Nissan Maxima 2020 : survivante, mais pour combien de temps?

Publié le 31 janvier 2020 dans Essais par Germain Goyer

Alors que les Altima et Sentra ont récemment été renouvelées, la berline pleine grandeur de Nissan continue son petit bonhomme de chemin depuis 2016.

Tandis que le créneau des berlines opulentes était autrefois populaire, celui-ci a perdu bien des plumes au profit des multiples segments que se séparent les VUS.

Un V6 puissant
Si jamais vous en venez à magasiner une Maxima, votre période de réflexion sera courte en ce qui a trait à sa motorisation. Inexistante, devrait-on lire étant donné qu’un seul moteur est offert : un V6 de 3,5 L. Il ne déploie rien de moins que 300 chevaux et 261 livres-pied. Soyez-en averti, l’effet de couple se fait sentir.

Cela dit, tant de puissance et de couple généré par une berline qui a l’air de rien, donne presque l’impression de se retrouver au volant d’un sleeper. Autrement dit, une voiture à l’allure banale mais qui en a dans le ventre.

Une boîte avec laquelle il faut apprendre à vivre
Les ingénieurs et dirigeants – ceux qui ne se sont pas enfuis du Japon – sont visiblement des inconditionnels de la transmission à variation continue. On l’applique à toutes les sauces. Autant aux tout petits véhicules utilitaires sport qu’à la grande berline. Vous l’aurez deviné, la Maxima n’y échappe pas. Et pour ce modèle, il s’agit de l’unique boîte proposée.

Bien qu’elle ne soit pas aussi agréable au quotidien qu’une transmission automatique à six rapports, par exemple, force est d’admettre que globalement elle effectue du bon boulot.

Photo: Nissan

En fonction de la version choisie, vous pourriez voir votre Maxima équipée de palettes de changement de rapport, des vitesses simulées puisqu’il n’y a pas de véritables vitesses dans une boîte CVT. Le genre de gadget avec lequel on s’amuse pendant exactement 7 minutes avant de remettre le levier sur D et de conduire normalement.

Deux roues motrices seulement
Un seul moteur. Une seule transmission. Et un seul rouage. Contrairement à sa petite sœur, l’Altima, qui est livrée de série avec un système à quatre roues motrices au Canada, il faut se contenter des roues motrices avant dans le cas de la Maxima. Voilà qui nous apparaît être un sacré paradoxe. Il aurait été logique de réserver le meilleur traitement à celle qui trône au sommet de la gamme. Eh bien, Nissan a visiblement décidé le contraire.

Sur la chaussée enneigée et glacée, même lorsque la bagnole est équipée de bons pneus d’hiver, on remarque qu’elle a tendance à patiner. La situation serait évitée en grande partie avec un système à quatre roues motrices…

Soulignons au passage que Toyota offrira la traction intégrale pour l’Avalon au courant de la présente année. Chez Nissan, silence radio à cet effet.

Grosse, mais pas débordante d’espace non plus
Comme mentionné plus haut, la Maxima fait partie des berlines pleine grandeur. Or, si la place ne manque pas à l’avant et que l’on est plus que confortable une fois assis dans les baquets, la situation est totalement différente sur la banquette.

Oubliez l’idée de vous asseoir à l’arrière si vous êtes grand et encore plus le projet d’asseoir trois adultes côte à côte.

Éclairage insuffisant
Lors que notre période d’essai, nous avons constaté que les phares de la Maxima n’éclairaient pas suffisamment. Certes en ville, ce n’est pas la lumière qui manque alors le problème se fait moins sentir. En revanche, dès que l’on s’éloigne des grands centres urbains c’est autre chose...

Mentionnons aussi que de par sa coupe, la visibilité latérale et arrière n’est pas optimale, principalement en raison de la largeur du pilier C.

Photo: Nissan

De moins en moins de choix
Le segment des berlines intermédiaires est tout sauf en croissance. Notons d’ailleurs la disparition des Buick LaCrosse, Chevrolet Impala et Ford Taurus au cours des derniers temps.

Si l’avenir de la Maxima dans sa livrée actuelle est incertain (recul des ventes de plus de 28% au Canada entre 2018 et 2019), la situation est la même pour la Chrysler 300 qui voit sa fin être repoussée d’année en année.

En bref
Vous souvenez-vous de la chanson Survivor de Destiny’s Child qui est parue en 2002? Eh bien, elle correspond tout à fait à ce qu’est la Maxima. Ou presque.

En rappel, voici le refrain :

I'm a survivor (what), I'm not gon' give up (what)
I'm not gon' stop (what), I'm gon' work harder (what)
I'm a survivor (what), I'm gonna make it (what)
I will survive (what), keep on survivin' (what)

Et traduit en français maintenant :

[Je suis un survivant (quoi), je ne vais pas abandonner (quoi)

Je ne vais pas m'arrêter (quoi), je vais travailler plus dur (quoi)

Je suis un survivant (quoi), je vais m'en sortir (quoi)

Je vais survivre (quoi), continuer à survivre (quoi)]

Tout ça, ça s’applique à la Maxima. Là où ça se gâche, c’est quand il est question de travailler plus dur et de s’en sortir. Malheureusement, Nissan ne travaille pas assez durement pour assurer la pérennité de sa grande berline.

Autrement dit, elle est une survivante. Mais pour combien de temps…

En vidéo : c'est quoi au juste une boîte CVT?

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