Une enquête révèle la piètre fiabilité des ivressomètres

Publié le 5 novembre 2019 dans Actualité par Guillaume Rivard

La saison des fêtes et les partys de fin d’année approchent, ce qui signifie le retour des barrages policiers et d’autres efforts pour contrer l’alcool au volant.

Toutefois, il y a de sérieux problèmes avec la précision et la fiabilité des tests effectués sur le bord de la route et dans les stations de police, selon une vaste enquête américaine menée par le New York Times.

Tant en raison d’erreurs techniques et humaines que d’un manque de supervision des autorités, plus de 30 000 tests d’ivressomètre ont été discartés par des juges du Massachusetts et du New Jersey au cours de la dernière année seulement. D’un océan à l’autre, des milliers d’autres résultats ont dû être invalidés ces dernières années.

Photo: Sureté du Québec

Dans plusieurs cas, les appareils ne sont pas bien calibrés et affichent un taux d’alcoolémie parfois 40% supérieur à la réalité, l’enquête révèle. Des experts ont aussi trouvé de graves erreurs de programmation dans le logiciel de ces machines. Du dentifrice, du rince-bouche et même du savon peuvent fausser les résultats.

De plus, l’entretien des ivressomètres incombe aux corps policiers qui, parfois, manquent d’expertise ou ne respectent pas les normes. Dans certaines villes, des laboratoires ont utilisé des solutions chimiques désuètes ou improvisées qui ont gâché les tests. Des agents au Massachusetts se sont même déjà servis d’une machine dans laquelle des rats avaient fait leur nid.

On devine bien sûr les conséquences de tout ça. D’une part, des gens sont injustement accusés sur la base de preuves douteuses et plusieurs n’en sont jamais informés. D’autre part, rejeter les résultats des tests d’ivressomètres parce que des anomalies ont été découvertes ou que des fautes ont été commises permet à des conducteurs dangereux de s’en sortir sans pénalité

« Si on condamne des individus, qu’on leur enlève leur permis de conduire et leurs libertés, puis qu’on les envoie en prison, on a une obligation d’avoir des systèmes précis et fiables », conclut un avocat interrogé par le New York Times.

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