d'évaluation
Modèle à l'essai Subaru Forester
Version à l'essai n.d.
Fourchette de prix 27 995 $ – 39 495 $
Prix du modèle à l'essai n.d.
Garantie de base n.d.
Garantie du groupe motopropulseur n.d.
Consommation (ville/route/observée) 9,0 / 7,2 / n.d. L/100km
Options n.d.
Modèles concurrents n.d.
Points forts
  • Habitacle accueillant
  • Coffre gargantuesque
  • Transmission intégrale efficace
Points faibles
  • Pas d’affichage tête haute
  • Garde au toit limitée à l’arrière (avec toit ouvrant)
  • Suspension molle
  • Système d’arrêt-démarrage automatique au ralenti perfectible
Fiche d'appréciation
Consommation 3.5/5
Confort 4.0/5
Performances 3.5/5
Système multimédia 3.5/5
Agrément de conduite 3.5/5
Appréciation générale 3.5/5
Commentaires
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