Subaru Winter Experience : un fun noir sur la glace bleue

Publié le 21 février 2020 dans Événements spéciaux par Marc Lachapelle

EAGLE RIVER, Wisconsin – Dommage que Subaru n’offre pas le programme Winter Experience chez nous. Pas encore, du moins. Parce que c’est sûr que vous aimeriez ça. Beaucoup. Imaginez seulement une, deux ou trois journées à conduire des Subaru BRZ, WRX et STI équipées de pneus à crampons sur toutes sortes de circuits soigneusement tracés et balisés, sur un lac bien gelé.

Des heures à déraper sans risque de se retrouver dans un fossé, derrière une remorqueuse, ou pire. Des heures à perfectionner sa conduite et apprivoiser les réactions d’une voiture sur la glace vive, sous l’œil d’instructeurs chevronnés qui ne ménagent ni leurs trucs, ni leurs conseils.

Et quand c’est le temps de faire la pause, on déguste un beigne ou une banane en sirotant un café bien tassé dans une tente en forme d’iglou, équipée d’un poêle à bois. Essayez de trouver mieux comme loisir d’hiver.

La grande école du rallye
Personne ne connaît mieux les secrets de la conduite sur toutes les surfaces imaginables qu’un pilote de rallye. Et c’est encore plus vrai pour les Scandinaves, qui connaissent la neige et la glace au moins aussi bien que les Québécois.

Pas étonnant, donc, que cette Winter Experience ait été lancée, en 2018, par le Suédois Patrik Sandell, Champion du monde de rallye Junior en 2006 et pilote de rallycross pour Subaru of America. Sandell et sa compagnie, FlatOut Sweden, se sont associés à l’école de rallye DirtFish, établie dans l’état de Washington, pour créer ce programme.

La troupe a choisi de s’installer à Eagle River au Wisconsin, une bourgade où trois illustres Québécois sont devenus Champions du monde de motoneige lors d’une épreuve qui s’y tient depuis 1964. On salue Yvon Duhamel, vainqueur en 1970 sur Ski-Doo, Gilles Villeneuve en 1974 au guidon d’une Alouette et son frère Jacques, en 1980, 1982 et 1986, également sur Ski-Doo.

Photo: Subaru

Alors que cette course annuelle se déroule sur la piste ovale de l’hippodrome, au cœur de la ville, Sandell et son équipe ont choisi de découper leurs circuits sur Dollar Lake, sûrement baptisé ainsi à cause de son contour presque rond. Les pistes sont tracées sur ordinateur et les préparatifs s’amorcent avant la période des Fêtes, pour que tout soit prêt en février.

Pas évident de se rendre à Eagle River en plein hiver, par la voie des airs. Notre trio s’y pointe finalement après minuit, avec une dizaine d’heures de retard. Après une courte nuit et un bon déjeuner dans la grande salle de l’auberge Chanticleer, le quartier-général du programme, notre caravane de BRZ et WRX STI 2020 rutilantes franchit les quelques centaines de mètres qui la séparent du lac Dollar.

Exercices classiques et efficaces
Plutôt que de suivre une présentation théorique, on entre directement dans l’action. La moitié du groupe se dirige vers un court slalom dans la poignée de BRZ tandis que l’autre s’efforcera d’éviter un original imaginaire dans un escadron de WRX STI aux couleurs de l’équipe de rallye de Subaru of America.

Toutes ces voitures sont à boîte manuelle et tout le monde change lorsque le premier exercice est complété. Toutes roulent également sur des pneus fabriqués par le spécialiste suédois Lappi, sertis de plus de 400 crampons de 3 mm et montés sur des roues Method comme celles qu’utilise l’équipe en rallye. L’adhérence est donc à peu près identique et pourtant, le comportement des BRZ et STI est radicalement différent. Sans grande surprise.

Les coupés BRZ, bas et légers, décrochent à rien en slalom avec leurs roues arrière motrices. Les instructeurs nous encouragent à explorer leurs réactions avec ou sans les systèmes d’aide à la conduite, y compris le mode ‘circuit’ (track) qui permet environ 80% du dérapage avant d’intervenir. Il faut y aller en finesse pour bien enfiler le slalom.

Photo: Marc Lachapelle

Au volant des STI, avec leur rouage intégral et leur moteur boxer turbo de 310 chevaux, c’est tout le contraire. On accélère fort avant d’enfoncer la pédale de frein aux premiers cônes, en s’efforçant ensuite d’éviter par la droite l’orignal en forme de cônes orange avant de ramener la STI dans la même voie, en jouant du volant. L’instructeur nous suggère une vitesse d’environ 50 km/h au début. On réussira finalement à compléter l’exercice, sans toucher le moindre cône, à 70 km/h. Avec un grand sourire.

Puisque j’ai fait ce genre d’exercice des centaines de fois, j’ai d’abord cru que ces tests étaient simplistes et trop faciles. Pourtant, j’en ai apprécié chaque seconde et réalisé qu’il s’agissait, finalement, de l’entrée en matière parfaite pour une journée entière de pilotage sur la glace.

Un crescendo bien orchestré
La suite a mené nos deux groupes sur des parcours de plus en plus longs, élaborés et rapides, en alternant constamment entre BRZ et STI. Au milieu de la journée, le groupe a fait une pause pour profiter du repas mijoté par le chef Daniel Sparrfeldt qui vient de Suède, à chaque hiver, pour ses amis Patrik et Linnea Sandell.

L’après-midi passe ensuite trop vite, en multipliant les tours sur le tracé le plus long et varié, en sautant à volonté d’une BRZ à une STI. Mes compagnons d’aventure finiront par préférer la STI, dont la puissance, la motricité et l’équilibre sont aussi impressionnants que grisants, sur la glace férocement écorchée et de plus en plus bosselée de Dollar Lake.

Photo: Subaru

J’ai pris, quant à moi, un plaisir rigoureusement égal à piloter la bouillante STI ou le coupé BRZ, qui se débrouillait étonnamment bien sur les tracés plus longs, exigeant toujours un savant dosage de l’accélérateur et du braquage pour éviter de se retrouver en tête-à-queue. J’ai même réussi à convaincre mon coéquipier de désactiver tous les systèmes électroniques pour en profiter au maximum.

Un dernier tour comme passager, avec Patrik Sandell au volant, à fond partout, en dérapage continu et en contrôle absolu de sa STI, fut la conclusion idéale de cette journée à peu près parfaite. Les différents forfaits de la Subaru Winter Experience américaine coûtent environ moitié moins que les excellents programmes qu’offrent AMG et Porsche sur la glace canadienne. Espérons que Subaru en offrira une version au nord de la frontière. Parce que l’intérêt, la qualité et le plaisir en conduite sont les mêmes.

En vidéo : notre essai en glisse de la Porsche 911

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