Chrysler 300, le verre à moitié plein

Publié le 19 août 2009 dans 2010 par Alain Morin

Dire que les choses n’ont pas très bien été pour Chrysler l’année dernière serait un euphémisme! Il fallait être au dernier Salon de l’auto de Détroit lors de la présentation de Chrysler à la presse pour mesurer à quel point le pessimisme était de mise. Mais c’était avant que l’italienne Fiat, qui ne semble pas, non plus, un exemple de stabilité financière, investisse massivement dans la marque américaine, une annonce qui a surpris tout le monde. Et les projets de proliférer! Par exemple, la célèbre 300 sera, si tout va bien, entièrement renouvelée l’an prochain.
En attendant, elle poursuit sa carrière sans changements. Alors qu’à ses débuts en 2004 elle avait créé une incroyable onde de choc à cause de ses lignes révolutionnaires, force est d’admettre qu’elle a bien vieilli et qu’elle affiche toujours un look agressif et moderne, dessiné par le Montréalais d’origine haïtienne Ralph Gilles. D’ailleurs, Chrysler ne lui a apporté que des modifications de détail au cours de ces années.
Pour 2010, bien peu de changements. On retrouve donc la 300 de base appelée Touring, la Limited, la 300C et, enfin, la SRT8. Les trois premières sont des propulsions (roues arrière motrices), mais il est aussi possible de leur adjoindre un rouage intégral. Les amateurs d’automobile n’ont d’yeux que pour la version la plus musclée, qui a de moins en moins sa place dans ce monde où l’économie vacille et où la Toyota Prius est devenue une vedette. Ce gros V8 de 6,1 litres Hemi de 425 chevaux a beau boire comme un trou sans fond, sa sonorité en pleine accélération suffit à le faire apprécier de plusieurs. En fait, il s’agit sans doute d’un des meilleurs rapports performance/prix de l’industrie!

Un moteur « d’à peine » 250 chevaux!

Après des chiffres aussi impressionnants que ceux de la SRT8, le V8 5,7 Hemi de 360 chevaux de la 300C paraît faiblard… En passant, le terme Hemi fait référence aux chambres de combustion  du moteur, de forme hémisphérique. Ce type de moteur a fait les beaux jours de la Chrysler Corporation dans les années 50 et 60, notamment avec le célèbre 426 Hemi. Le 5,7, donc, est loin d’être une mauviette. Même qu’il entraîne la 300C à des vitesses folles, et ce, en très peu de temps! Ce moteur possède la technologie MDS, qui permet de désactiver quatre cylindres quand la demande de puissance est moindre, comme lorsque le véhicule roule à une vitesse de croisière. Ce qui autorise une diminution de la consommation… du moins sur papier puisqu’un simple effleurement de l’accélérateur ou la moindre brise de face remet les quatre cylindres en action.

Les modèles de base reçoivent un V6 de 3,5 litres de 250 chevaux et autant de livres-pied de couple. Lorsque comparé aux données des deux autres moteurs offerts, ce moulin ressemble à une pile triple A devant faire fonctionner un Boeing. Pourtant, son raffinement technique, sa consommation retenue et ses performances somme toute très honorables en font le moteur de prédilection de plusieurs. À noter, une 300 et une 300C, plus puissante, remorquent toutes les deux 907 kg (2 000 livres), et ce, autant en livrée propulsion qu’intégrale.
Selon le moteur choisi, le comportement routier présente des différences. Par exemple, les 300 et 300C adoptent un comportement relativement placide où le confort est de mise. La direction surprend par sa précision, mais le retour d’information pourrait être meilleur. Curieusement, même si la voiture affiche des dimensions généreuses et un poids élevé alliés à des suspensions confortables, le roulis en courbes est très bien maîtrisé. Bien campée sur ses larges pneus, la 300 tient la route de façon surprenante et la 300C repousse encore un peu plus loin les limites.

Si une bonne tenue de route, une direction précise et une foule d’autres éléments contribuent à la sécurité, il faut toutefois noter que la berline de Chrysler est en retard sur la concurrence au chapitre de la sécurité passive. En effet, alors que plusieurs constructeurs offrent six coussins gonflables depuis plusieurs années, ce n’est qu’en 2010 qu’ils se généralisent dans la gamme 300. Enfin!

La SRT8

Si nous n’avons pas encore abordé le comportement de la SRT8, c’est qu’il est à part des autres. Ses suspensions reprennent les mêmes configurations, mais elles sont calibrées pour offrir une tenue de route supérieure. Cependant, elles ne sont pas inconfortables. La direction est d’une précision rassurante, les sièges enveloppent parfaitement les gens assis à l’avant (on ne peut en dire autant de ceux des autres séries de la 300) et les freins, même s’ils ne sauraient résister longtemps à une utilisation sur une piste de course, affichent un sérieux mordant. Avec 425 chevaux sous le pied droit et la possibilité de débrancher les systèmes de contrôle de la stabilité latérale et de la traction, on peut s’amuser ferme! Et la sonorité du moteur, du grand art!

Là où la 300 commence à montrer des rides, c’est dans son habitacle. Le tableau de bord n’est pas nécessairement terne, mais il a été repris dans tellement de modèles (ex-Magnum, Charger, Challenger) qu’on a hâte que Chrysler passe à autre chose. Par contre, la plupart des boutons sont au bon endroit et faciles à manipuler. L’habitacle est vaste comme un ancien Wal Mart inoccupé, mais le plafond est plutôt bas, ce qui enlève de l’espace pour la tête. Avec un tel gabarit, il aurait été surprenant que le coffre soit petit… Il est, effectivement, très grand.
Depuis quelques mois, plusieurs photos de l’habitacle de la prochaine 300 circulent sur Internet. Si les lignes extérieures de la berline grand format de Chrysler affichent autant de style que ce qu’on a vu, le modèle 2011 peut déjà passer au rang de classique. Mais calmons-nous le pompon. On verra en temps et lieu…

Feu vert

Lignes toujours dans le coup
Moteur 3,5 litres bien adapté
SRT8 très sportive
Comportement routier solide
Confort assuré

Feu rouge

Consommation importante (V8)
Finition quelquefois lâche
Dimensions importantes
Dégagement pour la tête restreint

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